Sam Lizotte, une mère de famille originaire de Coppell, une petite localité située à quelques kilomètres de Hearst, a vivement manifesté sa frustration grandissante, tout comme plusieurs autres parents d’élèves, qui rencontrent des problèmes récurrents du transport scolaire, notamment en ce qui concerne l’autobus S100.
Lors de notre rencontre, elle a admis que, bien que la pénurie de chauffeurs soit reconnue et constitue peut-être un enjeu important, certaines familles se retrouvent sans service d’autobus depuis maintenant deux semaines à Coppell.
Selon Mme Lizotte, cette situation n’est pas nouvelle et s’est aggravée depuis le début de l’année scolaire jusqu’à présent.
«Je n’ai pas de recommandation formelle à faire pour cette situation. Mais vu que c’est la compagnie d’autobus qui avait fait une demande afin de gagner ce contrat pour pouvoir donner des services d’autobus à nos enfants, à mon avis c’est à eux autres d’essayer de trouver une solution. Ils disent qu’ils ont un manque de chauffeurs, mais un manque de chauffeurs qui reste pendant des années sans être réglé. Pourquoi ça n’a pas été réglé depuis ? Ce n’est pas à moi en tant que parent de régler le problème, mais c’est le système lui-même y compris le gouvernement, l’école et le conseil scolaire (…).»
Sam Lizotte a donné l’exemple d’elle-même : supposons qu’elle obtenait un contrat dans le cadre de son entreprise pour livrer du matériel à des clients et qu’à la fin de la journée elle n’arrivait pas à le réaliser, à qui serait le problème, «le client ou moi» ? Elle a affirmé que, bien sûr, le problème viendrait de sa part, tout comme c’est le cas, selon elle, avec la compagnie d’autobus.
Aux prises avec ces difficultés, Sam Lizotte a même tenté d’entreprendre des démarches auprès de l’école, du conseil scolaire et de la compagnie de transport en les appelant tous, mais les réponses qu’elle a obtenues portent principalement sur les changements prévus en septembre dans le cadre du nouveau système de transport.
D’après eux, l’école publique Hearst High School, où ses deux enfants suivent présentement leurs cours et qui fait partie du conseil scolaire anglophone District School Board Ontario North East, verra quelques changements en matière de transport scolaire à compter du mois de septembre prochain.
En fait, le gouvernement de l’Ontario a annoncé, par l’entremise du ministère de l’Éducation de l’Ontario, qu’il mettra en place un consortium régional de transport scolaire regroupant quatre conseils scolaires du Nord-Est : le Conseil scolaire catholique des Grandes Rivières, le Conseil scolaire public du Nord-Est, le Northeastern Catholic District School Board et le District School Board Ontario North East.
Toutefois, plusieurs familles s’interrogent sur les solutions immédiates qui pourraient être mises en place pour les prochaines semaines qui restent à l’année scolaire, tout en insistant sur le fait que, depuis la COVID-19, ce problème persiste en raison du manque de chauffeurs.
En attendant, les conséquences se font sentir au quotidien, car les enfants de Mme Lizotte et d’autres ne peuvent pas aller à l’école régulièrement.
«Présentement, mes enfants ne peuvent pas aller à l’école. Moi, je travaille à 6 h 30 du matin, ce qui veut dire que moi, il faut que je quitte la maison à 6 h de là où je vis à Coppell, jusqu’à 16 h 30. Il n’y a pas une manière qui peut me permettre d’amener mes enfants à l’école ou de les ramasser le soir. Alors que mes enfants ont 14 et 11 ans, et ma fille, qui est la plus vieille, s’en va en 9e année l’année prochaine.»
Des parents doivent trouver des moyens de transport de dernière minute, s’absenter du travail, voire réorganiser leur horaire ou, dans certains cas, peiner à assurer la présence de leurs enfants à l’école.
D’ailleurs, Mme Lizotte nous a mentionné que ses enfants ont manqué l’école toute la semaine dernière et que, cette semaine, un autre parent les a conduits lundi, mardi et mercredi, mais que, pour les deux jours restants, elle n’a pas encore trouvé d’alternative pour les amener à l’école puis les ramener à la maison. Ce qui fait qu’ils vont manquer ces deux jours.
Si les projets annoncés pour l’avenir sont accueillis favorablement, certains estiment que peu d’attention est accordée aux mesures temporaires qui pourraient soutenir les familles actuellement touchées par les interruptions de service.
Bref, d’après Sam Lizotte, plusieurs parents se demandent également s’ils sont les seuls à vivre cette frustration et souhaitent savoir si d’autres familles ont reçu des réponses concrètes ou une forme de soutien à court terme pour faire face à la situation.
