le Vendredi 26 juin 2026
le Jeudi 25 juin 2026 16:18 Provincial

Analyse de remise en question sur la stratégie nucléaire de l’Ontario

  Photo : SHVETS production/Pexels
Photo : SHVETS production/Pexels

Une nouvelle analyse par Défense environnementale a conclu que le plan de l’Ontario visant à accroître fortement sa production d’énergie nucléaire pourrait coûter 117 milliards de dollars de plus qu’une solution de rechange fondée sur les énergies renouvelables d’ici 2050.

Analyse de remise en question sur la stratégie nucléaire de l’Ontario
00:00 00:00

Selon l’organisme, cette différence pourrait se traduire par une hausse annuelle pouvant atteindre 456 $ sur la facture d’électricité d’un ménage moyen.

Cette analyse, intitulée The Real Costs of Ontario’s Nuclear Gamble (les véritables coûts du pari nucléaire de l’Ontario) et réalisée avec l’appui technique de Power Advisory LLC, compare les projets nucléaires prévus à Wesleyville et sur la péninsule Bruce à une solution de rechange reposant sur l’énergie éolienne et solaire ainsi que le stockage par batteries.

D’après les conclusions du rapport, l’expansion nucléaire envisagée par la province nécessiterait 221 milliards de dollars d’investissements en immobilisations d’ici 2050, contre 104 milliards de dollars pour une approche axée sur les énergies renouvelables. L’écart de 117 milliards de dollars se reflèterait sur les factures d’électricité pendant plusieurs décennies.

«La province se prépare à une croissance importante de la demande d’électricité à mesure que nous électrifions les maisons, les véhicules et les industries. Toutefois, l’Ontario prévoit s’appuyer très fortement sur l’énergie nucléaire, et nous n’avons pas vraiment discuté des coûts potentiels ni à savoir s’il s’agit de la meilleure voie à suivre», affirme Keith Brooks, directeur des programmes à Défense environnementale.

M. Brooks persiste en affirmant que la province opte pour une voie «très coûteuse et risquée», alors qu’un portefeuille énergétique davantage axé sur les énergies renouvelables pourrait répondre aux besoins de la population à un coût beaucoup plus faible.

En plus de la remise à neuf des centrales nucléaires de Darlington, Bruce et Pickering, ainsi que de la construction de quatre petits réacteurs modulaires à Darlington, l’Ontario prévoit l’aménagement d’une nouvelle centrale nucléaire à Wesleyville pouvant atteindre une capacité de 10 000 mégawatts, s’ajoutant à une autre installation sur la péninsule Bruce d’une capacité additionnelle de 4800 mégawatts.

Le plan actuel prévoit que l’énergie nucléaire produira plus de 70 % de l’électricité de la province d’ici 2050, tandis que la croissance des énergies renouvelables demeurerait essentiellement stable.

«L’Ontario va à contre-courant de la tendance mondiale, ce qui, en plus d’être coûteux, entraîne également une hausse des émissions provenant des centrales au gaz à court terme, annulant ainsi une grande partie des progrès réalisés lors de l’élimination graduelle du charbon», ajoute M. Brooks.

En outre, le rapport a également mentionné que les projets nucléaires ont souvent été marqués par des dépassements de coûts et des retards importants. La centrale de Darlington, dernière nouvelle installation nucléaire construite en Ontario, est passée d’une estimation initiale de 3,9 milliards de dollars à 14,4 milliards de dollars, soit près de quatre fois le budget prévu.

L’étude a cité en même temps le projet nucléaire Vogtle, en Géorgie, la plus récente centrale nucléaire construite en Amérique du Nord dont le coût est passé de 14 milliards à entre 36 et 37 milliards de dollars, et sa réalisation a nécessité 15 ans.

Enfin, cette analyse, appuyée par Power Advisory, suppose que les nouveaux projets nucléaires seront réalisés à temps et dans les limites du budget, mais malgré cela, leurs coûts demeurent supérieurs de plus de 100 milliards de dollars à ceux des énergies renouvelables.

«Les Ontariens méritent de la transparence lorsque les gouvernements prennent des décisions majeures et coûteuses concernant des services essentiels comme l’électricité. Les preuves sont claires : il existe une solution plus propre et plus abordable que la voie fortement axée sur le nucléaire que poursuit actuellement la province», conclut M. Brooks.