Les audits publiés par le Bureau du vérificateur général de l’Ontario concernent le Bureau des obligations familiales, la délivrance des permis de conduire des camions lourds commerciaux, les besoins en éducation de l’enfance en difficulté ainsi que l’utilisation de l’intelligence artificielle au sein du gouvernement ontarien.
«Ces rapports spéciaux contiennent des recommandations en vue d’apporter des améliorations pour renforcer la surveillance, hausser la cohérence et améliorer la prestation de services dans le cadre de programmes qui comptent vraiment pour les Ontariennes et les Ontariens», a déclaré la vérificatrice générale, Shelley Spence.
Dans son rapport sur le Bureau des obligations familiales (BOF), l’audit conclut que les familles devaient attendre en moyenne huit mois et demi avant qu’une ordonnance alimentaire soit inscrite et qu’un premier paiement soit versé par l’entremise du programme.
Il est à noter qu’au 31 mars 2025, les payeurs devaient près de 2,1 milliards de dollars aux bénéficiaires ayant des dossiers actifs.
Quelques incohérences ont été remarquées, notamment dans l’application des mesures d’exécution liées aux paiements en souffrance, révélant que 43 anciens employés du BOF avaient toujours accès à des bases de données contenant des renseignements personnels d’Ontariens.
Permis de camions sous critique
Concernant la délivrance des permis de conduire des camions lourds commerciaux, l’audit révèle plusieurs failles dans les mécanismes de contrôle entourant la formation, l’évaluation et l’octroi des permis.
Les camions lourds commerciaux ont été impliqués dans 12 % des collisions mortelles en Ontario entre 2019 et 2023, bien qu’ils ne représentent que 3 % des véhicules circulant sur les routes provinciales.
Or, l’audit a dévoilé que le ministère des Collèges, des Universités, de l’Excellence en recherche et de la Sécurité n’avait jamais inspecté 25 % des collèges privés d’enseignement professionnel offrant activement une formation des conducteurs débutants.
Ce qui sous-entend que certains étudiants auraient obtenu une attestation sans avoir complété la formation obligatoire ni accumulé le nombre d’heures requis.
Le rapport fait également état d’incohérences dans les examens de conduite administrés dans les centres Test au Volant, et puis il y a des conducteurs qui ont pu obtenir un permis sans respecter une période d’attente après l’obtention d’un permis de catégorie G ou malgré des infractions antérieures.
Éducation et IA dans la mire
En plus, des difficultés liées aux besoins en éducation de l’enfance ont été mises en lumière avec de longs délais pour accéder à des évaluations spécialisées. Selon l’audit, environ le tiers des élèves concernés ont attendu plus d’un an avant de recevoir une évaluation officielle.
Autrement dit, plusieurs plans d’éducation examinés ne comportaient pas d’objectifs mesurables, manquaient d’individualisation et ne consignaient pas systématiquement les commentaires des parents ou des tuteurs.
Le rapport a indiqué que dans 49 % à 72 % des cas, les absences d’aide-enseignant n’étaient pas remplacées par des substituts qualifiés, limitant ainsi le soutien offert aux élèves. Certains élèves ayant des besoins particuliers auraient aussi été renvoyés à la maison ou invités à y rester, sans qu’aucun suivi officiel de ces situations ne soit effectué.
Enfin, l’utilisation de l’intelligence artificielle au sein du gouvernement de l’Ontario s’intéresse aux méthodes d’acquisition et d’utilisation des systèmes d’IA dans l’ensemble de la fonction publique ontarienne.
L’audit a indiqué que des employés accédaient à des sites web d’IA peu sécuritaires ou non sécurisés, augmentant les risques de divulgation non autorisée de données. Seulement 3 % du personnel avait suivi la formation sur l’utilisation responsable de l’IA, laquelle n’est pas obligatoire.
Les vérificateurs ont aussi décelé des lacunes dans les pratiques d’approvisionnement, notamment en ce qui concerne la validation des tests des fournisseurs, les évaluations de sécurité, les tests sur les biais et les démonstrations des systèmes Scribe IA utilisés dans le secteur des soins de santé.
Selon le Bureau du vérificateur général, la stratégie ontarienne en matière d’intelligence artificielle omet plusieurs composantes présentes dans les stratégies adoptées par d’autres administrations.
Dans l’ensemble de ces quatre rapports, Shelley Spence a insisté sur l’importance d’une surveillance claire, de pratiques uniformes et d’un suivi rigoureux afin de garantir que les programmes publics atteignent les objectifs établis. Le Bureau prévoit effectuer un suivi de la mise en œuvre de ses recommandations dans un délai de deux ans.
Guy Bourgouin réclame des actions concrètes
Le député provincial Guy Bourgouin a vivement réagi à ce rapport, publié la semaine dernière, affirmant que tout ce qu’il dénonçait depuis des années à propos des routes du Nord, plus précisément ce que les communautés vivent et voient comme accidents sur les routes 11 et 17 à cause de l’insécurité sur les routes, vient d’être confirmé.
Malgré que ce rapport a édifié sur de nombreux aspects distincts, M. Bourgouin a pointé de plus son doigt sur la délivrance des permis de conduire des camions lourds commerciaux, faisant peut-être une grande partie des causes néfastes sur l’insécurité routière dans le Nord de l’Ontario.
Pour le député, c’est bien beau que le gouvernement dise qu’il a accepté l’ensemble des recommandations faites par la vérificatrice, mais encore faut-il les prendre en compte.
«Le rapport a dit que 12 % de ces accidents de camions là sont mortels. Ça vient renforcer ce qu’on dit tout le temps. Ce rapport a été déposé à Queen’s Park et on a posé des questions là-dessus (…)», a raconté M. Bourgouin, invitant la province à agir avec des mesures concrètes.
