le Mercredi 3 juin 2026
le Vendredi 11 octobre 2024 15:19 Actualités

Le Club de cinéma à l’Université de Hearst : reconnaissance pour l’Octobre Rose

  Photos : Ndery Dione
Photos : Ndery Dione

Le Club de cinéma de l’Université de Hearst a débuté le mois d’octobre avec une initiative à la fois cinématographique et engagée. Le dirigeant, Patrice Villeneuve, a choisi de mettre en lumière le travail des réalisatrices à travers une programmation spéciale. La première rencontre du Club pour le mois d’octobre s’est ouverte avec la projection de The Piano (1993), un film emblématique de la réalisatrice néozélandaise Jane Campion.

Le Club de cinéma à l’Université de Hearst : reconnaissance pour l’Octobre Rose
00:00 00:00

« Comme certains d’entre vous le savent, le mois d’octobre au Canada, c’est le mois de l’histoire des femmes : le moment idéal pour célébrer les femmes et les filles courageuses de notre passé », a déclaré Patrice Villeneuve lors de l’ouverture de la première séance du mois d’octobre. Cette annonce a marqué le début d’une programmation axée sur les oeuvres de réalisatrices, avec pour objectif de mettre en lumière leurs contributions essentielles à l’industrie cinématographique. 

Pour cette première projection, le choix de M. Villeneuve s’est porté sur The Piano. Ce film, souvent considéré comme un chef-d’oeuvre du cinéma moderne, a été sélectionné pour son exploration profonde des thèmes de la communication, du désir et de l’émancipation féminine. « C’est pour cette raison que la première diffusion du mois était un film réalisé par une femme », soulignait Patrice Villeneuve. 

Photos : Ndery Dione

The Piano raconte l’histoire d’Ada McGrath, une femme muette envoyée en Nouvelle-Zélande pour épouser un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Accompagnée de sa fille, Flora, et de son piano, Ada se retrouve piégée dans une situation où son instrument devient à la fois un symbole de sa liberté et une monnaie d’échange. Refusant initialement de transporter le piano jusqu’à leur domicile, son mari, Alisdair Stewart, le laisse sur la plage. Baines, un voisin intrigué par Ada, propose de racheter le piano et de le lui restituer progressivement en échange de leçons qui se transforment en rencontres de plus en plus intenses et intimes. 

Les performances de Holly Hunter dans le rôle d’Ada, ainsi que celle d’Anna Paquin, qui incarne sa fille, ont été saluées par la critique, et les deux actrices ont remporté des oscars pour leur interprétation. Ce film ne se contente pas de raconter une histoire d’amour ; il explore des dynamiques complexes de pouvoir, de désir et de résistance, le tout à travers le prisme du « female gaze » une perspective qui place les expériences et les émotions des femmes au centre du récit. 

Le concept du « female gaze », ou « regard féminin », est au coeur de la démarche de Patrice Villeneuve pour le mois d’octobre. Ce terme, souvent opposé au « male gaze » (regard masculin), désigne une manière de raconter des histoires qui privilégie la perspective, les sentiments et les expériences des femmes. En mettant en avant des films réalisés par des femmes, le Club de cinéma de l’Université de Hearst cherche à défier les normes traditionnelles du cinéma et à offrir une plateforme à des voix souvent marginalisées. 

« Venez découvrir des classiques qui mettent en lumière la notion de “ female gaze ” », a encouragé Patrice Villeneuve, soulignant l’importance d’apprécier le cinéma sous un angle différent, où les personnages féminins ne sont pas simplement des objets de désir, mais des agents de leur propre destin. 

Le choix de débuter la saison avec un film réalisé par une femme prend une signification particulière en lien avec l’Octobre Rose, une initiative internationale dédiée à la sensibilisation au cancer du sein. Au Canada, et particulièrement dans le Nord de l’Ontario, cette campagne vise à encourager le dépistage et à soutenir les femmes atteintes de cette maladie. Le lien entre la sensibilisation au cancer du sein et le mois d’octobre se reflète également dans l’engagement du Club de cinéma de l’Université de Hearst à promouvoir des thématiques liées à la santé et à l’autonomisation des femmes. 

Dans le Nord de l’Ontario, où l’accès aux soins de santé peut être plus difficile pour les populations rurales et autochtones, les institutions locales jouent un rôle crucial en offrant des services de dépistage, des cliniques mobiles et des programmes éducatifs. Des organisations comme Action Cancer Ontario et la Fondation du cancer du sein du Canada s’associent aux efforts régionaux pour organiser des évènements communautaires, collectes de fonds et initiatives visant à améliorer l’accès aux soins pour les femmes de la région. 

L’approche de Patrice Villeneuve et du Club de cinéma de l’Université de Hearst ne se limite pas à la simple projection de films. Elle vise également à créer un espace de réflexion et de discussion sur les questions de genre, de santé et de représentation dans le cinéma. En mettant l’accent sur les films réalisés par des femmes, le club encourage les étudiants à s’interroger sur la manière dont le cinéma influence et reflète les perceptions sociétales des rôles de genre. 

L’amphithéâtre du campus de Hearst devient ainsi, chaque jeudi soir à 19 h, un lieu de rencontre où l’art cinématographique sert de tremplin à des conversations plus larges sur les droits des femmes, l’égalité et la diversité dans la culture et les médias.