le Jeudi 4 juin 2026
le Mardi 20 mai 2025 11:30 Société

Des horizons lointains aux soins de proximité

Kayla Laurin — Photo de courtoisie
Kayla Laurin
Photo de courtoisie

Parcourir des milliers de kilomètres, changer de domaine d’études, puis s’envoler vers l’Asie, le chemin de Kayla Laurin est tout sauf ordinaire. Infirmière âgée de 27 ans à l’Hôpital Notre-Dame de Hearst, elle incarne la persévérance, la curiosité et l’engagement. La rencontre qu’elle nous a accordée lui a permis de partager quelques aspects sur son parcours académique, personnel et professionnel.

Des horizons lointains aux soins de proximité
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Née et élevée à Hearst, Kayla Laurin a toujours eu un attachement fort à sa communauté, mais comme plusieurs jeunes de la région, dès la fin de ses études secondaires, elle sent le besoin d’explorer d’autres horizons. Elle part pour Sudbury en 2014 pour joindre le programme de biologie biomédicale de l’Université laurentienne.

« J’ai toujours été passionnée par les sciences, la santé humaine, le fonctionnement du corps. Ce qui fait que la biomédecine c’était une évidence à ce moment-là pour moi », confie-t-elle. Pendant quatre ans, elle s’immerge dans les études scientifiques, découvrant à la fois la rigueur académique et l’indépendance qu’implique la vie universitaire loin de chez soi. Elle obtient son baccalauréat en 2018. 

Après son premier diplôme, elle choisit de revenir à Hearst, une décision motivée par le désir de faire un autre baccalauréat pour enrichir ses connaissances. Elle s’inscrit alors à l’Université de Hearst, dans le programme de psychologie. « J’avais envie de mieux comprendre les comportements humains et les émotions. C’était complémentaire à ma formation scientifique », explique-t-elle. Elle y effectue deux années d’études, complétant un deuxième baccalauréat en 2020. 

Mais à peine diplômée, la pandémie de COVID-19 bouleverse tout. Comme tant d’autres, Kayla est forcée de mettre ses projets en pause. « J’ai pris un congé d’un an. C’était une période de réflexion, mais aussi d’incertitude. » C’est finalement cette pause imposée qui lui permet de redéfinir son objectif professionnel. 

En 2021, elle prend une nouvelle direction en s’inscrivant en sciences infirmières à l’Université Laval, à Québec. « Je voulais avoir un impact direct, concret, auprès des gens. L’infirmerie, c’était une façon de rassembler mes passions scientifiques et humaines », souligne-t-elle. Ce programme, exigeant et intensif, la forme aux réalités du terrain médical. Elle obtient son diplôme en avril 2024. 

Au-delà des études

Après neuf ans d’études, la jeune femme sentait le besoin de respirer, de voir autre chose, de vivre. À la mi-septembre, elle part à Toronto pour passer son examen standard d’infirmière, puis s’envole pour son voyage. 

En plein voyage vers l’Asie, Kayla est entourée par la verdure de la nature en plein foret pour profiter des moments agréables.

Photo de courtoisie

Son itinéraire est aussi surprenant que dépaysant. Après une escale en Grèce où elle rend visite à sa cousine, Kayla continue vers l’Asie, une région qui l’a toujours fascinée. Ce qui devait être un voyage de deux mois se transforme en un périple de six mois. 

« J’ai été séduite, l’Asie m’a offert une diversité de cultures et j’ai découvert de nouveaux paysages. C’était enrichissant à tous les niveaux. » Elle mentionne avoir visité plusieurs villes, rencontré des gens extraordinaires et s’être laissé porter par la spontanéité du moment. « Au début, c’était juste pour me divertir, me ressourcer. Mais je me suis sentie si bien que j’ai prolongé le séjour. » 

Malgré la fatigue, les déplacements, ainsi que les petits imprévus, Kayla ne garde que de bons souvenirs. « Aucun regret. Ce voyage m’a transformée. Il m’a permis de mieux me connaitre, de relativiser, d’apprécier les choses simples et découvrir d’autres réalités. » 

À son retour au pays, elle réintègre sa ville natale avec un bagage bien plus riche qu’un simple diplôme universitaire. Aujourd’hui, elle travaille à l’Hôpital Notre-Dame de Hearst, au service des soins aigus et à l’urgence. « C’est gratifiant. On fait une vraie différence dans la vie des patients. Et je suis fière de le faire ici, chez moi », dit-elle. Mme Laurin apprécie la proximité avec les patients, le sentiment d’appartenance à une équipe et le fait d’être au service de sa communauté. 

Bref, le parcours de Kayla Laurin témoigne d’un équilibre rare entre ambitions académiques, engagement professionnel et curiosité personnelle. De Hearst à Sudbury, de Québec à l’Asie, elle a su tracer sa route avec détermination et ouverture. Autrement dit, elle incarne une génération de jeunes professionnels qui n’ont pas peur de changer de cap, de suivre leur instinct et de chercher du sens dans ce qu’ils font.