Lors de la reprise des activités à l’Assemblée législative, le premier ministre Doug Ford a présenté ce projet de loi le 20 octobre dernier, alors que de nombreux radars sont installés presque partout dans la province, notamment aux abords des écoles pour assurer la sécurité routière.
Dans le Nord de l’Ontario, de nombreux élus se sont opposés à cette annulation. Plus particulièrement, la Fédération des municipalités du nord de l’Ontario (FONOM), ainsi que l’Association des municipalités de l’Ontario (AMO) et le maire de Hearst ont exprimé leur vive inquiétude face à cette décision.
Après avoir envisagé de tourner la page sur les radars automatiques municipaux, ce qu’il avait annoncé dans un communiqué publié le 25 septembre dernier, le gouvernement de l’Ontario créera plutôt un nouveau fonds provincial pour aider les municipalités concernées à mettre en œuvre des mesures alternatives visant à améliorer la sécurité routière.
Ces mesures incluront notamment des dispositifs proactifs d’apaisement de la circulation, comme les dos-d’âne, les rondpoints, les passages piétons surélevés et les avancées de trottoir, ainsi que des actions de sensibilisation du public et une meilleure signalisation afin d’inciter les conducteurs à ralentir.
Selon le premier ministre Doug Ford, cette décision mettra fin à une pratique devenue «une source de revenus» pour les municipalités.
«À une époque où tous les ordres de gouvernement devraient tout mettre en œuvre pour réduire les couts et rendre la vie plus abordable, trop de municipalités utilisent les radars automatiques comme une source de revenus. Trop, c’est trop. Au lieu de rendre la vie plus chère en envoyant des contraventions pour excès de vitesse aux conducteurs des semaines après les faits, nous soutenons les mesures de sécurité routière qui permettront de prévenir les excès de vitesse dès le départ, de réduire les couts et d’assurer la sécurité de nos rues», a déclaré M. Ford.
Quant au ministre des Transports, Prabmeet Sarkaria, principal concerné, il a défendu la mesure du premier ministre en affirmant que les radars «ne sont plus qu’un outil de génération de revenus». Il a insisté sur la volonté du gouvernement de «protéger véritablement la sécurité de tous les Ontariens» tout en collaborant avec les municipalités.
Les élus du Nord dénoncent cette décision
Par contre, la Fédération des municipalités du Nord de l’Ontario (FONOM) ne partage pas la même position que la province concernant son intention de déposer un projet de loi interdisant aux municipalités d’utiliser des caméras de contrôle automatisé de la vitesse (CAV) dans les zones de sécurité communautaire et les zones scolaires.
Elle a exprimé sa profonde inquiétude à la suite de l’annonce du gouvernement de l’Ontario dans un communiqué publié mercredi dernier.
Dans sa réaction, l’organisme a reconnu que, même si le gouvernement a présenté ce projet de loi à l’Assemblée législative le 20 octobre, il estime qu’une telle interdiction nuirait aux efforts des municipalités visant à améliorer la sécurité routière et à protéger les enfants et les piétons dans les collectivités du Nord.
«Le contrôle automatisé de la vitesse est un outil efficace, fondé sur des données, qui rend nos routes plus sûres», soutient Dave Plourde tout en précisant que ces caméras aident à réduire la vitesse, à assurer la protection des élèves près des écoles et à soutenir les services policiers, déjà confrontés à un manque de ressources dans tout le nord de l’Ontario.
Il s’agit de sécurité, pas de politique
De plus, les élus ont mentionné que l’annulation de ces programmes créerait des fardeaux financiers et administratifs inutiles pour les gouvernements locaux. En effet, plusieurs municipalités du nord de l’Ontario, dont la Ville du Grand Sudbury, ont déjà investi dans des programmes de caméras de contrôle automatisé de la vitesse (CAV) et signé des ententes à long terme pour la location d’équipement et le traitement des infractions.
En outre, la FONOM encourage le gouvernement à travailler avec les municipalités afin de perfectionner le programme de CAV plutôt que de l’abolir. L’organisme se dit également prêt à engager un dialogue constructif avec le ministère des Transports et les autres partenaires provinciaux afin de trouver des solutions dans l’intérêt de tous, pour améliorer la sécurité routière et protéger l’ensemble des usagers de la route dans le nord de l’Ontario.
Dans son côté, l’Association des municipalités de l’Ontario (AMO) a également exprimé sa déception face au plan provincial, soulignant que les caméras de CAV ont démontré leur efficacité en matière de sécurité routière et qu’elles sont neutres sur le plan des couts pour les contribuables, puisqu’elles sont financées par les contrevenants et non par les résidents.
Le maire de Hearst conteste l’idée et plaide pour avoir un stationnement de camions
Roger Sigouin, maire de Hearst, a confié au journal Le Nord son désaccord à la suite de l’annonce provinciale, soutenant que ces radars devraient demeurer en place afin d’aider les collectivités à renforcer la sécurité.
À Hearst, les radars installés servent à indiquer la vitesse aux conducteurs — sans émettre d’amendes ni enregistrer d’images. Contrairement aux caméras de contrôle automatisé de la vitesse visées par la nouvelle interdiction provinciale, ces dispositifs sont utilisés à des fins préventives pour améliorer la sécurité routière locale.
Dans cette même perspective liée à la sécurité routière, M. Sigouin a souligné «sa déception» lors de sa rencontre avec le ministère des Transports.
«La semaine passée, j’ai rencontré le ministère des Transports. Ils n’ont pas de grosses solutions pour nous autres encore. Surtout le coin de Hearst. Je n’étais pas trop content d’entendre ça. Je vais continuer à les talonner : on veut avoir un plus gros stationnement pour les camions ici à Hearst. Ils n’ont pas dit non, mais eux autres ils veulent avoir un partenariat avec le privé (…).»
Dans sa perception, le maire de Hearst croit que la province n’a pas encore intégré cette idée dans sa vision. «Il me semble que cela fait très longtemps qu’on parle des problèmes de trafic dans le nord de l’Ontario», affirme Roger Sigouin.
Le maire souligne que, depuis assez longtemps, le nord de l’Ontario est confronté à un problème de trafic. Lui, il souhaite avant tout assurer la sécurité dans sa communauté, car si les routes sont bloquées, les ambulances ne peuvent pas circuler, les pompiers ne peuvent aller nulle part. C’est pourquoi il plaide auprès du ministère des Transports pour la création d’un grand stationnement pouvant accommoder les camions à Hearst.
Je vais rencontrer le ministre des Transports, Prabmeet Sarkaria, on se fait des rendez-vous avec lui pour janvier ou février. Il ne faut pas lâcher, c’est une bataille continue dans le Nord.
Concernant le projet de loi présenté à l’Assemblée législative la semaine dernière visant à interdire aux municipalités d’utiliser des caméras de contrôle automatisé de la vitesse (CAV), M. Sigouin a réaffirmé fermement son désaccord.
Si elle est adoptée, la nouvelle loi interdira l’utilisation des radars municipaux en Ontario dès qu’elle sera approuvée et deviendra officielle. La province exigera également que les municipalités déjà équipées de radars dans les zones scolaires installent, d’ici la mi-novembre 2025, de grands panneaux visant à inciter les conducteurs à ralentir.
Des grands panneaux permanents munis de feux clignotants devront ensuite être en place d’ici septembre 2026.
