Chères lectrices et chers lecteurs du journal Le Nord,
C’est avec enthousiasme que nous entreprenons la 50e année de notre hebdomadaire régional. Le premier journal Le Nord a été publié en mars 1976. Tous les employés, la direction et les membres du conseil d’administration sont non seulement fiers du produit que nous vous offrons, mais ont à cœur la continuité de notre journal réalisé et imprimé localement à 95 %.
Avant de parler de la prochaine année et des défis qui nous guettent, prenez note que l’horaire du journal sera quelque peu affecté pendant la période Fêtes. Si nous poursuivons le calendrier de la sortie de notre journal, le suivant devrait être disponible jeudi prochain, qui tombe directement sur le 25 décembre, et puisque le 26 est également une journée fériée, nous avons décidé de modifier quelque peu sa publication.
Notre équipe travaille vraiment à son maximum, puisqu’actuellement nous n’avons pas les moyens de nous offrir plus d’employés, comme c’était le cas dans le passé. Nous sommes toutefois positifs pour les années à venir grâce, entre autres, à notre nouvelle Librairie 10-04 et une gestion serrée depuis les deux dernières années. Cela étant dit, nous avons des employés fatigués qui méritent un bon congé entre Noël et le jour de l’An.
Pour ces raisons, le journal qui devrait paraitre le jeudi 25 décembre sera disponible le lundi 29 décembre. Et, il n’y aura pas de journal le jeudi 1er janvier. La première publication de l’année 2026 aura lieu le jeudi 8 janvier. Nous aurons quand même 52 journaux en 2026 puisqu’un journal spécial sera réalisé en mars prochain pour souligner les 50 ans du journal Le Nord.
Les défis 2026
L’année qui s’annonce ne sera pas de tout repos pour tous les médias canadiens et pas seulement les nôtres. En réalité, elle s’inscrit dans une suite logique de bouleversements déjà bien amorcés : mutation des habitudes de consommation de l’information, fragilisation des revenus publicitaires, montée en puissance des géants du numérique et incertitude économique persistante. Le tout forme un cocktail préoccupant, particulièrement pour les médias régionaux, qui demeurent pourtant essentiels à la vitalité démocratique de nos communautés.
Aux Médias de l’épinette noire, nous allons consacrer beaucoup plus d’énergie sur le web, c’est-à-dire qu’il y aura un tout nouveau site internet pour la radio CINN 91,1 et notre Librairie 10-04. La Librairie offrira la possibilité d’acheter des livres en ligne, découvrir notre inventaire et commander des titres qui ne sont pas sur nos tablettes.
Depuis plusieurs années, les médias traditionnels voient leurs revenus fondre. Ici, c’est le journal qui mange la claque ! Nous n’avons plus aucune publicité des gouvernements provincial et fédéral, mais aussi local, la Ville de Hearst ne mettant plus en place de publicité comme elle le faisait auparavant.
La publicité, autrefois pilier financier des journaux, des radios et des télévisions, se dirige massivement vers les plateformes numériques étrangères. Nos gouvernements préfèrent y verser l’argent provenant des impôts des travailleurs canadiens. Même lorsque l’économie ralentit légèrement, ces plateformes absorbent une part disproportionnée des budgets publicitaires, laissant les médias locaux se partager les miettes. La prochaine année ne devrait pas inverser cette tendance. Au contraire, la prudence des annonceurs risque d’accentuer la pression.
À cette réalité s’ajoute l’augmentation des couts d’exploitation. Impression, distribution, énergie, technologies, salaires : tout coute plus cher. Pour des entreprises médiatiques déjà fragilisées, chaque hausse, même modeste, devient un casse-tête. Les choix sont alors difficiles : réduire la taille des équipes, diminuer la fréquence de publication, centraliser les contenus ou, dans le pire des cas, fermer tout simplement, ce qui n’est vraiment pas une option pour l’instant à Hearst.
Une économie fragile pour tout le monde
Sur le plan économique général, selon les experts en finance, la prochaine année s’annonce marquée par l’incertitude plutôt que par une franche récession. Les ménages devront demeurer prudents : cout de la vie élevé, taux d’intérêt encore ressentis dans les budgets familiaux, endettement important. Cette prudence se traduira par une consommation plus sélective, ce qui affectera directement les commerces locaux et, par ricochet, leurs investissements publicitaires.
Les spécialistes de la finance ajoutent que les entreprises, quant à elles, devraient continuer à retarder certains projets, préférant consolider leurs acquis plutôt que de prendre des risques. Dans ce climat, les médias devront redoubler d’ingéniosité pour diversifier leurs sources de revenus : abonnements numériques, évènements, partenariats locaux, contenu commandité, tout en préservant leur crédibilité et leur indépendance.
Partout au Canada, les médias se posent la question fondamentale : quelle valeur accordons-nous à l’information locale ? Pour Hearst-région, nous n’avons même pas à nous poser la question considérant la générosité de la population lors du dernier radiothon, de la Loto épicerie et des autres activités organisées par les Médias.
Les défis financiers qui attendent les médias canadiens sont réels et sérieux. Mais ils ne sont pas insurmontables si la volonté de préserver une presse forte et indépendante demeure au cœur de nos priorités. Dans un monde en constante transformation, l’information locale n’est pas un luxe : elle est une nécessité.
Steve Mc Innis
