le Mercredi 3 juin 2026
le Jeudi 25 septembre 2025 14:02 | mis à jour le 30 septembre 2025 14:27 Provincial

Drapeau franco : éducation et frustrations au cœur des célébrations à Sudbury

Des centaines de Franco-Ontariens et de francophiles se sont rassemblés jeudi matin à l’Université de Sudbury, à l’occasion du 50e anniversaire du drapeau vert et blanc. — Photo : Émilie Gougeon-Pelletier/Le Droit
Des centaines de Franco-Ontariens et de francophiles se sont rassemblés jeudi matin à l’Université de Sudbury, à l’occasion du 50e anniversaire du drapeau vert et blanc.
Photo : Émilie Gougeon-Pelletier/Le Droit

La passion franco-ontarienne pour l’éducation s’est fait sentir lors de la cérémonie du lever du drapeau à l’Université de Sudbury, jeudi matin. De la joie et de la fierté se sont présentées, mais aussi des frustrations, alors que des gens ont hué le ministre des Collèges et Universités de l’Ontario.

Drapeau franco : éducation et frustrations au cœur des célébrations à Sudbury
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Des centaines de Franco-Ontariens et de francophiles se sont rassemblés jeudi matin à l’Université de Sudbury, à l’occasion du 50e anniversaire du drapeau vert et blanc.

C’est sur ce campus d’éducation postsecondaire qu’a été hissé pour la première fois, en 1975, cet emblème de la francophonie ontarienne.

Enseignants, étudiants, conseillers scolaires… Un grand nombre de participants à l’événement sont impliqués dans le domaine de l’éducation francophone en Ontario.

L’éducation des enfants

«Ça m’apporte de la joie et de la fierté de savoir qu’on appartient à une communauté», s’est exclamé l’enseignant suppléant de l’école publique Jeanne-Sauvé, Monsieur Ganon.

Il devait crier pour que l’on puisse entendre sa voix, quasi-enterrée sous les cris des enfants faisant la fête.

«On n’a pas le choix d’inculquer à nos enfants cette identité. C’est avec eux que tout commence», a-t-il noté.

Originaire du Nord de l’Ontario, le directeur général de la Maison de la francophonie d’Ottawa, Marcel Morin, est d’accord.

Celui qui a oeuvré pendant dix ans comme directeur de l’école secondaire publique De La Salle s’est rendu à Sudbury, où il a étudié en français, pour célébrer la communauté.

Pour continuer de faire la promotion du fait français en Ontario, il faut «reconnaître qu’on a une francophonie plurielle, une francophonie dans toutes ses expressions».

La ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney est d’accord que l’éducation a représenté un élément central des célébrations, jeudi.

Elle affirme avoir remarqué «beaucoup d’émotions» chez la centaine d’enfants présents durant le tintamarre et le lever du drapeau.

«Ce que je ressentais en eux, c’était beaucoup de fierté, et beaucoup d’enthousiasme pour la francophonie».

Autour du mât

Après un bruyant tintamarre, les participants se sont réunis autour du mât.

C’est au même endroit que Catherine Mensour s’est rendue, le 25 septembre 1975, lorsqu’elle était étudiante à Sudbury.

«Le grand frère d’un de mes meilleurs ami est venu me chercher en classe pour me dire que quelque chose de très spécial était en train de se passer», se souvient la pionnière des arts franco-ontariens.

Elle affirme aujourd’hui que «l’enthousiasme est le même, la passion aussi. On est aussi engagés, si pas plus. Maintenant plus que jamais, il faut le rester, il faut le devenir», soutient-elle.

De nombreux dignitaires, y compris la lieutenante-gouverneure de l’Ontario, Edith Dumont, la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, et le recteur de l’Université de Sudbury, Serge Miville, ont enchaîné les discours.

Le ministre hué

Quand le ministre des Collèges et Universités, Nolan Quinn, a été présenté, une trentaine d’individus, principalement des membres du Comité provincial des francophones du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO), l’ont hué.

Des milliers de membres du personnel de soutien des collèges de l’Ontario sont en grève depuis le 11 septembre dernier, faute d’entente entre le SEFPO et le Conseil des employeurs des collèges.

Lorsqu’il a commencé son discours, principalement en anglais, ils ont continué de le huer, mais lui ont aussi tourné le dos.

Certains ont crié leurs frustrations. «I don’t understand English», s’est exprimé l’un d’eux. «Financez nos institutions post-secondaires», s’est écriée une participante.

Ces actions n’étaient pas prévues, assure le syndicat.

Une trentaine de personnes ont hué le ministre de l’Éducation, Nolan Quinn (Émilie Gougeon-Pelletier, IJL – Réseau.Presse – Le Droit)

«On est ici pour la francophonie, pour les célébrations. Mais Nolan Quinn est ici, c’est le ministre des Collèges et Universités, et on veut lui parler», affirme Jillian Axton, une enseignante au collège St Lawrence, à Cornwall.

«On veut des gens qui sont compétents pour bâtir des communautés fortes, et ce sont les collègues qui fournissent cette éducation. Quand on coupe dans le personnel de soutien, ou dans les programmes essentiels […] c’est insultant», indique le consultant en emploi au collège Boréal, à London, George Bolduc.

Le ministre Nolan Quinn a indiqué au Droit qu’il n’a «même pas entendu» qu’il se faisait huer.

«Je célébrais le moment du 50e anniversaire du drapeau», s’est-il contenté de dire.

La ministre Caroline Mulroney affirme s’être concentrée sur le «très beau discours» du ministre Quinn, et qu’elle «espère que les gens ont entendu ce qu’il avait à dire».

La cheffe du NPD de l’Ontario, Marit Stiles, a répondu que si le ministre des Collèges et Universités n’a pas entendu les revendications du syndicat, «c’est parce qu’il n’a pas les oreilles ouvertes».

«Ces gens enseignent aux prochaines générations, et ils travaillent très fort. Ils demandent au gouvernement d’offrir plus de financement aux collèges. L’histoire des Franco-Ontariens, c’est aussi une histoire de résistance. Les Acadiens ont inspiré le tintamarre auquel on a participé aujourd’hui, et le but, c’est de dire que nous ne nous tairons pas», soutient Marit Stiles.