le Mercredi 3 juin 2026
le Vendredi 19 septembre 2025 12:01 National

Mark Carney lance Maisons Canada pour répondre à la crise du logement

  Capture d'écran : Mark Carney/Youtube
Capture d'écran : Mark Carney/Youtube

Le Canada traverse une crise du logement sans précédent. Face à cette situation, le nouveau gouvernement fédéral adopte une approche ambitieuse : la création de l’organisme Maisons Canada, une agence nationale destinée à construire des logements à grande échelle et à rétablir l’accessibilité.

Mark Carney lance Maisons Canada pour répondre à la crise du logement
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Une agence pour bâtir à grande échelle

Le premier ministre Mark Carney a lancé officiellement, dimanche dernier, cette agence qui a pour mission de bâtir des logements abordables, de transition et communautaires, en partenariat avec les provinces, les territoires, les municipalités et les communautés autochtones. L’objectif est double : lutter contre l’itinérance et répondre aux besoins des ménages à faible revenu, comme de la classe moyenne.

13 milliards de dollars pour lancer Maisons Canada

Dotée d’un budget initial de 13 milliards de dollars, l’agence Maisons Canada servira de guichet unique pour les constructeurs, facilitant l’accès aux ressources financières et foncières. Le gouvernement mettra à disposition des terrains fédéraux, accélèrera les approbations et offrira des incitatifs financiers, tandis que le secteur privé mobilisera ses capacités de construction, ses chaines d’approvisionnement et ses investissements.

Trois volets pour transformer le logement

L’approche repose sur trois volets principaux. D’abord, en matière de partenariat, Maisons Canada collaborera étroitement avec l’industrie et les gouvernements pour accélérer la construction de logements abordables. Pour ce faire, la responsabilité de la Société immobilière du Canada sera transférée à l’agence, lui donnant accès à 88 propriétés fédérales identifiées dans la Banque de terrains publics, couvrant 463 hectares, soit l’équivalent du centre-ville d’Ottawa. Les ministres fédéraux seront aussi chargés de recenser d’autres terrains exploitables.

Ensuite, l’agence mettra en avant l’innovation tout en favorisant des méthodes de construction modernes comme la préfabrication, les logements modulaires ou le bois massif. Ces techniques permettront de réduire de moitié les délais de construction, de baisser les couts de 20 % et les émissions de carbone d’autant. Les matériaux à faible empreinte carbone et les technologies durables seront privilégiés afin de bâtir plus rapidement et de manière respectueuse de l’environnement.

Enfin, le soutien à l’industrie canadienne. Maisons Canada appliquera la politique Achetez canadien, en privilégiant les matériaux produits au pays comme le bois d’œuvre, l’acier, l’aluminium et le bois massif. Cette stratégie doit renforcer les chaines d’approvisionnement nationales, stimuler l’industrie du logement et créer des emplois bien rémunérés à travers le pays.

Pour mener ce projet ambitieux, le premier ministre a nommé Ana Bailão à la tête de l’agence. L’ex-mairesse adjointe de Toronto a dirigé le comité de planification et de logement, puis siégé au conseil d’administration du Toronto Community Housing.

Des projets pilotes dans six grandes villes

Maisons Canada entend agir rapidement. Dès à présent, l’agence planifie l’aménagement de terrains publics appartenant à la Société immobilière du Canada pour y construire des logements préfabriqués innovants. Six sites ont été retenus pour la réalisation de 4 000 logements, avec une capacité totale pouvant atteindre 45 000 unités à terme.

Ces projets pilotes se concentreront sur des communautés à revenus mixtes, selon une approche de direction-construction où l’agence supervisera directement les travaux. Les villes concernées par cette première vague sont Dartmouth, Longueuil, Ottawa, Toronto, Winnipeg et Edmonton.

Le nord-est de l’Ontario laissé de côté pour l’instant

Pour le nord-est de l’Ontario, Éric Picard, administrateur en chef de la Municipalité de Hearst, nous a parlé des enjeux de la crise du logement qui touche fortement la ville.

Éric Picard, administrateur en chef de la Municipalité de Hearst

Photo : Ndery Dione / Le Nord (Archives)

« Malheureusement, le projet lancé par Mark Carney cible juste pour le moment six grandes communautés. Je ne pense pas que ça va avoir un impact ici à Hearst. Mais, la crise du logement est un enjeu important pour la communauté. On entend toujours dire que les employeurs de Hearst trouvent des gens pour venir travailler à Hearst, mais qu’ils ne trouvent pas de logement pour les installer. »

Des moyens limités pour les petites municipalités

M. Picard a souligné également qu’il est très difficile d’apporter des solutions, car la Municipalité n’a pas accès aux mêmes fonds que les grandes communautés du Sud.

« C’est un peu compliqué pour la Municipalité. On ne veut pas nécessairement faire compétition avec le privé. On veut encourager le privé à construire et on a créé le Plan d’amélioration communautaire (PAC Logement). Chaque année, au budget, la Municipalité met l’argent de côté pour encourager le privé à bâtir. Mais encore, le problème avec ça, c’est tous les autres services que la Municipalité doit offrir, les couts montent. Donc, c’est un grand enjeu pour la communauté. »

Pour mieux outiller la réponse à la crise actuelle du logement à Hearst, les Médias de l’épinette noire ont tenté de parler avec les services d’établissement du nord-est de l’Ontario à propos de l’enjeu de la crise du logement, car ce sont eux qui sont chargés d’aider les personnes immigrantes et réfugiées à s’intégrer dans la région en leur fournissant des informations et une orientation par rapport à leurs besoins de base (logement, emploi, services de garde).

Mais, avec les commentaires négatifs qu’on voit souvent sur Facebook et autres réseaux sociaux lorsqu’on parle de la crise du logement, ils n’ont pas pu répondre à nos questions.