le Jeudi 8 octobre 2026
le Jeudi 8 octobre 2026 15:28 Opinions

Lettre à l’éditeur – La diminution de l’utilisation du français dans nos communautés

Bonjour. En ce temps de campagne municipale, j'aimerais aborder le sujet de la diminution de l'utilisation du français dans nos communautés.

Lettre à l’éditeur – La diminution de l’utilisation du français dans nos communautés
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Lettre à l’éditeur
1er octobre 2026

Bonjour. En ce temps de campagne municipale, j’aimerais aborder le sujet de la diminution de l’utilisation du français dans nos communautés. Je ne suis pas le seul à l’avoir remarqué. D’autres personnes m’ont fait la même remarque. On dirait que la nouvelle pensée est que tout le monde est bilingue et que c’est pas grave d’utiliser l’anglais dans nos communications. Moins de services à la clientèle dans nos commerces. Moins de publicité en français, moins d’affichage en français incluant la promotion d’organismes communautaires et sportifs. Beaucoup d’utilisation de l’anglais dans nos médias sociaux pour la communication entre individus et pour la promotion des commerces. Des étudiants et des gens francophones qui utilisent l’anglais entre eux pour communiquer. Des postes qui devraient être désignés bilingues dans nos établissements publics qui devraient être bilingues. On n’a qu’à penser à la dernière embauche dans la saga de l’Hôpital Notre-Dame, le recrutement de personnel qui ne parle pas français dans notre système de santé. Oui, je sais que c’est mieux d’avoir un médecin qui ne parle pas français que de ne pas en avoir du tout et je ne peux que souligner les efforts de recrutement dans ce domaine. Pourtant un fait demeure : si l’on veut avoir plus de personnel bilingue, il faut être proactif et aller les chercher plutôt que d’attendre qu’un curriculum vitae soit déposé sur la table. C’est beaucoup plus d’efforts. Beaucoup plus facile de recruter des anglophones. C’est normal, il y a beaucoup plus d’anglophones en Ontario et au Canada que de francophones. Et la question se pose : comment aller chercher les francophones ? Prime au bilinguisme, chasseur de têtes, contacts avec des associations de professionnels, recrutement auprès des institutions francophones (universités, collèges et autres) de la province et de l’extérieur de la province. Si de tels efforts sont faits, j’en ai jamais entendu parler. SVP, me répondre. Et il faut continuer à bien accueillir les nouveaux arrivants dans notre communauté incluant ceux et celles qui n’utilisent pas le français. On en a besoin. Et ils contribuent au maintien des services et aident au développement économique en achetant au niveau local. Alors, comment faire les deux, soit l’accueil de ceux et celles qui ne peuvent communiquer en français et la promotion de notre langue et culture française ? C’est à chacun de nous de faire un effort. Par exemple, prendre la peine de s’adresser dans les deux langues dans les organismes même si quelques personnes ne parlent pas français. Utiliser nos médias francophones afin de communiquer nos messages et nos produits. Prendre la peine de parler français entre francophones. Prendre la peine d’encourager nos médias locaux francophones afin d’en assurer la survie et le développement. Quand j’entends parler des personnes autres que des francophones et anglophones dans leur langue, je suis fier d’eux. Elles sont la preuve que si tu veux garder ta langue, il faut que tu l’utilises. Suivons leur exemple. Selon moi, une langue, ça se vit tous les jours. Le respect des autres, ça commence par le respect de soi-même.

Alors je demande aux candidates et candidats aux postes de maire et de conseillères et conseillers municipaux de Hearst et de Mattice-Val Côté : qu’allez-vous faire pour la promotion du français dans vos communautés ? À Hearst, bouche cousue jusqu’à date. En tout cas, je ne l’ai pas vu ou entendu si un candidat ou candidate a abordé le sujet. Êtes-vous prêt à intercéder auprès du gouvernement provincial afin qu’une entente soit conclue avec des pays francophones pour le recrutement de professionnels de la santé tout comme cela se fait avec des pays anglophones ? Êtes-­vous prêts à vous assurer que la police provinciale communique en français avec les francophones ? Parce qu’au niveau individuel, c’est assez difficile d’exiger des services en français dans le domaine de la santé si tu es en attente et que tu as hâte d’être traité, ou si tu es en train de recevoir un billet de contravention sur le bord du chemin. Êtes-vous prêt à sensibiliser les nouveaux arrivants au fait que 85 % de la population parle français et de leur offrir des cours en français s’ils ou elles désirent apprendre. Ensuite, c’est leur choix. Mais ce sera au moins une occasion de les rencontrer et de leur présenter les opportunités sportives, culturelles et autres qui existent dans notre communauté et de pouvoir les intégrer dans des activités si elles le désirent.

En tant qu’élus au niveau local, vous avez un mot à dire. Je me dois de féliciter des candidats et une candidate de Mattice-Val Côté qui ont déjà abordé le sujet. Si d’autres l’ont fait et que je ne suis pas au courant, SVP répondez à cette lettre. Et si vous n’avez pas encore pris position, SVP répondez à cette lettre afin justement de nous faire connaître votre positon sur le sujet. Et si d’autres font des efforts de recrutement de francophones dans le domaine de la santé ou autres qui doivent être soulignés, SVP répondez à cette lettre. Mais pas juste des vœux pieux comme «on fait notre possible», mais des exemples de geste concrets.

Il faut souligner les efforts de personnes, d’entreprises ou d’organismes qui font la promotion de notre langue et culture et je vous invite à vous vanter dans ce journal afin que l’on soit conscient des efforts qui sont faits. Merci.

 

André Rhéaume,
Le tannant francophone