Fabien Hébert, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, était l’invité de notre émission L’info sur la loupe afin de présenter les détails de l’Entente Canada–Ontario et d’aborder les enjeux liés aux conseils scolaires.
Un financement pour soutenir l’éducation en français
« Premièrement, ce que les gens doivent comprendre, c’est que dans cette entente-là, on voit le financement attribué à l’Ontario doublé. Je pense que, vraiment, c’est la partie la plus importante. C’est le fun quand le gouvernement nous donne de l’argent pour offrir plus de services », explique M. Hébert.
« J’étais présent à l’annonce du ministre, et l’Ontario était présent avec les gens du fédéral », dit-il. Par ailleurs, selon le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, cette entente va affecter tous les services au niveau de l’éducation : de la garderie et la petite enfance jusqu’au postsecondaire.
« C’est-à-dire que cet argent-là va venir aider à financer des programmes de garderie dans des écoles qui sont offertes maintenant. Ça va venir aider les écoles à offrir les programmes de garderie d’immersion ou des places de garderie en français dans les écoles. Il y a aussi du financement qui va aller pour le postsecondaire, dont les programmes universitaires, mais clairement la majorité du programme est ciblée vers l’éducation du français. Soit comme langue primaire ou comme langue secondaire. »
Des fonds consacrés aux programmes francophones et d’immersion
D’après M. Hébert, la demande pour les programmes d’immersion en français a doublé dans les 20 dernières années en Ontario. Donc, il y a un grand intérêt maintenant, indique-t-il, de la communauté anglophone à apprendre le français et à s’assurer que leurs enfants puissent avoir des habiletés pour communiquer dans les deux langues. Selon lui, c’est cela qui se reflète dans l’intérêt pour les programmes d’immersion.
Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario a souligné que la somme de 523 millions de dollars que le gouvernement fédéral a attribuée à la province de l’Ontario est un programme d’une durée de quatre ans.
« L’enveloppe que le gouvernement canadien a donnée, ça représente 1,4 milliard de dollars. Sur cette somme-là, les 523 millions viennent en Ontario. Un peu plus d’un tiers de cette enveloppe. »
En outre, Fabien Hébert a précisé qu’il n’a pas encore accès à tous les détails de l’entente Canada–Ontario.
« Ce que je sais, c’est que le gouvernement du Canada, par l’entremise de son programme des langues officielles, a une obligation de financer les programmes pour assurer l’épanouissement des langues secondes. Donc, le français ailleurs au Canada et l’anglais au Québec. »
Des investissements pour renforcer l’apprentissage du français
M. Hébert a mentionné que le ministre de l’Éducation de l’Ontario, Paul Calandra, n’a aucune intention de s’attaquer aux droits constitutionnels attribués aux francophones de l’Ontario, que ce soit avec cette enveloppe-là ou d’autres fonds.
« On sait que présentement, en Ontario, le gouvernement provincial a établi une loi qui vise à donner plus de pouvoirs au ministère de l’Éducation quand ça arrive à la gestion des conseils scolaires. Les conseils scolaires francophones ne voulaient pas voir leurs pouvoirs réduits (…). Mais, à cette annonce-là particulièrement j’étais présent. Il a clairement stipulé que les droits éducationnels, ce sont des droits qui sont acquis au niveau de la constitution. Et qu’il n’a pas l’intention de s’attaquer à ça. Par contre, s’il y a une mauvaise gestion à l’intérieur de n’importe quel conseil scolaire, que ce soit francophone ou anglophone, le ministre de l’Éducation pourra se donner des pouvoirs pour être capable de redresser la situation. »
Ce qui a été mentionné lors de l’annonce de ce financement, dit le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, c’est que les conseils scolaires francophones en Ontario performent extrêmement bien et, d’après le ministre, beaucoup mieux que les conseils anglophones.
M. Hébert a rappelé que l’un des objectifs principaux du projet de loi 33 est de renforcer le contrôle du ministre de l’Éducation en lui permettant de donner des directives aux conseils scolaires dans l’intérêt public et, en cas de désaccord, de pouvoir intervenir pour prendre le contrôle du conseil.
Selon lui, ce projet veut aussi que les conseils scolaires anglophones dans la province soient beaucoup moins nombreux que les conseils francophones.
« Je n’ai pas les chiffres, mais on parle d’environ soixante-quinze conseils scolaires anglophones en Ontario, en comparaison à une quinzaine pour les francophones. Il y a certainement des remaniements que le ministre veut faire (…). Je donne l’exemple concret de ce qu’il a dit. Les conseils scolaires francophones sont en expansion. Il y a des conseils scolaires anglophones qui ont des écoles qui sont vides. Mais, ils refusent de les transférer aux conseils scolaires francophones et, ça, ce n’est pas acceptable. » Ce que dit le ministre, explique M. Hébert, c’est que la loi 33 lui donnerait le pouvoir de reprendre les institutions scolaires anglophones qui ne fonctionnent plus pour les confier aux conseils francophones, afin qu’ils puissent répondre aux besoins de leurs régions au lieu de construire d’autres établissements, ce qui pourrait coûter des centaines de millions de dollars.
Certaines personnes déplorent un peu le fait de prendre les vieilles écoles anglophones et de les transformer pour offrir des services en français. Toutefois, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario ne partage pas cette opinion.
« Pour moi, l’accès à l’éducation en français dans un établissement qui est un peu vieux est mieux que, de un, ne pas l’avoir. De deux, de l’avoir dans un endroit qui n’est pas encore pas mieux. Et puis, éventuellement quand cette école-là va se remplir, il y aura certainement les arguments pour faire une construction neuve. Et il y aura la démonstration des besoins dans la région. Moi, je pense qu’on procède par étape. »
