Le plan s’inscrit dans l’objectif plus large du gouvernement, qui vise à faire de l’Ontario l’endroit le plus concurrentiel du G7 pour l’investissement, la création d’emplois et les affaires, tout en renforçant les services essentiels comme la santé et l’éducation.
Selon le ministre Bethlenfalvy, ce budget reflète l’engagement du gouvernement à protéger la population ontarienne et à jeter les bases d’une économie plus forte, plus résiliente et plus concurrentielle.
Peter Bethlenfalvy, ministre des Finances de l’Ontario.
Il souligne également que la situation financière de la province est la plus solide depuis plus de dix ans, comme en témoignent les deux hausses de la cote de crédit enregistrées en 2024. Le gouvernement maintient un cap jugé prudent et responsable, en visant un retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2027-2028.
Le budget propose plusieurs mesures phares. Il prévoit notamment un investissement de 500 millions de dollars pour la création d’un Fonds pour le traitement des minéraux critiques, afin de stimuler l’investissement dans la transformation locale de ces ressources et de renforcer l’expertise ontarienne dans ce secteur stratégique. Le soutien aux partenariats autochtones est également renforcé, avec un triplement du montant alloué au Programme de financement pour les initiatives autochtones, porté à 3 milliards de dollars, et un élargissement de l’admissibilité à des secteurs comme l’énergie, l’exploitation minière et les pipelines. Par ailleurs, le gouvernement consacre 70 millions de dollars sur quatre ans à l’amélioration de la capacité des communautés autochtones à participer aux processus règlementaires, et 10 millions sur trois ans pour appuyer les étudiants des Premières Nations souhaitant faire carrière dans le domaine des ressources naturelles.
Sur le plan industriel, le budget propose d’élargir et de bonifier le crédit d’impôt pour l’investissement dans la fabrication en Ontario. Le taux passerait temporairement de 10 % à 15 % pour les sociétés privées sous contrôle canadien et inclurait une version non remboursable pour d’autres sociétés, permettant aux entreprises de bénéficier d’un allègement fiscal évalué à 1,3 milliard de dollars sur trois ans.
Afin de soutenir les secteurs touchés par les perturbations économiques, le gouvernement crée le compte Protéger l’Ontario, un fonds pouvant atteindre 5 milliards de dollars destiné à appuyer les entreprises dans leur adaptation, à protéger les emplois et à intervenir rapidement en cas d’urgence.
Le budget prévoit également un investissement additionnel de 1 milliard de dollars sur trois ans dans le Fonds de développement des compétences, portant le total à 2,5 milliards. Cette enveloppe vise à moderniser les centres de formation, à en construire de nouveaux et à offrir aux travailleurs des métiers spécialisés une formation adaptée aux besoins des secteurs en croissance.
D’autres mesures ciblent directement les ménages ontariens. Le gouvernement propose de rendre permanentes les réductions de taxes sur l’essence et les carburants, ce qui représenterait une économie moyenne de 115 dollars par an pour les familles. Les péages sur l’autoroute 407 Est, propriété de la province, seront définitivement supprimés, permettant aux navetteurs de réaliser des économies estimées à environ 7 200 dollars par an.
Enfin, l’Ontario poursuit ses efforts en matière d’infrastructure avec un plan d’immobilisations record de plus de 200 milliards de dollars sur dix ans, dont 33 milliards pour l’année 2025-2026. Ce plan comprend près de 30 milliards pour les routes, 61 milliards pour les transports en commun, 56 milliards pour les infrastructures de santé et plus de 30 milliards pour la construction d’écoles et de places en services de garde.
Le ministre Bethlenfalvy a rappelé que la province avait déjà surmonté des périodes difficiles par le passé et qu’elle entend aujourd’hui poser les fondations d’une croissance durable. Le budget, dit-il, illustre la vision du gouvernement et sa volonté de protéger les travailleurs, les entreprises et les collectivités.
Sur le plan financier, le déficit de l’Ontario est estimé à 6,0 milliards de dollars en 2024-2025, soit 3,8 milliards de moins que ce qui avait été anticipé dans le budget précédent. Les déficits projetés sont de 14,6 milliards pour 2025-2026 et de 7,8 milliards pour 2026-2027, avant un retour à un excédent de 0,2 milliard en 2027-2028. La croissance du PIB réel est estimée à 0,8 % en 2025, après une hausse de 1,5 % en 2024. Le ratio de la dette nette au PIB devrait atteindre 37,9 % en 2025-2026.
