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le Dimanche 16 mars 2025 15:30 Société

Comprendre le deuil dans le milieu universitaire et sociétal

Perdre un être cher, s’éloigner de sa famille, voir un rêve s’effondrer : autant de situations qui peuvent provoquer un deuil. Trop souvent réduit à la douleur liée au décès d’un proche, le deuil est en réalité un processus bien plus large, touchant divers aspects de la vie humaine. — Photo : Liza Summer/Pexels
Perdre un être cher, s’éloigner de sa famille, voir un rêve s’effondrer : autant de situations qui peuvent provoquer un deuil. Trop souvent réduit à la douleur liée au décès d’un proche, le deuil est en réalité un processus bien plus large, touchant divers aspects de la vie humaine.
Photo : Liza Summer/Pexels

C’est pour mieux outiller les étudiants face à cette réalité que l’Université de Hearst a organisé un atelier sur le deuil, animé par les travailleuses du Centre Labelle sur ses trois campus. À ce sujet, Stéphanie Plamondon a donné son point de vue.

Comprendre le deuil dans le milieu universitaire et sociétal
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Stéphanie Plamondon est une psychométricienne au Centre Labelle de Hearst après avoir eu sa maitrise en psychologie à Calgary. Elle est également une ancienne étudiante à l’Université de Hearst. 

Stéphanie Plamondon a dirigé un atelier sur le deuil dans une salle de classe transformée en espace de réflexion et d’échange avec 23 étudiants du campus de Kapuskasing. 

Photo de courtoisie

Son objectif est d’aider les étudiants à mieux comprendre le deuil et leur donner des outils pour le traverser. «Le deuil est une situation qui arrive lorsqu’on perd quelque chose de cher à nous, comme la mort d’un proche, mais il ne se limite pas uniquement à cela. Il peut aussi découler du fait de quitter son pays d’origine pour un autre», explique Mme Plamondon, mettant ainsi en lumière une réalité vécue de façon particulière par les étudiants internationaux. 

Loin de se limiter à une approche théorique, l’atelier a permis aux étudiants de partager leurs expériences personnelles et leurs perceptions du deuil. Une diversité de témoignages qui, selon Mme Plamondon, illustre bien la variété des formes que peut prendre cette épreuve. 

«Il était fascinant d’observer à quel point le deuil est perçu différemment selon les individus», confie-t-elle. Pour illustrer cette pluralité d’émotions et d’expériences, Stéphanie a proposé une activité artistique où les étudiants ont pu exprimer leur vision du deuil à travers le dessin ou d’autres formes créatives. 

Parmi les thématiques abordées, la question du deuil chez les étudiants internationaux a occupé une place importante.

Photo : Ndery Dione

Vivre loin de sa famille et de ses repères culturels est une épreuve en soi. Pour certains, c’est une forme de deuil silencieux, souvent peu reconnu, mais qui peut avoir des répercussions importantes sur leur bien-être mental. 

«Être séparé de sa famille pendant des mois, voire des années, manquer des évènements familiaux très importants comme des mariages ou même des funérailles, tout cela crée une douleur qui s’apparente à un deuil», souligne Mme Plamondon. 

Au-delà du cadre universitaire, le deuil est une réalité omniprésente dans la société. Il ne se limite pas à la perte d’un être cher, mais peut aussi être provoqué par d’autres évènements marquants de la vie : la perte d’un emploi, la fin d’une relation amoureuse ou amicale, le départ de la maison familiale ou encore la perte d’une capacité physique due à une maladie ou au vieillissement. 

Les étapes du deuil, souvent résumées en cinq phases, soit le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation, ne sont pas linéaires et ne s’appliquent pas de la même façon à chacun. Certains peuvent ressentir une intense tristesse pendant des mois, tandis que d’autres trouvent rapidement un moyen de reconstruire leur vie. 

Face à cette épreuve universelle, il est essentiel d’adopter des stratégies pour mieux gérer ses émotions. En tant que psychométricienne spécialisée en santé mentale, Stéphanie Plamondon a partagé quelques conseils pour aider les étudiants et toute personne traversant un deuil à mieux vivre cette période difficile. 

Selon Stéphanie, il est important de prendre soin de soi en s’accordant du temps pour se ressourcer et se recentrer. Cela passe par des activités qui font du bien : la lecture, le sport, la méditation ou même simplement une promenade en nature. 

«Nous souhaitons faire de ces ateliers une habitude mensuelle afin de sensibiliser les étudiants à l’importance de la santé mentale et leur fournir des mécanismes pour mieux gérer les défis du quotidien.»

Dans une société où la performance et la productivité sont souvent mises de l’avant, il est essentiel de rappeler que la souffrance fait partie de l’expérience humaine et que prendre le temps de la traverser est une démarche saine.