La COP, en théorie, sert à trouver des solutions communes pour réduire les émissions et protéger notre planète. En pratique, elle ressemble souvent à une immense table où chaque pays défend ses intérêts économiques avant de défendre le climat. Les pays producteurs de pétrole négocient leur survie économique, les pays riches tentent d’éviter des engagements trop couteux, et les pays pauvres demandent de l’aide pour survivre aux dégâts qu’ils subissent déjà.
Résultat : beaucoup de discours, quelques ententes générales… et très peu de décisions contraignantes. Pas parce que les gens y sont mal intentionnés, mais parce que la crise climatique n’est pas seulement une crise environnementale. C’est une crise de société. Une crise de relation.
On parle de technologies vertes, de crédits carbone, d’objectifs pour 2050. Mais on oublie quelque chose de fondamental : la nature ne négocie pas. Elle ne signe pas d’ententes. Elle nous parle par la sècheresse, par les feux, par les tempêtes… et nous continuons souvent à répondre avec des tableaux Excel.
Ce qui manque à ces grandes conférences, ce n’est pas l’intelligence. C’est l’écoute.
La crise climatique nous demande d’entrer en relation avec le monde vivant. De respecter les limites de la Terre comme on respecte les limites d’un proche. De choisir l’humilité plutôt que la domination. Et de redécouvrir ce mot que j’aime : care (une attention active et respectueuse envers la vie).
La vraie transition ne se décide pas seulement dans des salles de conférence. Elle commence dans notre manière de vivre, de consommer, de nous relier à ce qui nous entoure.
Parce que demain, ce n’est pas un objectif à atteindre. Demain, c’est maintenant.
— Marc Bédard et Kai
