À ce jour, il est important de préciser qu’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) n’a pas encore publié de bilan final comparatif complet de la saison neigeuse 2025-2026 pour des localités comme Hearst et les environs.
Selon les observations de certains services météorologiques, dans un climat déjà rigoureux comme celui du Nord de l’Ontario, ce n’est pas uniquement la quantité totale de neige qui importe, mais aussi la fréquence des tempêtes, leur durée et la capacité du manteau neigeux à s’accumuler sans périodes de fonte significatives.
Dans plusieurs secteurs, dont Timmins ainsi que dans le corridor Cochrane-Hearst, certaines tempêtes ont produit des accumulations généralisées de 40 à 60 centimètres, avec des pointes pourraient dépasser 70 centimètres dans des villes du Nord lors des épisodes particulièrement intenses, notamment vers la fin décembre 2025.
Ces évènements, bien que non exceptionnels pour la région, prennent une importance particulière lorsqu’ils se répètent au cours de la même saison, donnant l’impression d’un hiver plus chargé que la normale.
En principe, les accumulations mensuelles les plus importantes pour l’hiver se concentrent d’habitude entre janvier et mars, avec des valeurs typiques peut-être de 145 à 175 cm selon les périodes de la saison.
Cette réalité a pu placer la ville de Hearst parmi les zones les plus enneigées de l’Ontario, où un hiver «normal» pourrait correspondre à des conditions que d’autres régions considèreraient comme exceptionnelles.
À titre de comparaison, entre 2020 et 2024, les hivers dans la région ont présenté un schéma relativement stable, avec l’alternance de chutes de neige et de redoux, fonte partielle fréquente et accumulation souvent interrompue par des périodes plus douces.
Or, l’hiver 2025-2026 qui venait tout juste de toucher à sa fin, lui, s’est distingué par des tempêtes un peu plus rapprochées, des accumulations répétées importantes, des épisodes prolongés de poudrerie et des conditions globalement plus constantes, provoquant à plusieurs reprises la fermeture des routes.
D’ailleurs, la Municipalité de Hearst, même si elle n’a pas encore publié le bilan global de ses dépenses en matière de déneigement, y compris tout le matériel, l’essence et l’équipe responsable, a déjà constaté une augmentation de 27 000 dollars par rapport à l’année dernière.
Claire Forcier, qui consigne depuis très longtemps dans des carnets les températures du début jusqu’à la fin des hivers passés, a remarqué que cette année, nous avons beaucoup plus de neige que les années précédentes.
«À propos de la hauteur de la neige cette année, c’est sûr qu’il y avait beaucoup moins l’année passée. À cette date-ci l’année passée, le 12 avril, je faisais du vélo même s’il y avait encore de la neige, mais on faisait du vélo. Cela veut dire qu’il y avait beaucoup de neige fondue et les routes étaient plus libres que cette année (…).»
Mme Claire Forcier a noté une grande différence en termes de centimètres de neige tombés le 2 février de cette année, comparativement au 2 février 2025. Selon elle, cette année, au même jour du mois de février, la ville de Hearst a enregistré 80 cm, alors que l’an passé, on en avait eu 50 cm.
«J’ai fait plusieurs heures de pelletage de neige de plus que les années passées. Parfois, je sortais deux fois par jour pour pelleter ma cour et m’assurer que la neige ne s’accumule pas. Tandis que les autres années, ce n’était pas une grosse corvée. Mais cette année, j’ai hâte que ça finisse (…) !»
Toutefois, l’enseignante à la retraite a souligné le travail remarquable que font les employés de la Municipalité de Hearst, ajoutant que ce qu’elle apprécie davantage c’est que la neige est vite déblayée.
«Je leur lève mon chapeau parce qu’ici, ils déblayent partout au coin de la rue, avec les écoles et l’aréna qui sont dans les alentours. Et cette année, ils ont travaillé beaucoup plus souvent (…).»
