Historiquement, la déontologie était régie par des codes internes aux professions sans nécessiter de dispositions légales. Cependant, avec la numérisation des sociétés et l’importance croissante de l’information, de nombreux gouvernements ont jugé nécessaire de renforcer cet encadrement par des lois. Cette tendance est visible dans plusieurs secteurs. En journalisme, des lois sur la protection des sources et la responsabilité des contenus ont été mises en place pour garantir une information fiable et lutter contre la désinformation. Dans les sciences et technologies, l’éthique en IA est devenue un enjeu crucial, illustré par des textes comme le règlement européen sur l’IA, visant à garantir une utilisation responsable des algorithmes. La gestion des données est également concernée, avec des législations telles que le RGPD, qui impose un cadre juridique strict et des obligations déontologiques en matière de protection des données.
Ainsi, la déontologie, autrefois régie par l’autorégulation, est de plus en plus encadrée par des lois qui rendent ses principes obligatoires sous peine de sanctions. Dans ce contexte, des figures publiques comme Philippe Marcoux jouent un rôle dans la définition des relations entre l’humain et l’IA. Journaliste bien connu, Marcoux adopte une posture qualifiée par certains d’autoritarisme informatif humain, argüant que l’information et sa diffusion doivent rester sous contrôle humain, l’IA n’étant qu’un outil. Il avance plusieurs arguments : le risque de manipulation de l’information par l’IA, qui pourrait entrainer des biais dans les algorithmes de recommandation et la propagation de fake news ; la responsabilité déontologique, qu’il estime être de la seule responsabilité humaine ; et la nécessité de régulations légales pour garantir que les décisions éditoriales restent entre les mains de journalistes.
Cependant, Marcoux reconnait que ses positions pourraient rapidement devenir obsolètes en raison de l’évolution rapide de l’IA et des cadres législatifs. Ainsi, si la déontologie devient de plus en plus une question législative, il reste à déterminer jusqu’où cette régulation doit aller. Un cadre trop rigide pourrait freiner l’innovation et limiter l’usage de l’IA dans des domaines comme la recherche et la vérification de l’information, tandis qu’un manque de régulation pourrait entrainer une perte de contrôle sur les flux d’information, compromettant la fiabilité des données disponibles.
L’approche de Marcoux soulève donc une question essentielle : l’IA doit-elle être considérée uniquement comme un outil à encadrer strictement, ou peut-elle, à terme, devenir un acteur responsable dans la sphère de l’information ? Le débat reste ouvert et continuera d’influencer les évolutions de la déontologie et de sa législation.
