Étant la première femme pompière du Nord de l’Ontario, Marie-Josée avait fourni son formulaire d’inscription en janvier 1985, mais elle a commencé à exercer quatre mois plus tard, soit en mai, alors qu’elle venait d’avoir 16 ans. À l’époque, il fallait être âgé de plus de 15 ans pour devenir pompier junior.
Durant toutes ces années de travail au Service des incendies, Marie-Josée Boucher a franchi plusieurs étapes, en commençant comme pompière junior, puis lieutenante. Elle a également assuré la formation des nouvelles recrues, occupé le poste de capitaine et travaillé comme cheffe intérimaire pendant quelques mois afin de remplacer son chef lors de ses déplacements.
«J’aime penser que j’ai fait une différence dans notre département et puis être une femme dans un département d’hommes ce n’est pas vraiment évident. Je lève mon chapeau à toutes les femmes qui veulent se joindre ou se sont jointes à d’autres départements, ou même n’importe quelle autre femme qui se joint dans un travail typiquement homme (…). Il y a encore beaucoup d’obstacles que les femmes doivent traverser pour prendre leur place, démontrer qu’elles sont capables ou prouver leurs compétences.»
À la suite de l’incendie du commerce familial survenu il y a quelques jours et qui a causé d’énormes dégâts, Mme Boucher Basque a soumis sa démission officielle au chef en l’informant qu’elle se retirait définitivement du département.
«Je pense que j’ai donné tout ce que je pouvais avec toutes les années et, là, je suis prête à laisser ma place. C’est dur parce que le département, c’est ma grosse famille de jeunesse. J’ai commencé à aller dans cette caserne-là quand ils l’ont bâtie alors que j’avais 9 ans, et mon père aussi était pompier (…).»
Marie-Josée se souvient du premier party de pompiers organisé à la caserne lorsqu’elle avait 9 ans. Ce jour-là, elle a remporté le prix de présence, soit un chapeau de pompier muni d’une lumière rouge rotative et d’une alarme sur le dessus.
«J’ai joué avec ce chapeau-là et je l’ai encore. Si la maison de chez nous brûlait, ça serait l’une des premières choses que je sortirais. Pour moi, les pompiers, c’est dans mon sang et ça fait partie de ma vie (…). Ça fait plus de la moitié de ma vie que je suis dans les pompiers, je suis rendue à 57 (…).»
Évidemment, Marie-Josée Boucher Basque s’est dite très fière de toutes les distinctions et médailles qu’elle a obtenues au fil des années dans ce métier. Elle a expliqué que son retrait était lié à des difficultés liées à sa santé et qu’elle avait d’ailleurs pris du temps «off» depuis Noël dernier afin de prendre soin d’elle.
