Au cœur de cette entente Canada-Ontario validée lundi dernier par Mark Carney et Doug Ford se trouve un objectif clair prévoyant bâtir plus de logements, plus rapidement, afin d’améliorer l’accessibilité à la propriété.
Ce contexte actuel marqué manifestement par les répercussions des tarifs douaniers et de l’incertitude économique mondiale, les deux gouvernements misent sur des investissements structurants pour stimuler l’économie et préserver les emplois.
Pour le premier ministre Doug Ford, cet accord représente un levier essentiel pour l’avenir économique de la province, précisant qu’il permettra non seulement de construire de nouvelles infrastructures, mais aussi de soutenir des centaines de milliers d’emplois bien rémunérés.
Une part importante du financement sera consacrée aux infrastructures municipales pour favoriser la construction résidentielle. Autrement dit, l’accord prévoit une réduction pouvant atteindre 50 % des frais d’aménagement, souvent responsables d’une hausse significative du coût des nouvelles habitations.
Ce manque à gagner pour les municipalités sera en grande partie compensé par les fonds publics, à condition que celles-ci participent également à l’effort collectif.
Sur le plan des transports, plusieurs projets majeurs sont visés par ce partenariat grâce à leur place centrale qu’ils ont occupée au développement du transport en commun.
Parmi eux figurent la future ligne de transport dans le secteur riverain Est de Toronto, le projet GO 2,0 visant à améliorer et étendre le service ferroviaire régional, ainsi que l’avancement du projet de train à grande vitesse Alto pour le corridor Toronto–Québec.
L’accord prévoit aussi la conclusion d’ententes pour des projets prioritaires dans la région du Grand Toronto et de Hamilton, incluant notamment la ligne Ontario, le prolongement de la ligne Eglinton Crosstown vers l’ouest, l’extension du métro vers Scarborough et vers le nord de la ligne Yonge, ainsi que le projet de train léger sur rail à Hamilton.
Par ailleurs, les acheteurs de maisons neuves bénéficieront d’un allègement fiscal important grâce à la suppression de la taxe de vente harmonisée (TVH) de 13 % pour les propriétés admissibles d’une valeur maximale de 1 million de dollars.
En ce qui concerne les habitations dont la valeur se situe entre 1 million et 1,5 million de dollars, le remboursement maximal sera élargi jusqu’à 130 000 dollars. En fait, ce programme, soutenu par une contribution fédérale de 875 millions de dollars, pourrait générer un allègement fiscal total estimé à 2,2 milliards de dollars.
Le premier ministre Mark Carney a insisté sur la nécessité de «s’attaquer à la crise du logement sous tous ses aspects», en augmentant l’offre et en réduisant les coûts pour les Canadiens, tout en favorisant l’emploi dans les métiers spécialisés.
La mairesse de Toronto, Olivia Chow, de son côté, s’est également réjouie de cette collaboration tripartite, rappelant les efforts déjà entrepris par la Ville de Toronto pour réduire les frais d’aménagement et accélérer les projets de logement.
Selon elle, cette entente permettra de construire des milliers de logements abordables supplémentaires et d’améliorer durablement les transports en commun.
Au-delà des chiffres, ce partenariat pourrait être essentiel et constructif, comme une réponse coordonnée aux défis économiques actuels. Ce qui fait d’ailleurs qu’en misant sur les infrastructures, l’habitation et la mobilité, les gouvernements ont le souhait de stimuler la croissance, renforcer la compétitivité et bâtir des collectivités plus résilientes pour les années à venir.
