Native de Hallébourg, elle est établie depuis des décennies à Sudbury. Pour elle, il a toujours été primordial de garder bien vivante sa langue maternelle, le français, et ce même si les francophones sont en minorité dans la ville du Nickel.
« Je ne m’attendais pas à recevoir cet honneur, mais j’avais des soupçons que peut-être quelqu’un allait me nominer et je n’étais pas d’accord. Moi je fais mes choses dans l’ombre, je ne raconte pas ce que je fais », explique-t-elle.
Lorsqu’une de ses amies lui faisait de beaux éloges sur tout ce qu’elle accomplit, Germaine s’est empressée de lui répondre qu’elle fait les choses parce qu’elle le veut. Malgré ses soupçons face à sa nomination, Mme Paquette ne croyait pas qu’elle serait sélectionnée. « Je suis devenue émotionnelle quand je l’ai appris, surtout que mon fils, Stef Paquette, a mérité ce prix en 2003. »
Mme Paquette a surmonté plusieurs défis au cours des dernières années, mais elle est encore une bénévole active à la Place des Arts du Grand Sudbury lors des spectacles. Lorsqu’elle parle de travail dans l’ombre, c’est au sujet de son implication volontaire auprès des sans-abris et à la cuisine communautaire. « Ça, je n’aime pas parler de ça, car je ne le fais pas pour avoir des honneurs. Et à Sudbury, des gens dans le besoin il y en a, ça crève le cœur. »
Fidèle à elle-même, au lieu de décrire son parcours à la remise de son prix, elle a humblement décidé de s’adresser à la jeunesse. « J’ai envoyé un message à la relève francophone en leur disant de prendre soin de leur langue et de s’en servir pour qu’elle demeure active, etc. Ils ont pris mon discours et c’est devenu l’éditorial du journal Le Voyageur ! Je ne m’attendais pas à ça non plus », dit-elle en riant.
Selon Mme Paquette, il y a beaucoup de francophones encore à Sudbury, mais la langue reste en danger. « C’est correct que les jeunes aillent à l’école en français, mais aussitôt que la porte se ferme ils vivent en anglais. Je leur ai rappelé que, oui, l’éducation francophone c’est important, mais ensuite de ça il faut vivre en français ! »
