le Mercredi 3 juin 2026
le Lundi 28 octobre 2024 11:50 | mis à jour le 28 octobre 2024 11:51 Actualités

L’AFO remet le prix Paulette Gagnon à Luc Bussières

  Photo : AFO/Facebook
Photo : AFO/Facebook

Cette année, l’ancien recteur de l’Université de Hearst prend un congé administratif et c’était une agréable surprise pour lui de recevoir le courriel lui annonçant sa nomination pour le Prix Paulette-Gagnon. Ce prix vise à reconnaitre les efforts et le cheminement professionnel exemplaire d’une personne à l’endroit de la communauté francophone. Ses collègues ont donc saisi l’occasion de soumettre sa candidature pour souligner son leadeurship en

L’AFO remet le prix Paulette Gagnon à Luc Bussières
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Natif de Hearst, Luc a grandi au Québec avant de revenir en 1990 lorsqu’il obtient un poste de professeur de sociologie à l’Université de Hearst. Il se souvient d’une citation qui l’a marqué, sans pouvoir se rappeler qui l’avait dite, cette phrase l’a guidé dans son cheminement : un tas de choses se sont réalisées, car un tas de gens ne savaient qu’elles étaient impossibles. « Lorsque je suis venu enseigner la sociologie, je n’avais pas l’ambition que dix ans plus tard je serais vice-recteur pour un mandat de quatre ans et ensuite, il y a sept ans, de devenir recteur. Ça n’avait jamais été dans mes plans et je me rappelle dans les premières années où je suis arrivé avoir demandé à Raymond Tremblay, le recteur à l’époque : pourquoi on ne s’organise pas pour devenir indépendant de la Laurentienne ? »

C’est sous sa gouvernance que l’UdeH est devenue indépendante. Dès son arrivée au sein de l’équipe, l’idée de toujours faire approuver les choses par la Laurentienne n’était pas un concept auquel il adhérait. « Je crois que c’est important d’avoir des utopistes dans notre société, même si sur le coup, on dit d’eux qu’ils ont des idées de “fous”. Avec du recul, des années plus tard, ils sont qualifiés de visionnaires. Raymond avait dit en entrevue à Radio-Canada quand l’Université a eu 50 ans que : au départ, l’Université de Hearst c’était peut-être un rêve un peu fou. Et c’est devenu le titre du reportage. »

Citant des parties de son discours lors de la remise en personne de son prix, il dit : « En 2028 l’Université aura 75 ans en même temps que l’Hôpital Montfort et on a besoin de nos institutions en Ontario français. C’est vraiment cela qui nous aide à nous développer et à gagner les droits qu’on devrait avoir, mais nos institutions aussi quelquefois ont besoin de nous autres. Ce n’est jamais acquis, ce n’est jamais gagné. Je le disais souvent au personnel de l’Université, nous ne pourrons jamais nous assoir sur nos lauriers », raconte M. Bussières.

Pour Luc Bussières, l’indépendance et tous les points positifs qu’apportait l’autonomie étaient des bonnes raisons de célébrer. Ce moment de réjouissance n’empêche pas que la bataille n’est jamais terminée. « On est condamné à se battre et on est condamné à l’excellence parce qu’on ne peut pas juste être bon, il faut être très bon pour se démarquer par rapport aux majorités. Il faut arrêter d’avoir des complexes face aux plus grandes universités et il ne faut pas s’excuser d’être francophone, d’être petit et d’être en région. C’est ce que nous sommes et personne ne peut le faire mieux que nous. »

Ses convictions et ses valeurs ne se limitent pas à l’éducation et aux droits des Franco-Ontariens. Pour lui, l’inclusion est un élément clé du développement durable de la région nord-ontarienne. C’est également important, selon M. Bussières, d’unir toutes les communautés francophones du Nord qui vivent parfois des réalités très différentes, comme minorité ou parfois comme majorité, si on pense à Hearst.

« Je suis super fier de ça aussi : qu’on arrête de remarquer nos différences, que ça soit de couleurs, de religions, de croyances, de traditions parce que derrière tout ça, il y a juste une race et c’est homo sapiens et nous avons pas mal plus de ressemblances que de différences. À condition d’arrêter de regarder juste les différences, on découvre qu’on a plein de valeurs en communs, d’aspirations, on veut réussir, on veut le bien de nos proches et on veut la paix, une denrée rare sur notre planète de nos jours. »

— Luc Bussières

Un des cours mythiques donnés par M. Bussières, Sociologie des religions, a ouvert l’esprit à tous ceux qui l’ont suivi et qui ont eu la chance d’aller visiter les lieux cultes, rencontrer les pratiquants d’une dizaine de religions dans des centres urbains. « Je me suis déjà fait demander d’organiser un voyage dans lequel les gens qui ne sont pas des étudiants vivraient la même expérience que mes étudiants. Ce genre de cours permet un échange et un apprentissage sur les autres qui peut venir apaiser certaines peurs ou idées préconçues. »

Le prix qu’il a reçu est encore plus significatif, puisque Paulette Gagnon est une femme de Hearst qui a su rayonner partout où elle passait. Figure bien connue de la communauté francophone du Nord de l’Ontario, elle a grandement contribué à l’essor culturel de la région de Sudbury. Passionnée par les arts et la culture, elle a occupé de nombreux postes dans ce domaine aux quatre coins de la province, d’animatrice à directrice du centre de théâtre La Nouvelle scène, ou encore de responsable du secteur franco-ontarien au Conseil des arts de l’Ontario.

À propos de la suite, Luc Bussières reste évasif, voulant vivre dans le moment présent et profiter de ces mois de congé après avoir travaillé avec acharnement durant les dernières années. Il a découvert de nos nouvelles passions et recommencé à faire certaines choses qu’il avait mises de côté quelque peu.