le Jeudi 4 juin 2026
le Lundi 24 février 2025 14:16 | mis à jour le 24 février 2025 14:27 Provincial

Le débat des chefs en Ontario – enjeux et stratégies des candidats

Les représentantes francophones du débat de mercredi soir : Michelle Petersen du Parti vert, Caroline Mulroney du Parti conservateur, Lucille Collard du Parti libéral et France Gélinas du Nouveau Parti démocratique — Photo : Chris Young/Archives La Presse Canadienne
Les représentantes francophones du débat de mercredi soir : Michelle Petersen du Parti vert, Caroline Mulroney du Parti conservateur, Lucille Collard du Parti libéral et France Gélinas du Nouveau Parti démocratique
Photo : Chris Young/Archives La Presse Canadienne

Le débat télévisé entre les chefs des quatre principaux partis ontariens a donné lieu à des affrontements sur des sujets clés. Le débat se déroulait en anglais et celui avec des représentants francophones avait lieu mercredi soir.

Le débat des chefs en Ontario – enjeux et stratégies des candidats
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Dès la première question, portant sur les tarifs douaniers et leur impact sur l’économie, le chef progressiste-conservateur, Doug Ford, a été mis sur la sellette. Il a réaffirmé son engagement à protéger les emplois et les entreprises face aux menaces économiques, positionnant son parti comme le mieux placé pour traiter avec l’administration américaine au cours des prochaines années.

L’économie a dominé une grande partie du débat, Doug Ford insistant sur la nécessité d’une économie forte pour assurer les services publics et les soins de santé. Il a défendu ses projets d’infrastructure, notamment la construction d’un spa luxueux à Toronto et la promesse d’un tunnel sous l’autoroute 401, tout en rejetant les accusations de dépenses inutiles portées par le chef du Parti vert, Mike Schreiner.

De son côté, la cheffe libérale Bonnie Crombie a centré son discours sur la santé, soulignant que 2,5 millions d’Ontariens sont sans médecin de famille. Elle a attaqué le bilan du gouvernement sortant sur le cout de la vie, le logement et l’itinérance, pointant les difficultés liées aux fermetures de salles d’urgence et à la hausse du recours aux banques alimentaires.

Marit Stiles, cheffe du Nouveau Parti démocratique (NPD), a cherché à démontrer que les libéraux et les conservateurs partagent des orientations similaires, notamment en matière de santé. Bien qu’elle ait été en première ligne pour critiquer Doug Ford lors du scandale de la ceinture de verdure, elle n’a pas mis cet enjeu au cœur de ses interventions, ce qui a pu limiter son impact sur ce terrain.

Mike Schreiner, chef du Parti vert, a adopté une position différente, insistant sur le fait que son parti représente avant tout la voix des communautés locales. Son parti n’ayant jamais obtenu plus de deux sièges, M. Schreiner s’est efforcé de se distinguer des autres candidats en proposant une approche axée sur l’engagement local plutôt que sur les grandes structures partisanes.

Le format du débat a joué en faveur de Doug Ford. En raison des règles de réplique, chaque fois qu’un candidat était nommé par un adversaire, il obtenait 30 secondes de temps de parole supplémentaire. Le nom du chef progressiste-conservateur ayant été cité fréquemment, il a pu défendre ses positions plus souvent que prévu.

Toutefois, Doug Ford a été critiqué pour son absence devant la presse pendant la campagne électorale. Il n’a pas répondu aux questions des journalistes en Ontario depuis au moins huit jours, une situation que Marit Stiles a qualifiée de tentative d’éviter les responsabilités du gouvernement sortant. Même après le débat, Doug Ford ne s’est pas présenté devant les médias, ce qui a alimenté les critiques de l’opposition.

Par ailleurs, des controverses ont émergé sur les candidats de différents partis. L’équipe progressiste-conservatrice a mis en lumière d’anciens messages sur les réseaux sociaux de plusieurs candidats libéraux, certains qualifiés d’homophobes, misogynes ou offensants. Bonnie Crombie a rejeté ces attaques et n’a pas écarté les candidats concernés, bien qu’elle ait condamné certains propos. En retour, les libéraux ont soulevé des questions sur des allégations de harcèlement au travail visant une candidate conservatrice sortante.

Malgré quelques échanges animés, notamment entre Doug Ford et Bonnie Crombie, aucune figure n’a véritablement réussi à s’imposer comme le principal adversaire du premier ministre sortant. Bonnie Crombie a tenté une stratégie d’ouverture en appelant les électeurs du NPD à voter stratégiquement pour son parti afin de contrer les conservateurs.

Dans l’ensemble, ce débat a permis aux électeurs de mieux comprendre les orientations des chefs de parti, bien qu’aucune révélation majeure n’ait émergé. Avec moins de dix jours avant le scrutin, les candidats devront redoubler d’efforts pour convaincre les Ontariens, compte tenu des nombreuses distractions de l’actualité et du quotidien.