La délégation, composée d’élus provenant de l’ensemble du Nord, a multiplié les rencontres avec des députés de divers partis, plusieurs ministres fédéraux, des chefs de l’opposition et de hauts fonctionnaires. Leur objectif était de rappeler que le développement du Nord constitue un enjeu stratégique pour l’économie canadienne, la sécurité nationale et la résilience des infrastructures.
Les représentants des deux associations ont discuté avec le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, les ministres Patty Hajdu et Mélanie Joly, ainsi qu’avec des parlementaires clés impliqués dans les dossiers de l’infrastructure, de l’immigration et du logement.
De plus, ils ont rencontré des membres du Cabinet du premier ministre et des députés influents des secteurs qu’ils représentent, notamment ceux de Thunder Bay, Nipissing et Kenora.
Les conversations ont porté sur les défis pressants du Nord, notamment la faiblesse des infrastructures de transport, les pénuries persistantes de main-d’œuvre, les enjeux de sécurité communautaire et la lenteur des processus d’approbation des projets liés aux minéraux critiques.
Parmi les priorités défendues par ces deux organismes, la modernisation de la Transcanadienne s’est imposée comme un thème central. Les élus nordiques rappellent que le tronçon traversant leur région est le plus vulnérable du pays, mettant en péril la continuité de la chaîne d’approvisionnement nationale. Ils réclament des investissements fédéraux dans des voies 2+1, des itinéraires de contournement et des projets de résilience à long terme.
À cela s’ajoutent des dossiers majeurs tels qu’une immigration adaptée aux réalités rurales et nordiques. Ils affirment également que la pénurie de travailleurs touche l’ensemble des secteurs, des services essentiels aux projets industriels majeurs, en passant par les petites entreprises.
Cependant, la FONOM et la NOMA ont profité de leur rencontre en demandant à Ottawa de créer des voies d’immigration ciblées pour soutenir le développement économique et stabiliser la fréquentation des établissements postsecondaires de la région.
Au côté de la sécurité publique, les municipalités affirment être aux prises avec une crise alimentée par la récidive chronique. Elles exhortent le gouvernement à aller de l’avant avec une réforme substantielle du système de mise en liberté sous caution afin de mieux protéger les victimes et de rétablir un sentiment de sécurité.
Enfin, les deux organisations ont insisté sur le rôle stratégique du Nord dans le développement des minéraux critiques, un secteur jugé essentiel pour la transition énergétique mondiale. Elles demandent un soutien accru aux infrastructures, une accélération des processus de permis et un engagement continu envers les partenariats menés par les communautés autochtones.
Rick Dumas, président de la NOMA, a rappelé l’importance de renforcer les infrastructures de transport. «Le Nord de l’Ontario est prêt à croître, mais nous avons besoin des travailleurs et d’infrastructures sûres et fiables pour soutenir cette croissance.»
Pour le président de la FONOM, Dave Plourde, la question de la sécurité communautaire demeure pressante. «Les municipalités du Nord font face à une crise. Nous avons besoin d’un engagement fédéral réel pour que nos communautés puissent se sentir en sécurité à nouveau.»
Les Journées de mobilisation du Nord de l’Ontario ont mis en lumière une collaboration renforcée entre la NOMA et la FONOM, qui ont présenté un front commun et un message cohérent aux décideurs fédéraux, une stratégie qui, selon plusieurs participants, a amplifié l’impact de leurs revendications.
Les deux organismes régionaux entendent maintenir la pression politique en renouvelant cet exercice chaque année et ont lancé l’invitation aux élus fédéraux de venir les rencontrer lors de leurs prochaines conférences. Leur objectif est de poursuivre le dialogue, renforcer les partenariats et s’assurer que les enjeux du Nord demeurent au cœur des décisions nationales.
