Dans une lettre adressée à la Commission de l’énergie de l’Ontario, le gouvernement a officiellement déclaré la ligne de transport de Red Lake comme projet prioritaire et a confié son développement et sa construction à Hydro One.
Ce projet consiste en une ligne de transport à double circuit de 230 kV, longue de 162 kilomètres, reliant Dryden, Ear Falls et Red Lake.
En fait, dans le cadre de ce bouleversement sans précédent sur l’économie mondiale, l’Ontario intensifie ses efforts pour renforcer l’infrastructure énergétique du nord de la province dans le cadre de son plan visant à «protéger l’Ontario et bâtir une économie plus forte et autonome».
Le ministre de l’Énergie et des Mines, Stephen Lecce, lors de sa visite la semaine dernière dans le Nord, a annoncé une série de mesures majeures touchant à la fois le transport d’électricité et la production hydroélectrique.
En outre, cette infrastructure est présentée comme essentielle pour alimenter l’une des régions minières les plus prometteuses du Canada et selon les estimations, elle devrait soutenir 5 800 emplois et générer 830 millions de dollars de PIB, tout en permettant d’importants investissements dans le Nord.
«Notre gouvernement a pour mission de stimuler notre économie en produisant une énergie hydroélectrique plus fiable dans le Nord et en électrifiant l’une des régions les plus riches en minéraux de l’Ontario grâce à une nouvelle ligne de transport d’électricité. Nous accélérons la construction de cette ligne afin d’alimenter de nouvelles mines, de renforcer la sécurité énergétique et de créer des emplois de qualité (…)», a déclaré le ministre Lecce.
La région de Red Lake fait face à une croissance rapide de ses besoins en électricité où la demande pourrait augmenter de 525 %, passant d’environ 120 mégawatts au moment actuel à plus de 750 mégawatts d’ici 2050.
Cette forte évolution est liée à la croissance des collectivités et à l’expansion du secteur minier, avec la possibilité de 41 nouvelles mines d’ici 2033.
Dans cette même perspective, plusieurs projets miniers majeurs sont concernés, notamment le projet Great Bear de Kinross Gold et le projet PAK Lithium de Frontier Lithium, tous deux accélérés dans le cadre du programme 1P1P. Ces projets créeront des centaines d’emplois bien rémunérés dans la région.
Cependant, la désignation de la ligne de Red Lake comme projet prioritaire permettra l’accélération des processus d’approbation auprès de la Commission de l’énergie de l’Ontario et le relancement des travaux de développement.
Le projet prévoit également une poursuite des consultations avec les communautés autochtones, notamment en matière de partenariats économiques et d’emploi. Les Premières Nations pourront aussi accéder au modèle de partenariat d’Hydro One, leur permettant de détenir jusqu’à 50 % des parts de la nouvelle ligne une fois la construction achevée.
Nouveau programme pour développer l’hydroélectricité dans le Nord
Parallèlement, le gouvernement lance le Programme hydroélectrique du Nord afin de garantir un approvisionnement fiable et abordable en électricité pour les collectivités nordiques.
Autrement dit, ce programme vise le renouvèlement des contrats des centrales hydroélectriques de plus de 10 MW, sécurisant plus de 1 000 MW de capacité existante principalement située dans le nord de l’Ontario. L’hydroélectricité représente actuellement environ 24 % de la production électrique de la province.
Selon le gouvernement, cette initiative est essentielle pour maintenir la fiabilité du parc hydroélectrique existant, dont plusieurs contrats arriveront à échéance avant 2050.
Dans le cadre de son plan de sécurité énergétique, l’Ontario a mandaté la Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité (SIERE) pour lancer le premier appel d’offres concurrentiel à long terme ciblant jusqu’à un térawattheure de production hydroélectrique annuelle et jusqu’à 800 mégawatts de capacité de stockage.
Le processus d’approvisionnement débutera officiellement le 6 mai 2026 et les projets retenus devront être raccordés au réseau d’ici mai 2035.
