Bien qu’Alvin Fiddler considère cette visite comme une bonne chose, il estime que le premier ministre aurait également dû échanger directement avec les dirigeants des Premières Nations qui gèrent, eux aussi, les conséquences de la crise.
«Je suppose que les dirigeants des Premières Nations n’ont pas reçu le mémo annonçant la visite du premier ministre Doug Ford à Thunder Bay aujourd’hui», a déclaré le grand chef.
Selon lui, les déclarations du premier ministre ne correspondent pas à la réalité observée sur le terrain. Doug Ford avait affirmé vendredi que l’Ontario mobilisait toutes les ressources possibles pour combattre les feux de forêt qui menacent les communautés.
«Ce n’est pas ce que nous constatons sur le terrain», affirme Alvin Fiddler.
Le grand chef cite notamment la situation de la communauté de Namaygoosisagagun, dont les habitants auraient été laissés à eux-mêmes alors que les flammes ravageaient leur communauté. Il mentionne également la Première Nation d’Eabametoong, aussi connue sous le nom de Fort Hope, qui a dû attendre plusieurs jours avant que son évacuation ne commence.
Alvin Fiddler a également rappelé que ce sont avant tout les populations des Premières Nations qui subissent les conséquences directes de ces feux de forêt. Il estime donc que la visite du premier ministre à Thunder Bay aurait dû servir à établir un dialogue concret avec les dirigeants autochtones.
«Si vous faites l’effort de venir jusqu’ici, ce ne peut pas être uniquement pour une séance de photos», dénonce-t-il.
M. Fiddler évoque que les dirigeants des Premières Nations demandent depuis plusieurs jours des précisions au gouvernement provincial concernant les lieux où leurs membres seront évacués ainsi que les mesures de soutien qui seront mises en place dans les communautés d’accueil.
Ces informations sont nécessaires, selon lui, afin de s’assurer que les personnes évacuées seront en sécurité et recevront le soutien nécessaire, peu importe l’endroit où elles seront envoyées.
De plus, le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski a mentionné également que l’Ontario reçoit chaque année des millions de dollars du gouvernement fédéral pour gérer des situations d’urgence comme celle qui est actuellement en cours dans le nord de la province. Malgré les demandes répétées des dirigeants des Premières Nations, souligne-t-il, aucune réponse n’a encore été reçue concernant plusieurs aspects de la gestion des évacuations.
Alvin Fiddler estime que la visite de Doug Ford à Thunder Bay représentait une occasion importante pour le premier ministre de répondre directement à ces préoccupations. «Mais il a choisi de ne pas inclure les dirigeants des Premières Nations», conclut le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski.
