La motivation de ces trois Béninois, Fabiole Adonon, Holy-Abel N’Labetcho et Maurice Narcisse, s’explique, selon ce dernier qui a présenté l’initiative à ses camarades, par les crises actuelles qui touchent le monde entier, qu’elles soient géopolitiques, militaires ou sécuritaires, et dont l’ampleur est particulièrement préoccupante.
«Donc, c’est vraiment le moment, en tant qu’étudiant, d’être engagé. En tout cas, je pense que c’est le moment de s’engager dans des causes qui nous tiennent à cœur. Peu importe la cause, ça peut en être une environnementale, mais aussi dans les causes humanitaires, pourquoi pas, ou bien dans l’éducation. C’est vraiment de là qu’est venue notre réelle motivation», explique Maurice.
Il est parti en vacances de six semaines au Bénin l’été dernier, en juillet, après être resté trois ans et demi sans y retourner. Cette occasion lui a permis de visiter quelques centres accueillant des enfants handicapés. Une fois rentré au Canada, explique M. Narcisse, il en a discuté avec ses deux collègues afin d’organiser un voyage humanitaire, et ces derniers ont accepté.
«C’est grâce à mes contacts sur le terrain que l’idée est venue, mais je pense que c’est nous tous qui sommes à la base de ce projet. C’est un travail d’équipe et nous travaillons à trois ensemble.»
Pour la réalisation de leur projet, ils ont ouvert une cagnotte visant à atteindre 5000 dollars d’ici le 21 décembre. Mais pour le moment, ils n’ont recueilli que 1280 dollars.
«Je sais que c’est ambitieux, mais on a reçu quand même beaucoup de dons venant de l’Université de Hearst et aussi nos camarades de classe. On a pu récolter ça en deux semaines, c’est impressionnant. Je tiens à remercier toutes ces personnes-là, tous nos donateurs (…). C’est bien apprécié de leur part.»
Dans leur campagne publicitaire, Maurice et ses collègues précisent qu’ils apporteront de l’alimentation à des familles ou bien des centres accueillant des enfants handicapés ou des orphelinats qui s’occupent des enfants défavorisés.
«Quand on parle d’alimentation, on va acheter des sacs de riz, de maïs, d’huile et tout ce qui est utilisé dans la consommation de base. À part ça, aussi, on est en train de faire des collectes de vêtements. On en arrive à recevoir beaucoup de dons de vêtements et donc, on va amener tout ça avec nous et on va le distribuer à ces enfants. On pense également distribuer des fournitures scolaires à des enfants qui sont dans le besoin et qui n’ont pas de moyens.»
À cela s’ajoute que les trois étudiants prévoient également offrir des lampes solaires à des enfants vivant dans des zones du Bénin qui ne sont pas totalement desservies par l’électricité. D’après M. Narcisse, ces enfants défavorisés peuvent parfois être en classes d’examen sans disposer de lumière pour étudier la nuit. Cette aide leur permettra de se consacrer à leurs études en toute sérénité.
«On va organiser en même temps une fête de Noël pour les enfants. Donc, on va rester avec eux, faire des activités pour créer de bons souvenirs pour ces enfants-là qui n’ont pas les moyens pour vivre un Noël digne de son nom. Voilà un peu comment se structurent nos activités concrètement et on travaille déjà pour mettre tout ça en place (…).»
Afin d’assurer le bon déroulement des activités prévues, Maurice et ses deux compatriotes ont tout planifié en amont. Ils ont échangé par courriel avec les ONG sur place et déjà organisé quatre réunions sur Zoom afin de préparer soigneusement leur projet humanitaire.
«Nous, on a déjà rentré en contact avec des centres qu’on a sélectionnés. On travaille déjà dans l’organisation, par exemple de la fête de Noël, parce que c’est la première des activités qu’on fera une fois sur le terrain, le 25 décembre. Et aussi, pour nos autres activités, on travaille maintenant en collaboration avec deux ONG, qui travaillent dans le domaine humanitaire au Bénin, qui ont beaucoup d’expérience et qui ont accepté de collaborer avec nous.»
