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le Jeudi 17 septembre 2026 16:18 | mis à jour le 17 septembre 2026 16:22 Régional

Lyne Lodin désire miser sur la collaboration citoyenne

  Photo de courtoisie
Photo de courtoisie

Native de Mattice-Val Côté et revenue dans la communauté il y a une dizaine d’années, Lyne Lodin souhaite mettre son expérience professionnelle et son intérêt pour la politique au service de la municipalité. Ayant travaillé au gouvernement fédéral, elle affirme vouloir s’impliquer davantage dans son milieu tout en prenant le temps de se familiariser avec les dossiers municipaux.

Lyne Lodin désire miser sur la collaboration citoyenne
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Avant d’établir ses priorités, elle estime nécessaire d’examiner les projets déjà en cours et l’état des finances. L’aréna demeure, selon elle, une préoccupation importante pour plusieurs citoyens. Elle évite toutefois de promettre sa réouverture sans connaître les coûts, l’état du bâtiment et les possibilités de financement. «Je comprends que les gens aimeraient qu’un projet se réalise, et je suis d’accord avec l’idée, mais il faut quelqu’un pour le mener», explique-t-elle.

«Pour concrétiser un projet, on ne peut pas simplement lancer l’idée aux conseillers ou à la Municipalité. Il faut aller chercher de l’information, des outils et des gens prêts à travailler ensemble», affirme Lyne Lodin.

Elle propose donc de former de petits comités citoyens qui travaillent avec les conseillers municipaux sur différents projets.

En prenant exemple le Complexe sportif de Mattice-Val Côté, qui suscite beaucoup de grogne, d’incompréhension sur les raisons qui poussent le conseil à prendre les décisions qu’ils prendront.

Selon elle, il faudrait aussi vérifier l’état du bâtiment avant de décider quoi mettre à l’intérieur. Il y a déjà eu des problèmes de toiture. Il faut examiner l’infrastructure dans son ensemble.

«On passe rapidement de l’idée au résultat, sans examiner tout le travail entre les deux. Un projet demande un objectif, un plan, un budget et des ressources. Il faut vérifier les critères des programmes de subvention. Même si une subvention couvre 50 % des coûts, la Municipalité doit encore trouver l’autre moitié», exprime-t-elle.

Des solutions pour les aînés et le logement

Le vieillissement de la population figure également parmi ses préoccupations. La candidate aimerait explorer des modèles de logements adaptés permettant aux aînés de quitter une grande maison sans devoir abandonner complètement leur milieu de vie. Elle évoque notamment la possibilité de regrouper de petites habitations dans un même secteur.

Un tel projet permettrait, selon elle, d’offrir un environnement mieux adapté aux personnes âgées tout en libérant certaines maisons pour de jeunes familles. Elle reconnaît toutefois qu’il s’agirait d’un projet coûteux, très ambitieux qui nécessiterait une planification importante et la recherche de financement.

«C’est un sujet qui me touche particulièrement parce que mes beaux-parents envisagent de quitter leur maison. Certaines personnes ne veulent pas partir : c’est leur maison et leur milieu de vie, et je les comprends», avoue Mme Lodin.

Un bilinguisme fondé sur le respect

L’arrivée de nouvelles familles anglophones représente à ses yeux une occasion de renforcer le bilinguisme, à condition que l’adaptation se fasse dans les deux directions. Mme Lodin souhaite que les nouveaux arrivants puissent s’intégrer à la communauté, tout en maintenant la place du français dans les institutions municipales.

«Je pense qu’il faut s’accepter et s’adapter les uns aux autres. Les francophones doivent faire une place aux anglophones, mais les anglophones doivent aussi respecter le fait que nous sommes une communauté francophone. Le respect doit aller dans les deux sens.»

Si elle est élue, elle prévoit s’exprimer d’abord en français pendant les réunions du conseil, puis traduire ses propos en anglais au besoin.

Attirer des familles ça passe aussi par le système d’éducation

Concernant l’avenir de l’école de Mattice, Lyne Lodin estime qu’il faut reconnaître son importance pour les familles tout en examinant la situation avec réalisme.

Elle souhaite notamment mieux comprendre l’utilisation du bâtiment, les coûts liés à son entretien et les besoins réels des élèves. «Il faut pouvoir poser ces questions sans que les gens pensent qu’on souhaite sa fermeture. Je suis pour l’école et je ne peux pas juger la qualité de l’enseignement. C’est un dossier qu’il faut examiner avec réalisme (…). Je comprends aussi les préoccupations des familles quand il y a très peu d’élèves et plusieurs niveaux dans une même classe.»

Selon la candidate, le maintien d’une école dans la communauté demeure un élément important pour attirer et retenir de jeunes familles.

Miser sur le potentiel touristique

Exploitant une auberge dans la communauté, la candidate croit également au potentiel touristique de Mattice-Val Côté. Elle aimerait notamment examiner la possibilité d’aménager et d’entretenir des sentiers pour les VTT seulement, à l’écart du réseau de sentiers de motoneige, mais pas trop loin non plus. Elle reconnaît que le sol humide, les propriétés privées et l’entretien pourraient compliquer un tel projet.

Lyne Lodin estime que la rivière, les paysages et les espaces naturels représentent des atouts qui gagneraient à être mieux mis en valeur. «Pour moi, la nature et la rivière sont très importantes. Elles font partie de l’identité de la communauté et représentent aussi un potentiel touristique.»

La préservation du patrimoine franco-ontarien et autochtone fait aussi partie de ses préoccupations. «Pour le cimetière, je crois que son histoire et les personnes qui y reposent méritent d’être respectées. Il devrait être entretenu. Je comprends aussi qu’on souhaite revoir le nom inscrit sur le panneau.»

Elle se dit favorable à l’entretien de l’ancien cimetière autochtone et croit que toute intervention devrait être précédée de recherches historiques et de consultations auprès des personnes concernées.

Une communauté paisible et bien desservie

Lorsqu’on lui demande pourquoi une famille devrait choisir Mattice-Val Côté, la candidate met de l’avant la tranquillité, la proximité de la nature et la simplicité du quotidien. «Quand je suis revenue dans la région après avoir vécu ailleurs, ce qui m’a frappée c’est la facilité du quotidien. Dans une grande ville, un déplacement pour faire une course peut prendre beaucoup de temps.»

Malgré la petite taille de la municipalité, les familles ont accès à une grande variété de programmes gouvernementaux qui les soutiennent dans diverses sphères de leur vie. «On a aussi accès à plusieurs services dans la région. Il faut parfois s’informer et faire des démarches pour les obtenir, mais il existe des programmes, notamment pour les aînés et les proches aidants.»

Elle souhaite ainsi favoriser une approche municipale reposant sur la recherche, la collaboration et la participation des citoyens plutôt que sur les promesses.

Lorsque la journaliste lui demande quel projet elle aimerait mettre à terme si le temps et l’argent n’étaient pas contraignants, Lyne Lodin répond : «c’est difficile à dire. J’ai beaucoup d’idées, mais je n’ai pas encore eu le temps de faire toutes les recherches nécessaires. L’aréna me vient à l’esprit, bien sûr, parce que c’est important pour beaucoup de personnes, donc si je veux que les gens votent pour je vais dire l’aréna», dit-elle à la blague, en riant.

«Mais je pense aussi aux aînés, aux familles et aux gens qui ont besoin d’aide. J’ai récemment appris qu’il y avait une banque alimentaire à Mattice. Avec le prix de l’épicerie, ça me touche de savoir que des gens de notre communauté vivent cette difficulté», conclut-elle.