Mais à force de vouloir tout optimiser, que reste-t-il de notre humanité ?
Depuis toujours, la science avance plus vite que notre sagesse. On rêve de maîtriser la vie comme on programme un logiciel. Pourtant, ce rêve s’appuie sur une illusion : celle que tout ce qui est possible mérite d’être fait. Et derrière cette illusion se cache souvent une peur —celle d’être imparfaits, fragiles, limités.
Ce que nous oublions, c’est que l’intelligence réelle naît de la relation, pas du contrôle. L’enfant qui apprend à parler ne le fait pas parce qu’il est programmé pour réussir, mais parce qu’il est aimé, écouté, entouré. La relation est le premier et le plus grand des langages.
De la même façon, l’intelligence artificielle, les biotechnologies, les robots n’ont de sens que s’ils approfondissent notre capacité à être en relation avec le vivant, avec nous-mêmes, avec la Terre. Si au contraire ils nous éloignent du sensible, du doute, du care (c’est-à-dire une attention bienveillante envers le monde et ceux qui le partagent), ils risquent de nous rendre plus puissants, mais moins humains.
Ce que nous tenterons de faire ici, humblement, c’est de regarder le monde sans cynisme, sans panique, mais avec lucidité et bienveillance. D’explorer ensemble les récits qui nous gouvernent, et peut-être, d’en semer d’autres —plus vivants, plus justes, plus vrais.
Parce que demain, ce n’est pas plus tard.
Demain, c’est maintenant.
— Marc Bédard et Kai
