Cette année, le thème «Le Mois de l’histoire des Noirs a 30 ans : honorons l’excellence des personnes noires au fil des générations» souligne le rôle des Canadiens noirs, des bâtisseurs historiques aux visionnaires contemporains, dans le développement social, culturel, scientifique et économique du Canada.
Le ministre a cité des figures marquantes comme l’honorable Dre Jean Augustine, initiatrice de la reconnaissance officielle du Mois de l’histoire des Noirs, la Dre Yvette Bonny, pionnière en hématologie, et Elkin James, lutteur et artiste engagé dans la formation des jeunes à Toronto.
Rappelons que depuis 1995, le gouvernement du Canada a multiplié les initiatives pour soutenir les communautés noires, notamment à travers l’Initiative Appuyer les communautés noires du Canada, le Programme pour l’entrepreneuriat des communautés noires et la création d’un fonds de dotation philanthropique dirigé par les Noirs.
Ces mesures ont permis de financer des milliers de projets communautaires et d’aider des dizaines de milliers d’entrepreneurs noirs.
Le journal Le Nord a rencontré Jerry S. Ferguson, originaire du Libéria et résident de Hearst depuis 2016, un homme très impliqué dans toutes les activités organisées dans la ville.
Il nous a confié que sa prise de connaissance relative à la célébration du Mois de l’histoire des Noirs date depuis qu’il était en Afrique, précisant que des recherches qu’il avait faites à l’époque l’ont conduit à l’Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.), la plus petite province canadienne, située dans l’est du pays, dans la région des provinces de l’Atlantique où il y a une forte présence de personnes d’origine noire qui célèbrent chaque année le mois de février par le biais de plusieurs activités.
Pour lui, cette initiative du gouvernement du Canada est très importante, car elle vise à honorer le patrimoine, la culture et les contributions inestimables des personnes et des communautés noires.
Le souhait de M. Ferguson est de voir toutes les personnes venant de différents pays d’Afrique et vivant à Hearst se constituer en bloc pour célébrer ce mois ensemble, avec des activités illustrant le patrimoine africain ainsi que la culture et la contribution des personnes noires dans différents domaines.
Il a toutefois souligné le fait qu’une communauté africaine vient tout juste d’être créée à Hearst. C’est pour cette raison, dit-il, qu’il n’y aura peut-être pas d’activités cette année, mais qu’à l’avenir, l’association sera en mesure d’en organiser pour honorer le Mois de l’histoire des Noirs.
En tant que pompier volontaire, membre de la Légion royale canadienne de Hearst et coordonnateur des interventions d’urgence à la Croix-Rouge, Jerry tient le plus à cœur en cette période de célébration de l’histoire des personnes d’origine noire des projets qui consistent à exposer la culture africaine sous forme de journées portes ouvertes.
D’après lui, de tels évènements visent à permettre aux gens d’apprendre les uns des autres, ce qui peut favoriser une plus grande diversité culturelle entre les immigrants et les résidents de Hearst, et offrir l’occasion à tous de mieux se connaître.
«Il faut non seulement préserver, mais il faut qu’on expose et vende notre culture. Parce que je sais que Hearst est une ville très accueillante et si cela se fait, les gens vont s’adapter. Comme nous sommes tous africains, on doit vendre notre culture soit par la cuisine, l’habillement et toutes nos valeurs en tant que personnes noires (…).»
Après avoir vécu 10 ans à Hearst, Jerry S. Ferguson considère également que cette période du Mois de l’histoire des Noirs est un bon moment pour sensibiliser toutes les personnes d’origine noire vivant dans la région, qu’elles soient nouvelles ou établies depuis longtemps, à respecter les lois du permis et de l’interdit mises en place par le gouvernement du Canada, afin de vivre en harmonie et en paix, sans être confrontées à aucune difficulté.
«Mon message aux jeunes de la communauté noire de Hearst est de les inviter à respecter la loi canadienne, éviter tout ce qui est illégal et de servir la communauté de Hearst, parce que Hearst nous a beaucoup donnés. Et puis, comme moi je le fais, quand je vois les nouveaux arrivants, je les accueille et je fais de mon mieux pour les aider. On doit ouvrir nos portes aux nouveaux arrivants, on doit être accueillant envers eux pour leur faciliter l’intégration (…).»
M. Ferguson est revenu sur son parcours et son vécu dans le Nord de l’Ontario au cours de cette décennie, en rappelant qu’il est venu s’installer à Hearst avec sa famille grâce à l’aide d’un groupe de personnes établies sous le nom de «Hearst Welcoming Committee». Il a nommé l’ancien recteur de l’Université de Hearst, Luc Bussières, ainsi que de nombreux autres membres de la communauté qui ont posé un acte humanitaire en leur faveur, leur permettant de venir s’installer au Canada.
Il travaille chez Colombia Forest Products depuis janvier 2017, en alternant ce poste avec ses activités de bénévolat au sein de la communauté.
Pour lui, «c’est sa passion de s’engager dans toutes les activités facilitant la vie de tous», et c’est quelque chose qu’il a commencé bien avant sa présence à Hearst, car dans le passé, il a été pendant six ans le président des réfugiés libériens de la Côte d’Ivoire.
