Précisément, il s’agit d’une rencontre qui a eu lieu il y a plus d’une semaine, dans le cadre d’une signature d’entente entre l’Ontario et le Canada visant à accélérer la construction de logements, améliorer les transports en commun et soutenir l’économie.
La cheffe de la Première Nation de Grassy Narrows, dans le Nord-Ouest de l’Ontario, a exigé des excuses en personne de la part du premier ministre Carney, après que celui-ci a déclaré qu’il pourrait «tenir plus longtemps», alors qu’une femme des Premières Nations manifestait au sujet de l’empoisonnement au mercure dans sa communauté lors d’une conférence de presse commune tenue par les deux autorités.
En revanche, la cheffe Sherry Ackabee a déclaré, dans un communiqué de presse, son souhait de voir M. Carney venir dans sa communauté, ainsi que dans la communauté voisine de Wabaseemoong, non seulement pour présenter ses excuses, mais aussi pour discuter de l’indemnisation liée à l’empoisonnement au mercure et de la fermeture de l’usine de papier de Dryden.
«Nous invitons le premier ministre Carney à faire preuve de leadership en venant nous rencontrer en personne dans nos communautés afin de résoudre le problème de l’empoisonnement au mercure», a lancé Mme Ackabee.
Le cabinet de Mark Carney a affirmé que le premier ministre n’avait pas entendu ce que les manifestants, parmi lesquels figurait Chrissy Isaacs, disaient, bien que la scène ait été captée en vidéo. Toutefois, la cheffe de Grassy Narrows a exigé des excuses, dénonçant une conduite «dégoûtante» de la part des deux dirigeants.
De son côté, la députée néodémocrate Leah Gazan a dénoncé, dans un communiqué, le traitement réservé aux membres de la Première Nation de Grassy Narrows par les plus hauts dirigeants politiques, qualifiant la situation «d’inacceptable et révélatrice d’un profond manque de respect».
Elle a rappelé que la Première Nation de Grassy Narrows subit depuis des décennies les conséquences de dix tonnes de mercure déversées dans le système fluvial English-Wabigoon. Selon Mme Gazan, cette contamination constitue une crise de santé publique toujours en cours.
D’ailleurs, les générations anichinabées continuent d’en subir les effets, tant sur leur santé que sur leurs familles, leur culture et leur capacité à exercer leurs droits issus des traités.
Pour ce qui est des impacts liés encore à la santé et à l’environnement, elle a également évoqué de nouvelles preuves indiquant que des rejets toxiques se poursuivent, aggravant la contamination, notamment le méthylmercure, qui pourrait ainsi continuer de s’accumuler dans les poissons dont dépend la communauté pour sa subsistance, ses moyens de vivre et sa survie culturelle, ce qui représenterait une violation directe et constante de leurs droits.
Enfin, Leah Gazan a souligné que la Première Nation de Grassy Narrows «mérite la justice», ainsi que l’accès à de l’eau potable et une reddition de comptes complète de la part des gouvernements.
La députée persiste, jugeant inacceptable que le premier ministre néglige ses responsabilités envers cette communauté, et l’invite donc à répondre à leur appel pour obtenir des excuses officielles ainsi qu’une rencontre avec leurs dirigeants afin de discuter d’une compensation pour les injustices subies.
