le Jeudi 4 juin 2026
le Lundi 17 mars 2025 7:30 Société

Le parcours de Boubacar Diallo en tant que jeune leadeur religieux à Hearst

Cet engagement spirituel ne relève pas du hasard. Dans une rencontre, Boubacar Diallo a partagé son parcours, ses motivations et les défis liés à la mise en place de cette initiative.  — Photo : Ndery Dione
Cet engagement spirituel ne relève pas du hasard. Dans une rencontre, Boubacar Diallo a partagé son parcours, ses motivations et les défis liés à la mise en place de cette initiative.
Photo : Ndery Dione

Un nouveau rituel s’est installé dans la ville de Hearst depuis cinq semaines. Sous l’initiative de Boubacar Diallo, un jeune étudiant guinéen ayant grandi au Sénégal, la communauté musulmane locale se rassemble chaque vendredi dans une salle de l’hôtel Travel Inn pour accomplir la prière du vendredi, connue sous le nom de Salat Al-Jumu’ah.

Le parcours de Boubacar Diallo en tant que jeune leadeur religieux à Hearst
00:00 00:00

La prière du vendredi occupe une place centrale dans la religion musulmane. «C’est une obligation pour tout musulman adulte et valide», explique M. Diallo. Il cite un verset du Coran pour illustrer son propos : «Ô vous les croyants! Lorsque l’on appelle à la prière du vendredi, accourez à l’invocation d’Allah et cessez tout commerce. Cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez!» 

Au-delà de son caractère obligatoire, cette prière revêt une importance communautaire. «C’est un moment de rappel et de renforcement spirituel qui permet aux musulmans de se réunir et d’écouter des explications pour une meilleure pratique religieuse», précise-t-il. L’imam, par ses sermons, joue un rôle clé en instruisant les fidèles et en renforçant leur foi. 

Avant l’initiative de Boubacar Diallo, les musulmans de Hearst se réunissaient uniquement lors des grandes fêtes comme la Korité et la Tabaski. «Mais nous avions besoin d’un cadre plus régulier pour pratiquer notre foi collectivement», souligne-t-il. 

C’est cette conviction qui l’a poussé à aller à la rencontre de ses frères musulmans pour leur proposer d’organiser la prière du vendredi chaque semaine. «Cela répond à un besoin évident : maintenir notre pratique religieuse et rassembler la communauté musulmane dans un moment spirituel.»

Dès le début, Boubacar Diallo a dû faire face à un défi de taille : mobiliser les fidèles. Il a commencé par discuter avec ses amis et connaissances, leur expliquant l’importance de la prière du vendredi. «J’ai utilisé les enseignements du prophète dans un Hadith qui insiste sur la nécessité de cette pratique.» 

Après une première rencontre, l’engouement s’est rapidement manifesté. «Nous étions tous motivés et nous avons décidé de commencer immédiatement», se souvient-il. Grâce au bouche-à-oreille et au soutien de ses pairs, l’initiative a pris de l’ampleur et s’est solidement installée dans la routine de la communauté musulmane de Hearst. 

Boubacar Diallo est en mode vêtements traditionnels pour aller diriger la prière.

Photo : Ndery Dione

Né en Guinée, mais ayant grandi au Sénégal, Boubacar Diallo a suivi un parcours académique exemplaire. Après avoir étudié le Coran, il a poursuivi sa scolarité dans le système francophone sénégalais, obtenant en 2019 un diplôme en sciences expérimentales. Il a ensuite entamé des études supérieures en sciences physiques à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. 

Son désir d’explorer d’autres horizons l’a conduit au Canada en 2023, où il s’est inscrit au Collège Boréal de Hearst dans le programme de techniques d’administration des affaires. «Depuis mon jeune âge, j’ai toujours rêvé d’étudier à l’étranger, dans un pays offrant un enseignement de qualité comme la France ou le Canada.» Son choix s’est porté sur Hearst en raison de l’opportunité offerte par le Collège Boréal. 

S’installer au Canada, et particulièrement dans le nord de l’Ontario, a représenté un défi pour M. Diallo. «L’hiver canadien était une grande inconnue pour moi», admet-il. Habitué au climat tropical du Sénégal, il a dû s’adapter à des températures extrêmes. «Au fil du temps, j’ai appris à m’habiller chaudement et à apprécier l’hiver.» 

Malgré la distance avec sa famille restée en Afrique, il n’a pas souffert de solitude. «Je vis avec des amis qui sont comme ma famille ici. L’entraide et la solidarité nous permettent de nous sentir chez nous.»

L’un des défis majeurs pour les nouveaux arrivants au Canada est la crise du logement. Heureusement, Boubacar a pu compter sur un ami qui l’a hébergé pendant deux mois avant qu’il ne trouve un appartement. En tant que mentor au Collège Boréal, il a su tisser des liens avec plusieurs personnes, facilitant ainsi l’accès au logement pour d’autres étudiants. «Je connais plusieurs bailleurs et j’essaie d’aider les nouveaux arrivants à trouver un logement», conclut-il. 

Bref, son engagement, son sens du leadeurship et son dévouement à la cause communautaire font de Boubacar Diallo un jeune homme inspirant.