le Mercredi 3 juin 2026
le Lundi 9 février 2026 10:36 Environnement

Ottawa sanctionne une entreprise pour des substances chimiques persistantes

  Photo : Karolina Grabowska/Pexels
Photo : Karolina Grabowska/Pexels

Des groupes environnementaux et de santé publique saluent la décision du gouvernement fédéral de sanctionner Estée Lauder pour avoir utilisé des PFAS surnommés «produits chimiques éternels» dans ses produits cosmétiques sans les déclarer.

Ottawa sanctionne une entreprise pour des substances chimiques persistantes
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La société a écopé d’une amende de 750 000 $ pour violation de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE).

Ces mesures interviennent alors que d’autres pays, comme la France, et certains États américains, comme le Minnesota, prennent des mesures rapides pour interdire les PFAS dans les cosmétiques, textiles et autres produits de consommation.

À titre de rappel, l’entreprise Estée Lauder Cosmetics Ltd. a été condamnée à payer une amende de 750 000 $ après avoir plaidé coupable à deux infractions à la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999).

Cette décision a été rendue le 13 janvier 2026 par la Cour de justice de l’Ontario. En termes plus clairs, les infractions concernent le défaut d’informer le gouvernement d’une «nouvelle activité» liée à la vente de cosmétiques contenant une substance PFAS, ainsi que le non-respect d’un ordre d’exécution émis par Environnement et Changement climatique Canada.

L’amende sera versée au Fonds pour dommages à l’environnement, et l’entreprise devra informer ses actionnaires de la condamnation ainsi que son nom sera également inscrit au Registre des contrevenants environnementaux.

Selon les organisations, le Canada doit accélérer ses régulations pour éviter de devenir un marché de substitution pour des produits interdits ailleurs.

«Sans règles plus strictes, les produits canadiens risquent de rencontrer des obstacles pour accéder aux marchés étrangers où les normes environnementales et sanitaires sont plus sévères», avertissent Défense de l’Environnement, Ecojustice et Action Cancer du Sein Québec dans un communiqué conjoint.

Les organisations réclament une action rapide du gouvernement : l’inscription de l’ensemble des PFAS à la Liste des substances toxiques et l’adoption de règlements visant à les éliminer des cosmétiques, textiles et autres produits de consommation.

Elles appellent également au renouvèlement permanent du financement du Programme de gestion des produits chimiques et à un renforcement des ressources pour les chercheurs et les équipes d’application de la loi d’Environnement et Changement climatique Canada, afin d’assurer la protection de la population et de l’environnement.

De son côté, le gouvernement du Canada avait déjà évalué les PFAS comme des substances toxiques, mais le processus règlementaire pour leur interdiction reste long et complexe.

Cependant, ces groupes travaillant dans ce domaine dénoncent notamment le manque de financement et les coupes dans les services d’application de la loi, qui fragilisent la capacité du pays à protéger la santé et l’environnement.

Défense de l’Environnement œuvre à défendre l’eau potable et le climat, Ecojustice utilise le droit pour protéger la nature et l’environnement, tandis qu’Action cancer du sein Québec milite pour la prévention du cancer du sein en réduisant l’exposition aux substances toxiques et en promouvant la justice en santé et environnementale.

Avec cette décision, le gouvernement fédéral a marqué une avancée dans la lutte contre les substances chimiques persistantes, mais les organisations appellent à des mesures encore plus ambitieuses pour rattraper le retard par rapport à d’autres pays.