le Vendredi 14 août 2026
le Vendredi 14 août 2026 10:13 Premières Nations

Ottawa fait face à une contestation judiciaire

La rivière Attawapiskat, située dans la région du Cercle de feu. — Photo : Friends of the Attawapiskat River/Facebook
La rivière Attawapiskat, située dans la région du Cercle de feu.
Photo : Friends of the Attawapiskat River/Facebook

Une organisation des Premières Nations du nord de l’Ontario conteste l’approbation par le gouvernement fédéral d’une route menant au Cercle de feu, une région riche en minéraux située dans le nord de la province.

Ottawa fait face à une contestation judiciaire
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Un groupe intitulé Friends of the Attawapiskat River a déposé, le 23 juillet dernier, une demande de contrôle judiciaire devant la Cour fédérale afin de faire examiner la décision d’Ottawa concernant ce projet. Il s’agit du premier recours juridique visant la route de Webequie.

Cette association est un groupe autochtone grassroots composé notamment de membres des communautés d’Attawapiskat, Peawanuck, Kashechewan, Fort Albany, Neskantaga et Moose Factory, situé dans le territoire du Traité no 9 encore appelé Traité de la baie James étendu dans une vaste région du nord de l’Ontario.

Dans leur demande de contrôle judiciaire, les Friends of the Attawapiskat River soutiennent qu’Ottawa n’a pas tenu compte de sa propre évaluation d’impact fédérale, qui concluait que la construction de la route entraînerait des dommages «importants» à l’environnement ainsi qu’aux droits des Autochtones.

Malgré ces conclusions, la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Julie Dabrusin, a approuvé le projet, estimant que même s’il y avait des effets néfastes, celui-ci était «justifié dans l’intérêt public».

La route proposée est une infrastructure de gravier toutes saisons de 107 kilomètres, portée par la Première Nation de Webequie.

Sa principale fonction serait de soutenir de futurs projets miniers dans une zone de 5000 kilomètres carrés des basses terres de la baie James appelée le Cercle de feu, située à environ 500 kilomètres au nord-est de Thunder Bay.

Il s’agit de l’une des trois routes proposées pour desservir ce secteur, connu pour son abondance en minéraux considérés comme essentiels à l’économie verte, mais qui demeure largement inexploité depuis des décennies.

Selon la demande de contrôle judiciaire, la construction de cette route entraînerait notamment la destruction d’«un important réservoir de stockage de carbone à l’échelle mondiale que constituent les tourbières», en plus d’avoir des conséquences sur la gestion des terres et des eaux ainsi que sur la restauration de la biodiversité.

Ce document, soumis auprès de l’autorité judiciaire, soutient que le développement du projet transformerait les terres et les eaux d’une région actuellement peu perturbée par la construction de nouvelles routes, l’exploration minière, notamment par le découpage de lignes et le forage de puits, ainsi que par la construction de lignes de transmission et d’autres infrastructures linéaires.

Les activités minières associées aux projets proposés de Black Thor, Black Label, Big Daddy et Eagle’s Nest, entre autres, sont également mentionnées dans la demande.

L’organisation Friends of the Attawapiskat River a affirmé que le projet aurait des répercussions sur des terres et des eaux d’une importance capitale pour leurs membres, qui dépendent de la rivière Attawapiskat depuis des temps immémoriaux.

Ce contrôle judiciaire constitue une demande adressée à la Cour fédérale afin qu’elle examine une décision gouvernementale et détermine si celle-ci respecte la Constitution, et si ses politiques ont été correctement appliquées.