Marcel Ménard et sa conjointe, Shirley Gosselin, qui étaient en vacances à Dubaï, aux Émirats arabes unis, sont revenus à Hearst la semaine dernière. Ils nous ont raconté leur expérience lors du déclenchement de la guerre et les conditions de leur séjour en période de bombardement.
«On était là-bas en vacances, j’avais pris quatre semaines de vacances. Et puis, on avait une semaine qu’on avait réservée pour aller à Oman, un pays qui est à côté pour faire du camping dans les wadis (des rivières sèches). Donc, c’était tout nouveau pour moi, et Marcel avait encore des amis qui avaient des équipements de camping qu’on a empruntés et on avait accès à un véhicule. Et puis, les quelques articles qui nous ont manqués pour le camping on les a achetés», a expliqué Shirley Gosselin.
Malgré la guerre, leur voyage ne s’est pas déroulé dans la confusion. Marcel avait déjà vécu 16 ans aux Émirats arabes unis en tant qu’employé, ce qui lui a permis de garder ses repères.
«J’ai travaillé quatre ans et demi voire cinq ans pour une compagnie de dragage et onze ans pour la compagnie de pétrole Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC). Il faut dire que nous, on était là-bas en visite chez des amis. Donc, on était très fortunés. La période de temps où on était aux Émirats arabes unis c’était le début de la guerre, pas au moment présent. Il y a eu des développements depuis le temps qu’on est arrivés à Hearst», clarifie M. Ménard.
Le couple n’avait pas rencontré de difficultés majeures au cours de leur voyage, mais c’est en préparant leur retour au Canada qu’ils ont reçu, le 7 mars, un courriel les avisant que leur vol d’Abu Dhabi avec la compagnie Turkish Airlines avait été annulé. Or, deux options s’offraient alors à eux : se faire rembourser ou être reprogrammés sur un autre vol, alors que leur retour était prévu le 13 mars.
«L’aéroport d’Abu Dhabi n’était pas fermé, mais il opérait environ 20 % dans des conditions un peu douteuses. Le problème est que l’Iran avait certains objectifs qui étaient associés avec la présence américaine. Donc, les aéroports n’étaient pas clairement indiqués comme étant sécuritaires (…)», précise Marcel.
Dans l’hôtel où ils avaient séjourné à Mascate, la capitale d’Oman, le couple a appris qu’il était possible de faire du covoiturage entre Abu Dhabi et Oman. C’est ainsi qu’ils ont engagé une professeure, alors en relâche anticipée du printemps, qui a accepté de les conduire afin de leur permettre de retourner les équipements de camping ainsi que le véhicule qu’ils avaient loué.
«Cette professeure, d’origine égyptienne, était seule et elle voulait faire un peu d’argent. Donc, elle avait publié qu’elle était prête à voyager avec des gens et passer la frontière. Elle parlait en arabe, puis on a communiqué avec elle, tombé d’accord sur un prix et elle nous a conduit jusqu’à Abu Dhabi (…)», raconte Shirley Gosselin.
«Moi, je n’avais aucune crainte de retourner à Abu Dhabi», dit M. Ménard, ajoutant que la personne chez qui ils séjournaient détenait des informations fiables sur la situation liée à la guerre et était en mesure de leur confirmer s’il y avait lieu de s’inquiéter ou non quant à l’insécurité, puisqu’elle occupe un poste en cybersécurité.
Les conséquences de la guerre à l’échelle mondiale
Cependant, la guerre au Moyen-Orient a eu des répercussions directes et indirectes sur le prix de l’essence et du gaz en Ontario, principalement parce que le pétrole est majoritairement échangé sur un marché mondial.
Le conflit a perturbé la production et le transport du pétrole, notamment dans des zones stratégiques comme le détroit d’Ormuz, fermé à certains pays, ainsi que le complexe gazier de Ras Laffan, situé au Qatar, et la raffinerie de pétrole Aramco en Arabie saoudite. Les dommages causés par les bombardements de milices et de drones iraniens contribuent à réduire l’offre mondiale, ce qui entraîne une hausse des prix.
En Ontario, cette situation s’est traduite par une hausse rapide du prix de l’essence, avec des augmentations de plusieurs cents en quelques jours. Même si la province ne dépend pas directement du pétrole du Moyen-Orient, elle subit ces hausses parce que les prix nord-américains suivent les tendances mondiales.
