le Mercredi 3 juin 2026
le Dimanche 21 septembre 2025 16:52 | mis à jour le 21 septembre 2025 16:54 Arts et culture

Venise dans l’angle Polaroid d’Alana Pierini

Alana Pierini devant sa pièce favorite de l’exposition  — Photo : Renée-Pier Fontaine
Alana Pierini devant sa pièce favorite de l’exposition
Photo : Renée-Pier Fontaine

L’exposition en cours à la Galerie 815 est inspiré des nombreux voyages à Venise, en Italie, de l’artiste originaire d’Iroquois Falls, Alana Pierini, et de sa fascination pour les appareils à photos instantanées Polaroid.

Venise dans l’angle Polaroid d’Alana Pierini
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Cette artiste multidisciplinaire évolue dans le domaine depuis les années 1960. Sculptures, peintures, dessins et multimédias, rien ne lui échappe, elle est même parolière de chansons. L’exposition Les Polaroids de Venise est la première de deux expositions. « La suite se nomme : Venise a le blues / Polaroids. J’ai fait déjà plusieurs expositions, dont une à Venise en Italie, mais également à Timmins, North Bay et en Colombie-Britannique. »

Son premier voyage à Venise a été effectué par curiosité et pour le plaisir. « Ensuite, j’ai découvert que c’était un endroit absolument fascinant. Nous nous sommes fait des amis là-bas, et mon mari a fini par avoir un groupe de musique à Venise. Comme nous y allions très souvent, j’ai appris à bien connaitre la ville. Et en même temps, je travaillais encore avec des Polaroids, alors j’ai décidé de faire de Venise le sujet de mon travail », affirme Mme Pierini.

Sa passion pour les appareils Polaroid date du début des années 80, lorsqu’on lui a offert en cadeau son tout premier modèle, un effet de magie qui a marqué grandement Mme Pierini. « À l’époque c’était impressionnant : tu cliquais et tu avais une photo ! J’adorais l’immédiateté, mais je n’aimais pas le fait que ce n’était pas très fidèle. Les couleurs n’étaient pas justes, ce n’était pas net. Alors j’ai commencé à travailler dessus, à les modifier, à les rendre plus fidèles. Et j’ai développé un procédé au fil des années. Ça fait environ 40 ans maintenant. »

Avec la montée de la photographie numérique au début des années 2000, l’entreprise Polaroid a subi une restructuration et la vente des appareils instantanés cesse après la fermeture de la dernière usine de pellicule en 2008. Une partie de l’exposition montre des photos prises en noir et blanc, avec un appareil Polaroid autour de 2014. « Voici les bateaux. C’est The Boats of Venice, surtout dans des tons pastel. C’est en noir et blanc avec un cadre blanc et des couleurs pastel. »

Puisque les pellicules étaient presque impossibles à trouver, Mme Pierini découvre une entreprise qui a développé un processus semblable et produit des pellicules faites pour les appareils instantanés de plus vieille génération. Elle a retravaillé les photos à la main ; les portraits ont une allure très vieille et pourtant ce n’est pas le cas. « Je suis contente que vous disiez ça, parce que je pense avoir capturé Venise d’une façon qui pourrait dater de 300 ans. Parce que c’est ce que cette ville donne comme impression : quand vous y allez, vous avez l’impression de revenir dans le temps. Surtout quand vous vous promenez près des vieux bâtiments. On ressent vraiment l’histoire », exprime la photographe.

Avec son appareil Polaroid, c’est plus difficile de capter le bon moment, l’encadrement parfait, etc. Dans la deuxième partie de son exposition, le sujet est le même, mais la technique a évolué. Mme Pierini prend maintenant les photos de son iPhone, elle les retravaille sur sa tablette et ensuite, grâce à son imprimante « Impossible Lab » elle est capable d’imprimer à même son téléphone des clichés en format Polaroid, qu’elle retravaille encore à la main. « Parfois je pars du numérique et je le transforme en analogique, puisque la photo originale est analogique. Donc je joue beaucoup avec ça, et souvent les gens me demandent : “Comment avez-vous fait ça?” Parce qu’il y a beaucoup d’allers-retours dans le processus. »

Les clichés sont plus sombres, les cadres sont noirs au lieu du blanc original. C’est également Alana Pierini qui fait l’encadrement de ses œuvres. « Celles-ci sont différentes parce que j’y ai mis de la peinture dorée. Ici, on peut voir un peu. C’est difficile à voir avec cette lumière, mais j’ai mis beaucoup de doré sur les arbres. Et sur le corps, j’ai mis du marqueur noir pour que ça ressorte un peu plus. Ces photos-là seraient impossibles à prendre avec un Polaroid, surtout la nuit. »

Un livre comprenant son exposition est aussi disponible sur place au cout de 30 $ et elle remettra à la Galerie 815 le montant total des ventes, en plus d’offrir un rabais d’une vingtaine de dollars en comparaison avec le prix original des librairies.

L’artiste invite les gens à visiter sa page YouTube pour découvrir l’ensemble de son art et ses œuvres, il suffit de taper son nom pour la trouver. Malgré sa passion et son talent, Mme Pierini a toujours préféré faire de l’art comme passe-temps pour garder la liberté de choisir les sujets de ses inspirations.

Alana Pierini prépare déjà sa prochaine exposition. Elle a envie de revisiter le concept de franglais, provenant du mélange des langues qui s’interchange dans les dialogues des gens du nord de la province. « J’avais fait ça il y a 25-30 ans. Ça s’appelait Pas de Gravy. C’était des dessins faits à l’ordinateur avec du texte, inspirés du franglais qu’on entendait dans les restos d’Iroquois Falls. J’ai tout vendu. C’était humoristique. On m’a demandé d’en refaire pour 2026 », conclut-elle.

La Galerie 815 expose les œuvres de l’artiste Alana Pierini jusqu’au 23 octobre prochain.