le Vendredi 11 septembre 2026
le Vendredi 11 septembre 2026 11:31 Arts et culture

Une tradition familiale qui se solde par une belle carrière pour Zale Seck

  Photo de courtoisie
Photo de courtoisie

Lorsqu’il est arrivé au Canada en 2001, Zale Seck croyait n’y rester que deux mois et demi. Vingt-cinq ans plus tard, l’artiste sénégalais y poursuit toujours une carrière musicale commencée dès l’enfance.

Une tradition familiale qui se solde par une belle carrière pour Zale Seck
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Chez les Seck, la musique se transmet de génération en génération. Héritier d’une famille de griots au Sénégal, l’artiste continue aujourd’hui cette tradition aux côtés de son fils, guitariste, avec qui il montera sur scène lors de son passage à Hearst.

«Dans notre grande famille, c’est les percussions, le chant et la danse qui se transmet de père en fils. Donc, avant il n’y avait pas de radio ni de haut-parleurs, c’est mon arrière-arrière-grand-père qui prenait le tamtam, et qui faisait les annonces pour les cérémonies qui allaient venir, et le jour J tout le monde était au rendez-vous», explique l’auteur-compositeur-interprète.

Chez eux, chaque famille se spécialise dans des castes particulières. Son explication se fait par le biais d’une comparaison de ce que sont les métiers ici, comme forgeron ou bûcheron qui ne chantent pas. Or, la famille de Zale pour sa part, ne fera pas de sculpture en bois, car c’est le gagne-pain de l’autre castre.

Une importante carrière au Sénégal

Il affirme avoir connu une forte popularité au Sénégal dès le début des années 1980, avec comme sommet l’année 1982, comparant son succès à celui d’Youssou N’Dour qui gagnait lui aussi en popularité à l’époque.

Photo de courtoisie
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Photo de courtoisie

Zale Seck a participé à plusieurs formations musicales, dont Étoile 2000, Afrika Téné et le célèbre Orchestra Baobab de Dakar. Il aurait joué environ cinq ans avec ce dernier groupe avant d’entreprendre sa carrière solo en 1992. Il indique avoir fait partie de différents groupes entre les années 1970 et 1992.

Une rencontre qui changera le cours de sa vie

Un jour, Zale Seck a fait la rencontre d’un Québécois de Roberval sur la plage, car il fait partie de l’ethnie Lébou qui sont des pêcheurs depuis la nuit des temps. Il décide de prendre sous son toit cet homme qui est en détresse, étant dans un autre pays, sans un sou ni rien. «Donc je l’ai aidé deux semaines et à la troisième semaine, il m’a amené ici pour une durée de deux mois et demi. Deux mois et demi qui sont devenus 25 ans maintenant», raconte-t-il avec émotion. «Mais malheureusement, il était schizophrène et peut-être après environ un an, il s’est enlevé la vie à Vancouver.»

Son aventure au Québec a débuté à Longueuil où il a vécu deux jours sur la rue avant de prendre le chemin du royaume des bleuets dans une épopée qui commença au Lac-Bouchette en passant par Jonquière, Alma, Chicoutimi, jusqu’à Tadoussac situé sur la Rive-Nord du fleuve St-Laurent à l’embouchure du fiord du Saguenay : «C’est là-bas que j’ai décidé (mon avenir). Un groupe de Québécois qui avaient vu mon talent me disaient qu’avec ce que je faisais je serais capable de poursuivre ma carrière ici. J’ai réfléchi…»

Les évènements du 11 septembre 2001 et les possibilités professionnelles qui s’offraient à lui l’ont finalement amené à rester. Il a par la suite vécu environ 20 ans à Saint-Jérôme avant de résider dans plusieurs autres municipalités du Québec, puis à L’Orignal en Ontario.

Au Canada, Zale Seck a poursuivi la carrière amorcée au Sénégal plutôt que de repartir à zéro. Il a multiplié les spectacles au Québec et a réussi à vivre entièrement de son art. Auteur-compositeur-interprète, il joue également de la guitare et des percussions, puis a enseigné ces dernières dans plusieurs villes québécoises.

Son arrivée au Canada a aussi influencé sa musique. Habitué au mbalax, un style typiquement sénégalais, il a intégré davantage d’afrobeat à son répertoire afin de rejoindre un public plus large, tout en conservant ses racines musicales. Il compose principalement en wolof, mais chante aussi en français, en anglais et parfois en japonais. Sa carrière l’a notamment mené en France, au Japon et en Australie.

La transmission demeure importante pour celui qui est issu d’une famille de griots. Son fils, guitariste établi au Canada, l’accompagne aujourd’hui en tournée. Zale Seck voit dans cette collaboration une continuité naturelle de l’héritage musical transmis dans sa famille de génération en génération.

L’artiste entretient également des liens étroits avec son pays d’origine. Depuis 2008, il organise des voyages au Sénégal et affirme y avoir accompagné plus de 800 Canadiens. Il y a également fait construire la Villa Musica, un établissement d’une dizaine de chambres situé à Somone. Cette activité est née des voyages qu’il organisait d’abord avec ses élèves en percussion avant de se développer par le bouche-à-oreille.

Dans ses chansons, Zale Seck aborde aussi des enjeux sociaux, particulièrement les difficultés vécues par les jeunes Sénégalais et Africains. Il cherche à les encourager à persévérer malgré le chômage et les obstacles économiques. Il souligne d’ailleurs les difficultés pour les artistes de vivre de leur métier au Sénégal, où les ressources et le soutien financier sont plus limités.

Son répertoire comprend plusieurs albums réalisés au cours de sa carrière, dont Africa Bolo, Moi, je suis d’Afrique, Afrique, réveille-toi, Bugante et Afrika Yehoulen. Son spectacle à Hearst puisera dans différentes périodes de son parcours musical plutôt que dans un seul album.

Pour l’occasion, Zale Seck sera accompagné d’un groupe de six musiciens comprenant batterie, clavier, basse, guitare et percussions. Son fils sera notamment à la guitare. Le spectacle combine musique sénégalaise et afrobeat, dans une formule que l’artiste a développée pour rejoindre autant le public africain que nord-américain. Il vous invite à venir danser sur des rythmes endiablés.