À peine deux mois ont passé en 2026 que la vie apporte son lot de défis. Le coût de la vie demeure élevé. Les petites entreprises absorbent les hausses de transport. Les familles font attention. Nos services de santé cherchent encore leur équilibre. Et nos jeunes, eux, réfléchissent à leur avenir, ici ou ailleurs.
Ce qu’on remarque pour Hearst-région, ce sont les organisateurs d’événements et les bénévoles qui appuient sur le bouton «STOP, C’EST ASSEZ!»
La fin de semaine dernière, les responsables du Carnaval Missinaibi de Mattice ont encore une fois réussi à présenter un événement à la hauteur des attentes. Ouf! Quelle phrase : «… à la hauteur des attentes»! Peu importe les activités, les responsables d’événements et leurs bénévoles se mettent une pression énorme pour que les participants aient droit aux normes de ce qu’on attend des activités : rien de moins que la perfection.
C’est sans compter sur la viabilité économique de ce qu’on présente! Avec l’augmentation des coûts de l’épicerie, des assurances, des locations, etc. Depuis environ 2024, les organiseurs prient le ciel de ne pas faire un déficit. Ce n’est vraiment pas encourageant d’investir du temps et de l’argent pour seulement une centaine de dollars de profit ou encore en déficit, parce que oui, en 2026, on gaspille de l’énergie pour une centaine de dollars de profit. Nous sommes bien loin des activités qui généraient plus d’une dizaine à une quarantaine de milliers de dollars.
Outre le gaspillage d’énergie, les équipes de bénévoles siégeant aux conseils d’administration peuvent être tenues responsables advenant un accident ou un incident, entre autres, avec de l’alcool.
Fête du Canada
Ce sont pour ces raisons que les Médias de l’épinette noire ont décidé de ne pas organiser les activités de la fête du Canada cette année.
Depuis plusieurs années, notre organisme sans but lucratif organisait les activités de la fête du Canada. Des feux d’artifice, des spectacles, des sourires d’enfants, des retrouvailles et des souvenirs. Les festivités de cette fête nationale sont attendues par la population de Hearst-région. Personnellement, je pense qu’il serait intéressant de trouver un autre organisme sans but lucratif pour organiser la fête du Canada aux deux ans.
Ce n’est pas par manque de fierté
Non pas par manque d’amour pour notre communauté, mais parce que notre équipe est devenue trop petite. Parce que l’énergie n’y est plus. Parce qu’à un moment donné, il faut être honnête : on ne peut pas toujours demander aux mêmes personnes de tenir le flambeau.
Si des personnes, via un organisme sans but lucratif, sont prêtes à prendre la relève, l’équipe des Médias se fera un plaisir de s’assoir avec le nouveau groupe pour leur donner une idée de ce que ça représente, autant sur le plan financier, que des activités et la recherche de bénévoles.
Qui prendra la relève?
Au-delà des défis économiques, il y a un enjeu dont on parle partout, et qui est fondamental : la relève. Cette réalité dépasse un simple événement. Elle soulève une question essentielle : qui prendra la suite?
Nos bénévoles ont donné pendant de nombreuses années, autant lorsque les Médias ou le Rotary organisaient la fête du Canada, parfois sur plusieurs jours. Ils ont bâti des traditions. Ils ont créé des moments rassembleurs. Mais une communauté ne peut pas reposer éternellement sur les mêmes épaules.
Pourquoi on quitte le navire?
Les Médias n’organiseront pas la fête du Canada cette année puisque nous manquons d’effectif, mais surtout, les membres de la direction et plusieurs de nos employés sont à bout de souffle.
Pour que notre radio CINN 91,1, le journal Le Nord, la Librairie 10-04 et nos médias sociaux, avec les sites internet en construction actuellement, le nombre d’employés idéal est de 14 à temps plein, trois à temps partiel, de trois à huit bénévoles et plusieurs pigistes.
Depuis le retour du temps des Fêtes, nous ne sommes que sept employés à temps plein, quatre à temps partiel, huit bénévoles et cinq pigistes. Oui, le personnel est difficile à recruter, mais actuellement c’est davantage le manque de fonds qui nous oblige à conserver une petite équipe.
Toutefois, je dois avouer que nous avons une petite équipe dévouée et là pour la cause! Donc, si on élimine les activités qui grugent énormément d’énergie, nous serons en mesure de tenir le fort.
La relève ne s’invente pas. Elle se prépare. Elle s’encourage. Elle s’invite à la table.
Si nous voulons que nos fêtes, nos organismes, nos projets et même notre économie continuent de vibrer, il faudra que de nouvelles voix se fasse entendre. Que de nouvelles idées émergent. Que des jeunes, et moins jeunes, osent lever la main.
Le Nord n’a jamais été un endroit facile. Mais, Hearst-région a toujours été un endroit fier. Parce qu’ici, quand le vent souffle, on ne baisse pas la tête.
On passe le flambeau.
Et on avance. Ensemble.
Steve Mc Innis
Directeur général des Médias
