le Mardi 8 septembre 2026
le Mardi 21 juillet 2026 20:50 | mis à jour le 23 juillet 2026 15:15 Premières Nations

Des controverses sur la visite de Doug Ford à Thunder Bay

  Photo : Alvin Fiddler/Facebook
Photo : Alvin Fiddler/Facebook

Le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski, Alvin Fiddler, déplore que les dirigeants des Premières Nations n’aient pas été inclus dans la visite du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, à Thunder Bay, alors que plusieurs communautés du nord-ouest de la province sont touchées par la propagation des feux de forêt.

Des controverses sur la visite de Doug Ford à Thunder Bay
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Bien qu’Alvin Fiddler considère cette visite comme une bonne chose, il estime que le premier ministre aurait également dû échanger directement avec les dirigeants des Premières Nations qui gèrent, eux aussi, les conséquences de la crise.

«Je suppose que les dirigeants des Premières Nations n’ont pas reçu le mémo annonçant la visite du premier ministre Doug Ford à Thunder Bay aujourd’hui», a déclaré le grand chef.

Selon lui, les déclarations du premier ministre ne correspondent pas à la réalité observée sur le terrain. Doug Ford avait affirmé vendredi que l’Ontario mobilisait toutes les ressources possibles pour combattre les feux de forêt qui menacent les communautés.

«Ce n’est pas ce que nous constatons sur le terrain», affirme Alvin Fiddler.

Le grand chef cite notamment la situation de la communauté de Namaygoosisagagun, dont les habitants auraient été laissés à eux-mêmes alors que les flammes ravageaient leur communauté. Il mentionne également la Première Nation d’Eabametoong, aussi connue sous le nom de Fort Hope, qui a dû attendre plusieurs jours avant que son évacuation ne commence.

Alvin Fiddler a également rappelé que ce sont avant tout les populations des Premières Nations qui subissent les conséquences directes de ces feux de forêt. Il estime donc que la visite du premier ministre à Thunder Bay aurait dû servir à établir un dialogue concret avec les dirigeants autochtones.

«Si vous faites l’effort de venir jusqu’ici, ce ne peut pas être uniquement pour une séance de photos», dénonce-t-il.

M. Fiddler évoque que les dirigeants des Premières Nations demandent depuis plusieurs jours des précisions au gouvernement provincial concernant les lieux où leurs membres seront évacués ainsi que les mesures de soutien qui seront mises en place dans les communautés d’accueil.

Ces informations sont nécessaires, selon lui, afin de s’assurer que les personnes évacuées seront en sécurité et recevront le soutien nécessaire, peu importe l’endroit où elles seront envoyées.

De plus, le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski a mentionné également que l’Ontario reçoit chaque année des millions de dollars du gouvernement fédéral pour gérer des situations d’urgence comme celle qui est actuellement en cours dans le nord de la province. Malgré les demandes répétées des dirigeants des Premières Nations, souligne-t-il, aucune réponse n’a encore été reçue concernant plusieurs aspects de la gestion des évacuations.

Alvin Fiddler estime que la visite de Doug Ford à Thunder Bay représentait une occasion importante pour le premier ministre de répondre directement à ces préoccupations. «Mais il a choisi de ne pas inclure les dirigeants des Premières Nations», conclut le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski.

Rencontre de revendication tenue par des Premières Nations

Le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski, Alvin Fiddler, s’est joint mardi dernier dans l’après-midi à plusieurs chefs des Premières Nations de l’ensemble du nord de l’Ontario lors d’une conférence de presse visant à dénoncer la réponse jugée inadéquate du gouvernement provincial aux récents feux de forêt, notamment en ce qui concerne le manque de communication et de soutien accordé aux communautés autochtones.

Lors de cette conférence de presse, le chef Fiddler a de nouveau vivement critiqué le premier ministre Doug Ford et le gouvernement de l’Ontario pour leur incapacité à répondre adéquatement à la crise qui touche les Premières Nations.

Selon lui, les gouvernements ont privilégié l’exploitation des ressources naturelles au détriment de la protection des communautés contre les effets des changements climatiques.

 

Photo : Nishnawbe Aski Nation / Facebook
Photo : Nishnawbe Aski Nation / Facebook
Photo : Nishnawbe Aski Nation / Facebook

Au nom des chefs présents, le chef Wilfred King de la Première Nation de Gull Bay a réclamé la tenue d’une enquête publique sur la gestion provinciale des feux de forêt. Il a ensuite demandé que les hauts dirigeants du ministère des Richesses naturelles soient tenus responsables, dénonçant un manque de leadership et soulignant la nécessité de réformes systémiques.

La cheffe Helen Paavola de la Première Nation de Namaygoosisagagun a expliqué que les membres de sa communauté avaient à peine eu le temps de quitter leur territoire avec quelques effets personnels et qu’ils avaient été évacués sans préavis ni soutien.

Elle a profité de cette rencontre pour demander au gouvernement, plus particulièrement au premier ministre Mark Carney, d’aider à remplacer les infrastructures endommagées et de reconnaître officiellement la Première Nation de Collins comme une Première Nation au Canada, en mettant de l’avant son histoire distincte et l’obligation morale de lui accorder cette reconnaissance.

De son côté, la cheffe Pauline Drake, de la Première Nation de Whitewater Lake, a insisté sur la nécessité d’accroître le soutien aux communautés, notamment par l’ajout de ressources de lutte contre les incendies et de systèmes d’alerte précoce. Elle a également offert son appui aux chefs et aux communautés touchés puis manifesté sa gratitude pour l’aide déjà reçue.

De même, le chef Lawrence Wanakamik de la Première Nation de Whitesand a exprimé sa déception face au manque de soutien du gouvernement fédéral lors de la récente évacuation de sa communauté. Il a souligné que la communauté avait dû procéder à une autoévacuation en raison du retard des ordres officiels et de l’insuffisance des premières interventions des autorités.

Quant à la cheffe Michele Solomon, de la Première Nation de Fort William, elle a manifesté son soutien aux communautés touchées, particulièrement à celles évacuées vers Thunder Bay, et a réaffirmé l’engagement de son conseil à leur venir en aide. Mme Solomon a de plus appuyé la demande d’une enquête publique et d’un examen indépendant concernant la gestion des feux de forêt.

Le chef Merle Loon de la Première Nation de Mishkeegogamang a demandé aux premiers ministres de l’Ontario et du Canada d’investir dans les ressources nécessaires pour protéger les populations et les territoires. Pour sa part, le chef Sol Atlookan, de la Première Nation d’Eabametoong, a dénoncé la négligence des gouvernements et le fait que l’exploitation des ressources naturelles soit privilégiée au détriment du bien-être des peuples autochtones.

À cela s’ajoute que le chef adjoint du Grand Conseil de la Nation Anishinabek, Chris Plain, a exhorté les gouvernements et le secteur privé à soutenir les communautés touchées et à appuyer la reconnaissance fédérale de la Première Nation de Namaygoosisagagun afin qu’elle puisse se reconstruire et avoir accès aux ressources nécessaires.

Enfin, le chef régional de l’Ontario pour l’Assemblée des Premières Nations (APN) et élu en juin 2024, Abram Benedict, a insisté sur la nécessité d’investir immédiatement dans les infrastructures aéroportuaires des communautés éloignées afin de faciliter des évacuations plus rapides.

Le premier représentant haudenosaunee (mohawk) à occuper ce poste, a également insisté sur les conséquences à long terme des changements climatiques ainsi que sur l’importance d’un soutien continu et de la solidarité entre les communautés des Premières Nations.