Bulletin de vote de 91 candidats dans Carleton
La perte du siège de Pierre Poilievre, chef conservateur, n’a laissé personne indifférent au lendemain des élections. La victoire a été concédée à Bruce Fanjoy du Parti libéral, qui a terminé avec une avance de seulement 4,6 %, soit 4315 voix. Rappelons que cette circonscription, Carleton, avait 91 candidats en lice et seulement l’un d’entre eux, soit Ysack Dupont, n’avait aucun vote. Il s’agit d’une manière de diviser le vote, comparativement à plusieurs circonscriptions qui ne proposaient que trois ou quatre choix de candidats. Toutefois, le total des votes pour les candidats indépendants était de 1134 voix.
Le Parti vert a perdu son siège dans Kitchener-Centre, mais la cocheffe Elizabeth May s’est accrochée au sien en Colombie-Britannique et devient donc l’unique élue de son parti.
Le NPD a perdu les cinq sièges qu’il avait, dont les deux dans le nord de la province qui présentaient de nouveaux candidats pour cette élection, après le départ de Charlie Angus et de Carol Hughes. Le redécoupage fédéral sépare en trois circonscriptions le territoire que les doyens néodémocrates représentaient.
La fin de la vague orange
La députée sortante, Carol Hughes, croit que le redécoupage a eu une incidence sur le vote, prenant l’exemple de la région d’Algoma, qui a été annexée avec un bassin de population qui comportait beaucoup de conservateurs. Des vagues bleues et rouges se faisaient ressentir sur le terrain.
Le changement de visages familiers peut avoir influencé le choix des électeurs, malgré, selon elle, le haut calibre des candidats néodémocrates. C’est plutôt une multitude de facteurs qui sont entrés en ligne de compte pour donner les résultats de lundi. « Sur le terrain, on voyait que les gens voulaient du changement, certaines personnes que je croisais quand je faisais du porte-à-porte m’ont dit que si ça avait été moi la candidate ils auraient voté pour moi, mais avec tout ce qui se passe avec les États-Unis, nous avons perdu beaucoup de supporteurs aux libéraux », explique Mme Hughes.
« C’est sûr que M. Trump a joué un rôle dans cette élection, ce qu’il a fait c’est de l’ingérence étrangère ! », déplore la députée sortante d’Algoma–Kapuskasing–Manitoulin.
Bien que la démission de M. Singh comme chef soit regrettable, il était clair pour les membres du parti pendant la campagne que la soirée électorale finirait de cette façon. « Je le remercie pour tout ce qu’il a fait pour le parti ; lorsque tu ne fais plus grandir ton parti et que tu perds ton siège, c’était évident qu’il allait démissionner cette soirée-là », confie Mme Hughes.
Avec seulement sept députés, le Nouveau Parti démocratique perd son statut de parti officiel et c’est ce qui la désole le plus. Carol Hughes souligne que les prochains mois seront durs pour les députés sans leur statut. « Il n’y a pas le nombre d’élus nécessaire pour obtenir l’aide et les ressources requises pour bien fonctionner en tant que caucus. Ça veut dire qu’il n’y aura plus de fonds pour un bureau de recherches, plus de bureau de whip, etc. C’est clair qu’il pourrait y avoir une exception, c’est arrivé dans le passé, et qu’il y ait au moins un bureau pour le parti. »
Ce que je peux vous dire c’est que dans le passé nous étions dans une situation semblable et nous avons surmonté cela éventuellement. Nos députés sont dévoués et ils tiendront le gouvernement responsable de ses décisions. Ils peuvent faire une différence s’ils obtiennent la balance du pouvoir, c’est un gouvernement minoritaire, donc il se peut fortement que les libéraux demandent au NPD leur appui pour faire passer des législations.
Compte tenu des résultats de ces élections, Carol Hughes espère que le chef conservateur tirera une leçon de tout ça, qu’il arrêtera de faire de la politique qui divise les Canadiens et d’avancer la désinformation. « Étant donné la situation dans laquelle nous sommes avec M. Trump, qu’il travaille avec les libéraux pour faire avancer le bien-être de notre pays et de ses résidents. Dans les dernières législatures, c’est le NPD qui a relevé ses manches afin d’avoir des gains pour les Canadiens. Habituellement, les conservateurs, quand ils sont dans l’opposition, la seule chose qu’ils veulent c’est des élections. Ils veulent être élus à la tête du gouvernement et instaurer leurs politiques, au lieu de proposer des projets qui aideraient les gens. »
La question qui plane : est-ce que Pierre Poilievre demandera à un des siens de lui laisser son siège et si oui, à quel endroit ? Stratégiquement, il changera peut-être de province pour l’obtenir, puisque l’Ontario a voté pour les libéraux à 56 %.
