La présidente du Conseil du Trésor Caroline Mulroney a annoncé, en août, que la province prévoit abandonner le télétravail et le travail hybride et obliger les employés à travailler au bureau cinq jours par semaine d’ici janvier 2026.
La Ville d’Ottawa a d’ailleurs décidé d’imiter la décision du gouvernement Ford, à la fin août.
Opposition
Le syndicat qui représente les fonctionnaires de la province a organisé des manifestations dans plusieurs régions de la province, jeudi, pour faire entendre son opposition à cette mesure.
«Nous ne pensons pas que ce soit une bonne décision politique de faire venir des gens et de devoir acheter des millions de dollars de locaux au centre-ville pour accomplir quelque chose qui n’est plus nécessaire depuis au moins trois ans et demi», a lancé le président de l’Association des employés gestionnaires, administratifs et professionnels de la Couronne de l’Ontario (AMAPCEO), Dave Bulmer.
Ses membres sont «des travailleurs du savoir, des gens qui n’ont pas besoin d’être quelque part et de travailler sur une machine ou dans un lieu physique», soutient-il.
L’AMAPCEO représente plus de 16 000 professionnels de la fonction publique ontarienne.
Investir dans de nouveaux locaux
Le syndicat estime que l’Ontario devra accroître ses espaces de bureau «de 20 à 30 %» pour pouvoir accueillir tous les travailleurs à temps plein, «et des millions de dollars devront être investis dans l’acquisition de locaux et de baux au centre-ville de Toronto», note M. Bulmer.
Le Conseil du Trésor a indiqué dans une réponse envoyée au Droit que «de nombreux espaces de travail de la fonction publique à travers la province ne sont pas utilisés à pleine capacité dans le cadre de la politique actuelle de trois jours par semaine en personne».
La porte-parole du ministère, Liz Tuomi, a aussi fait savoir que la norme de cinq jours par semaine au bureau «représente le paysage actuel de la main-d’œuvre dans la province».
Plainte
L’AMAPCEO a déposé une plainte plus tôt ce mois-ci, alléguant que le gouvernement avait violé sa convention collective en ne donnant pas un préavis suffisant avant la mise en œuvre de la nouvelle politique.
Le ministère estime néanmoins avoir respecté cet engagement en mettant en œuvre une «transition graduelle».
Comme l’avait annoncé la ministre Caroline Mulroney à l’été, les employés qui travaillent en présentiel au moins trois jours par semaine passeront à quatre jours par semaine à compter du 20 octobre, et à temps plein dès le 5 janvier 2026.
Ailleurs au pays
Le changement de cap du gouvernement Ford survient alors que les gouvernements et les employeurs de partout au Canada réclament la fin du télétravail.
Au niveau fédéral, les fonctionnaires ont reçu l’ordre de retourner au bureau au moins trois jours par semaine à compter de l’automne dernier. Ce changement a suscité des protestations de la part de syndicats comme l’Alliance de la Fonction publique du Canada et l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada, qui ont soutenu que le gouvernement n’avait pas fourni de preuves démontrant que le travail à distance nuisait à la productivité.
C’est d’ailleurs l’argument que le premier ministre ontarien Doug Ford a utilisé pour justifier la décision, en Ontario.
«Le gouvernement fédéral doit suivre cet exemple. Partout en Ontario, il est temps de ramener les gens au travail. C’est beaucoup plus facile de regarder quelqu’un dans les yeux que de rester assis devant un téléphone ou un écran d’ordinateur», a insisté M. Ford, à la fin août.
N’empêche, le gouvernement fédéral n’a pas démontré d’intérêt à suivre les conseils de Doug Ford.
L’AMAPCEO prévient que la décision du gouvernement ontarien pourrait avoir des répercussions sur le recrutement et la rétention du personnel au sein de la fonction publique provinciale.
