L’Université de l’Ontario français (UOF), l’Université d’Ottawa ainsi que l’Université de Hearst sont très actives en faisant chaque année des échanges d’étudiants, ce qui permet à ces derniers d’accéder à des formations, des expertises et des infrastructures différentes qui peuvent enrichir leur parcours et leurs compétences.
Patrice Villeneuve, étudiant à l’Université de Hearst dans le programme Enjeux humains et sociaux, nous a parlé de son voyage en France pour une session d’étude dans le cadre du programme de mobilité étudiante en partenariat actif entre l’Université de Bretagne Sud et l’Université de Hearst.
À propos de son séjour en France l’année dernière, Patricie Villeneuve admet qu’il savait que c’était quelque chose qui existait avant d’entrer à l’université. Il avait même discuté de ce sujet avec sa mère avant même de commencer ses études postsecondaires, ainsi qu’avec d’anciens étudiants ayant déjà participé à ce programme et qui ont une certaine expérience. Malgré tout, il pense que c’est un programme assez nouveau.
«J’ai même planifié d’aller l’année dernière, mais avec ma sœur Laurence qui est arrivée à l’université. J’ai décidé de l’attendre parce que, elle, l’année dernière c’était sa première année à l’université. Et puis, il faut qu’au moins ça soit ta deuxième année pour pouvoir faire le programme d’échange. Donc, j’ai décidé de l’attendre une année de plus pour qu’on puisse aller ensemble.»
Pendant tout l’automne 2025, Patrice a suivi sa session au campus de Lorient, étant donné que l’Université de Bretagne Sud compte deux autres campus dans les villes de Vannes et Pontivy, ce qui en fait trois au total.
Rappelons qu’en septembre 2024, Universités Canada et France Universités ont signé à Toulouse un protocole d’entente pour renforcer la collaboration stratégique entre les établissements d’enseignement supérieur des deux pays. L’accord vise notamment à accroître la mobilité étudiante, la coopération en recherche, la sécurité de la recherche et la création de programmes conjoints.
En ce qui concerne le mode de fonctionnement des deux établissements, Patrice a souligné une très grande différence entre les deux systèmes sur beaucoup d’éléments.
«Une des choses que j’ai remarquées, premièrement, c’est plus difficile là-bas. Non seulement, pour les évaluations, c’est régulier, et c’est certain que c’est une expérience différente entre les cours en bloc et les cours en mode semestriel. Je suppose que l’expérience entre l’Université de Toronto et l’Université d’Ottawa ou McGill serait similaire à celle qu’on retrouve en France. Mais je sais que les Français ont une réputation d’avoir aussi un système éducatif assez coriace (…).»
Il a précisé que leur programme d’étude est un peu chargé, avec beaucoup de dissertations et d’évaluations écrites, ajoutant qu’une autre des différences qu’il a remarquées est qu’il n’y a pratiquement aucune évaluation, par exemple à distance ou par devoir. Mais à chaque fois qu’on évaluait, confie-t-il, c’était toujours sur un travail écrit, c’est-à-dire que c’était écrit avec papier et crayon, pas sur un ordinateur, et il n’y a pas non plus aucune manière de tricher.
«Que ce soit un examen, une évaluation ou un quiz, c’est papier et crayon, c’est en personne et c’est parfois aussi par surprise. Donc, ça évalue vraiment les connaissances des élèves et puis ça évalue s’ils portent attention pendant les cours. Ça, c’est intéressant (…)», a-t-il expliqué.
En outre, M. Villeneuve a constaté également des choses assez particulières dans les relations entre les professeurs et les étudiants, et pas juste en termes d’interactions.
«Mais, j’ai l’impression qu’il y a ce qui s’appelle une administration verticale, vraiment une hiérarchie bien respectée. À l’université, par exemple, il y avait l’administration, et puis il y avait les professeurs qui font les programmes, les professeurs qui enseignent et ensuite les étudiants. Mais, en tant qu’étudiant, tu fais affaire seulement avec ton supérieur immédiat, qui est ton professeur. Tu ne peux pas forcément poser de questions à l’administration ou remettre en cause ta note ou les méthodes d’évaluation du professeur (…)».
De plus, l’étudiant soutient que tout est très encadré et qu’on lui a dit à plusieurs reprises : «on ne fera pas d’exception pour vous». Il a l’impression que les professeurs notent avec beaucoup de subjectivité parce qu’il n’y a pas autant de responsabilisation, d’ouverture ou de transparence par rapport au mode d’évaluation.
En comparant le système éducatif canadien et celui de la France, Patrice relève l’existence d’une différence très manifeste, car, dit-il, par exemple ici on a beaucoup de grilles d’évaluation.
«Quand on évalue votre travail, à la fin on reçoit notre note, on peut savoir exactement où on a perdu des points, où est-ce qu’on peut s’améliorer. Tandis qu’il n’y a pas de ça vraiment à l’université en France. Le professeur va te donner ta note et puis, peu importe, tu n’as pas la flexibilité de lui poser des questions ou d’avoir des justifications (…)»
Toutefois, l’étudiant a bien apprécié la session qu’il a effectuée à l’Université de Bretagne Sud, tout en reconnaissant que le temps qu’il a passé au campus de Lorient va absolument contribuer au reste de son cursus académique.
«Là-bas, j’ai eu l’opportunité d’étudier des histoires qui m’ont toujours fasciné. Et puis, vraiment, j’étais agréablement surpris par un programme historique à quel point, ça peut être plaisant. Ce que j’ai surtout développé, je dirais, c’est l’autonomie. Pas juste être confronté à ce système semestriel, mais aussi être dans un nouvel environnement, loin de la maison où j’ai dû apprendre pour la première fois à m’arranger seul. Et pas juste l’école, mais la vie de tous les jours, faire l’épicerie, préparer de la nourriture, se déplacer et participer à toutes les activités. C’était une différence vraiment enrichissante (…).»
M. Villeneuve trouve qu’il y a beaucoup de démarches à franchir avant l’obtention du visa, sur un long processus qui oblige forcément des déplacements jusqu’à Toronto pour des tests biométriques et autres (…), ce qu’il considère comme faisant partie de l’un des défis concernant le programme de mobilité étudiante.
«J’ai profité de cette expérience pour voyager. Et puis n’importe qui, qui aime voyager ou visiter des villes, ça, c’est une belle opportunité. Souvent, ma sœur et moi, un weekend sur deux, par exemple, on sortait de la ville et on prenait le train (…). C’était super, j’ai pu visiter plusieurs villes.»
