Le défi linguistique est majeur à Hearst, car plus de 85 % de la communauté est francophone. Au cours de cette année, il a été constaté qu’au moins quatre médecins et spécialistes recrutés, de même que le nouveau directeur général de l’Hôpital Notre-Dame de Hearst, Sarvesh Mohan, ne seraient pas bilingues et offriraient leurs services uniquement en anglais.
Jusqu’à présent, le conseil d’administration de l’Hôpital Notre-Dame de Hearst n’aurait pas fourni d’explications publiques permettant de comprendre les raisons qui ont mené à ces nominations.
Cette absence de précisions alimente les interrogations de certains membres de la communauté, qui souhaitent savoir quels critères linguistiques sont considérés lors du recrutement des médecins et comment l’établissement entend assurer le respect des besoins linguistiques de sa population.
D’ailleurs, le journal Le Nord a essayé, il y a plus d’un mois, de se rapprocher du conseil d’administration de l’établissement afin de recueillir des explications par rapport à cette situation fortement contestée, après avoir reçu des lettres à l’éditeur rédigées par quelques fervents défenseurs de la langue française ainsi que de la culture franco-ontarienne, mais cela n’a pas été possible.
Toutefois, la présidente du conseil d’administration, Mélanie Paul, a révélé au journal Le Nord, ce mardi, que plusieurs médias les ont interpelés pour des demandes d’entrevue sur ce qui motive ces nominations et ces recrutements, mais que l’organisation ne souhaite pas se prononcer pour l’instant.
De plus, Mme Paul nous a promis que, lorsque le temps sera venu pour eux d’éclairer la communauté sur cette situation, elle transmettra un communiqué de presse au journal Le Nord et acceptera de nous rencontrer pour une entrevue.
Cette situation soulève des questions dans une communauté où le français occupe une place importante dans la vie quotidienne. Hearst étant une communauté majoritairement francophone, certains défenseurs de la langue française estiment que la capacité de communiquer avec les patients dans leur langue devrait constituer un élément important du processus de recrutement des professionnels de la santé.
La réaction fracassante de Fabien Hébert
Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Fabien Hébert, originaire de Hearst, réagit vivement à la décision de l’Hôpital Notre-Dame de Hearst d’embaucher un directeur général qui, selon lui, ne parle pas français. Il affirme avoir appris la nouvelle avec stupéfaction et considère cette nomination comme un affront à la communauté francophone de Hearst.
Selon M. Hébert, cette situation démontre la fragilité du réseau francophone alors que les communautés de l’Ontario travaillent depuis plusieurs années à renforcer leur accès à des services en français. Il estime qu’un établissement comme l’Hôpital Notre-Dame de Hearst représente l’un des piliers de la communauté francophone et que la situation actuelle est donc inacceptable.
Fabien Hébert, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), réagit vivement au recrutement de professionnels non bilingues à l’Hôpital Notre-Dame de Hearst et réclame des explications.
Malgré cette déception, Fabien Hébert affirme être déterminé à poursuivre son engagement envers la défense de la francophonie en Ontario, soutenant que la communauté ne doit pas baisser la garde et qu’elle doit continuer à faire entendre sa voix afin de préserver et de renforcer les services en français.
«Nous devons réaliser notre rêve : une communauté où la langue française nous accompagne dès notre naissance et jusqu’à notre dernier souffle», insiste-t-il.
Bref, le président de l’AFO demande aux dirigeants de l’Hôpital Notre-Dame de Hearst de fournir des explications claires et honnêtes à la communauté francophone de Hearst ainsi qu’à l’ensemble de la province. Il estime qu’il est temps de reconnaître pleinement l’importance de la culture et de la langue françaises dans les services offerts à la population.
