Selon le gouvernement, si elle est adoptée, cette loi pourrait contribuer à la création d’emplois, à l’attraction d’investissements et à une plus grande collaboration entre les provinces. Le premier ministre Doug Ford a affirmé que cette mesure positionnerait l’Ontario comme un chef de file dans la promotion du commerce interprovincial, en simplifiant les démarches administratives et en stimulant la croissance économique.
L’administration provinciale estime que les barrières commerciales internes coutent chaque année environ 200 milliards de dollars à l’économie canadienne. Ces restrictions entraineraient une hausse des prix des biens et services et nuiraient à la compétitivité des entreprises nationales. M. Ford a rappelé que l’Ontario milite depuis longtemps pour une plus grande liberté de circulation des biens, des services et de la main-d’oeuvre à travers le pays, insistant sur l’importance d’une telle réforme dans un contexte économique mondial incertain.
Le projet de loi propose notamment la suppression de certaines exceptions à l’Accord de libre-échange canadien (ALÉC), afin de faciliter l’accès des entreprises ontariennes aux marchés des autres provinces et d’encourager la mobilité des travailleurs qualifiés. Le texte inclut également des mesures spécifiques pour simplifier l’intégration des professionnels de la santé règlementés, par l’introduction d’un processus accéléré d’enregistre-ment. Cette disposition vise à répondre plus rapidement aux besoins du secteur de la santé, par exemple en réduisant les délais d’attente pour les travailleurs qualifiés.
D’autre part, le projet prévoit d’autoriser la vente directe d’alcool des producteurs aux consommateurs dans toute la province, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour les producteurs locaux.
Le gouvernement a également annoncé la création du Fonds Ontario Together Trade, doté d’un budget de 50 millions de dollars. Ce fonds doit soutenir les entreprises dans leurs efforts de modernisation et dans leur accès à de nouveaux marchés interprovinciaux, avec pour objectif de renforcer les chaines d’approvisionnement, d’encourager la diversification économique et d’assurer une meilleure résilience du tissu industriel ontarien.
Dans le cadre de cette stratégie, l’Ontario a conclu des ententes avec la Nouvelle-Écosse et le Nouveau- Brunswick. Ces protocoles d’accord incluent la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, facilitant ainsi la circulation des travailleurs, des biens et des services entre les provinces. Le gouvernement ontarien espère que ces accords serviront de modèle à d’autres juridictions.
Ces initiatives ont été bien accueillies par les partenaires provinciaux. Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, a salué l’approche ontarienne, y voyant un signal fort en faveur d’une intégration économique accrue. De son côté, Susan Holt, première ministre du Nouveau-Brunswick, a exprimé son appui, soulignant le potentiel de ces mesures pour favoriser la croissance et élargir les perspectives professionnelles au Canada.
Le ministre ontarien de l’Économie, Vic Fedeli, a déclaré que le projet de loi s’inscrivait dans une volonté plus large de promouvoir un marché du travail plus flexible et une économie plus compétitive. Selon lui, la suppression des obstacles internes contribuerait non seulement à la prospérité économique, mais également à renforcer l’unité nationale.
Avec cette législation, l’Ontario souhaite jouer un rôle central dans la modernisation des échanges économiques au sein du pays, en incitant les autres provinces à adopter des politiques similaires pour favoriser un marché intérieur plus intégré.
