Le projet de loi, présenté par la porte-parole libérale en matière d’Affaires francophones, Lucille Collard, visait à offrir un cadre de soutien aux librairies de langue française de la province, considérées comme des lieux essentiels de diffusion culturelle, d’éducation et de rassemblement communautaire.
Mme Collard a exprimé sa « profonde déception », jugeant que le gouvernement «a manqué une occasion historique de défendre la culture franco-ontarienne».
Selon les libéraux, ces librairies jouent un rôle majeur dans l’accès aux ouvrages et maisons d’édition francophones, dans l’éducation des jeunes lecteurs et dans le maintien de la vitalité linguistique des communautés. Il y a quinze ans, l’Ontario comptait une douzaine de librairies francophones ; il n’en reste aujourd’hui que trois, dont la survie serait de plus en plus menacée.
« Les libraires nous ont clairement dit qu’ils avaient besoin de cette loi pour survivre », a affirmé la porte-parole du Parti libéral de l’Ontario, reprochant au gouvernement de « tourner le dos aux communautés francophones » en refusant d’intervenir.
Elle soutient que le projet n’était pas partisan, mais relevait plutôt d’un « enjeu de justice économique et culturelle ».
Les libéraux comparent également la situation ontarienne à celle du Québec, où une législation protège les librairies indépendantes depuis près de 45 ans, contribuant à la solidité du réseau actuel.
Cependant, si elle était adoptée comme le voudrait Lucille Collard, cette loi obligerait la ministre des Affaires francophones à désigner un registraire chargé d’accréditer les librairies franco-ontariennes. Une fois accréditées, celles-ci deviendraient la principale source d’approvisionnement en matériel en français pour les institutions financées par des fonds publics en Ontario, notamment les écoles, les bibliothèques et les universités.
Pour garantir une concurrence loyale, cette loi aurait interdit toute stratégie de prix prédateurs ou tout avantage dissimulé offert par les vendeurs de livres. Le non-respect de ces règles pourrait entrainer la révocation de l’accréditation d’une librairie.
En outre, ce projet de loi prévoirait également la possibilité de créer un Fonds de soutien aux librairies franco-ontariennes, destiné à appuyer leur modernisation, leur virage numérique et leurs activités de rayonnement au sein des communautés.
Le gouvernement Ford, quant à lui, n’a pas encore expliqué publiquement pourquoi il a choisi de ne pas appuyer cette initiative. De leur côté, les libéraux affirment qu’ils continueront de défendre les intérêts des communautés franco-ontariennes et de promouvoir la culture et la littérature d’expression française dans la province.
Dans la même perspective, le projet de loi 49, présenté par Guy Bourgouin, député néodémocrate de la circonscription ontarienne de Mushkegowuk-Baie James dont l’objectif était de rendre les routes du Nord plus sures, a également été rejeté par le gouvernement de l’Ontario.
La première réaction du député a été de rappeler que les communautés du Nord de l’Ontario méritent davantage de sécurité routière, particulièrement sur les routes 11 et 17. « Le gouvernement a peut-être rejeté mon projet de loi, mais les familles du Nord méritent des routes plus sécuritaires, et je ne vais pas abandonner. La lutte continue. »
Selon M. Bourgouin, les conservateurs sont contre son projet de loi, tout comme d’autres initiatives concernant le Nord, y compris des questions liées aux compétences professionnelles et au débat sur la foresterie.
