Janik Fauchon, technicienne en informatique à l’Université de Hearst, a livré son point de vue sur cet acte, souvent utilisé par des personnes mal intentionnées et qui, malheureusement, n’épargne personne.
Selon Mme Fauchon, les formes de fraude les plus courantes actuellement incluent plus particulièrement l’hameçonnage. Il s’agit d’une technique de cyberfraude utilisée par des malfaiteurs, qui consiste à usurper l’identité d’organismes de confiance tels que des banques, des administrations ou des services de livraison au moyen de courriels, de SMS ou d’appels.
Concrètement, dit-elle, le but de ces gens-là est de voler des données sensibles, par exemple des mots de passe, cartes bancaires et tant d’autres, en incitant la victime à cliquer sur des liens frauduleux.
Janik Fauchon a ensuite évoqué la fraude amoureuse, également appelée arnaque sentimentale, un stratagème par lequel un fraudeur crée un faux profil sur des sites de rencontre, plus particulièrement sur les réseaux sociaux, afin de séduire une victime, gagner sa confiance, puis lui soutirer de l’argent.
Elle a ajouté que, dans ce type de cas, l’escroc peut simuler des sentiments, éviter les rencontres réelles et, au bout du compte, finir par demander des fonds sous prétexte d’une urgence.
En ce qui concerne les comptes bancaires, la technicienne a indiqué qu’au quotidien, des gestes simples existent désormais et peuvent être adoptés par tous pour se protéger contre la fraude, entre autres l’authentification à deux facteurs.
Il s’agit d’une procédure pratiquement obligatoire imposée par certaines banques, dont l’objectif est de sécuriser les paiements en ligne en vérifiant l’identité au moyen de deux éléments distincts, souvent un code reçu par SMS ou par courriel avant la validation de l’opération.
«Il est préférable de bien penser avant de cliquer sur n’importe quel lien. Donc, je veux dire de vérifier l’identité de l’expéditeur, vérifier l’identité de la personne qui t’appelle, par exemple. Si tu as des petits doutes, surtout sur des choses financières (…), raccroche l’appareil. Tu peux prendre ta carte physique, regarder le numéro en arrière et tu appelles ta banque. Si jamais c’est un courriel que tu as reçu, même chose, ne réponds pas.»
Bref, Mme Fauchon a finalement invité chacun à ne pas utiliser des mots de passe identiques, que ce soit sur Facebook, un compte bancaire ou d’autres outils. De cette manière, explique-t-elle, si un fraudeur parvient à obtenir un mot de passe, il ne pourra pas accéder aux autres comptes.
Aby Seck Sène, ancienne étudiante internationale ayant été victime d’une arnaque dès ses premiers jours dans le Nord de l’Ontario via son compte bancaire, a raconté son expérience afin de sensibiliser le public, en particulier les nouveaux arrivants, à faire preuve de prudence face aux messages reçus et à demeurer vigilants quant à leurs coordonnées personnelles.
«C’était un jour, dans mon lieu de travail où c’était permis de manipuler mon téléphone, comme je travaillais à la réception qui n’est pas tout le temps occupée. C’est comme ça que j’ai utilisé mon téléphone en envoyant des messages textes à ma famille à l’extérieur et j’avais aperçu que j’ai reçu un message. Et puis, j’ai ouvert le message, je l’ai lu comme en ce moment-là, j’attendais un paiement de mon autre employeur. Donc, je pensais que c’était lui-même qui m’avait envoyé le message pour que je clique dessus et accepter le virement (…).»
Or, ce qui a induit Mme Seck Sène en erreur, c’est qu’elle occupait deux emplois à la fois et venait tout juste de commencer le second, alors que son employeur l’avait informée qu’il allait la payer par Interac.
«Donc, quand j’ai vu ce message-là, automatiquement j’ai cliqué sur le lien et j’ai rempli mes informations. Et puis, à un moment donné, j’ai vu des notifications de la banque me disant que je devais inscrire mon code et j’ai donné mon code. Après quelques minutes plus tard, j’ai remarqué que des sommes ont été retirées de mon compte bancaire (…).»
Aby a reconnu qu’il s’agit d’une mauvaise expérience de sa part, précisant qu’elle ne disposait pas encore de toutes les informations liées à la sensibilisation à la fraude, ce qui l’a amenée à tomber dans le piège.
«L’arnaqueur m’avait écrit dans un message texte de quelques paragraphes que je devais recevoir une somme de 100 $ et c’est ainsi que j’ai cliqué sur le lien pensant que c’était ma paie de l’autre employeur», a-t-elle précisé.
Heureusement, son employeur, de l’endroit où elle avait reçu ce message, l’a aidée en discutant avec sa banque afin qu’elle puisse récupérer son argent. Au début, raconte-t-elle, la banque était très réticente, affirmant que c’était elle-même qui avait fourni ses informations, mais après de plus amples explications, elle a finalement obtenu un remboursement.
À titre de rappel, dans le cadre du Mois de la prévention de la fraude cette année, le Bureau de la concurrence du Canada a souligné que la fraude est un crime en forte croissance et souvent sous-déclaré.
Selon leur communiqué, en 2025, les Canadiens ont perdu plus de 704 millions de dollars, et plus de 2,4 milliards depuis 2022, bien que seulement 5 % à 10 % des fraudes soient signalées.
Pour contrer ce phénomène, le Bureau de la concurrence, le Centre antifraude du Canada (CAFC) et la GRC collaborent pour sensibiliser la population et fournir des outils pour reconnaître, prévenir et signaler les fraudes, que ce soient arnaque d’investissement, vol d’identité ou fraude amoureuse.
