le Mercredi 3 juin 2026
le Vendredi 12 septembre 2025 14:21 Économie et finances

Le bois d’œuvre canadien est entre résilience et incertitude

  Photo : Collegeboreal/web
Photo : Collegeboreal/web

L’industrie du bois est sous pression partout au pays avec l’imposition de 35 % des droits compensatoires américains sur le bois d’œuvre. En Ontario, l’inquiétude est particulièrement palpable, surtout dans le Nord de la province, où l’économie de certaines localités dépend fortement du bon fonctionnement de l’industrie forestière.

Le bois d’œuvre canadien est entre résilience et incertitude
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Le gouvernement fédéral a octroyé 1,2 milliard de dollars en soutien financier à l’industrie, dont 700 millions seront utilisés comme garanties de prêts pour les entreprises dans le besoin.

Photo : La Presse Canadienne

Un investissement de 500 millions de dollars sera principalement offert sous forme de subventions et de contributions, pour dynamiser le développement de produits et la diversification des marchés.

De son côté, la province dit investir 70 millions de dollars pour soutenir les centres POWER (le programme de réponse à la protection des emplois des travailleurs de l’Ontario) et améliorer le programme BJO (meilleurs emplois Ontario), qui aide à former et à perfectionner les travailleurs touchés par les droits de douane américains, leur permettant ainsi d’obtenir de meilleurs emplois avec des salaires plus élevés.

Les droits compensatoires américains sont des taxes supplémentaires imposées sur les importations subventionnées pour protéger les branches de production nationales contre la concurrence déloyale.

Ces droits sont appliqués lorsque les importations ou les ventes de marchandises causent ou menacent de causer un dommage important à une branche de production américaine ou retardent la création d’une branche de production nationale. En plus, ces droits compensatoires sont souvent utilisés en parallèle avec les droits antidumping pour les mêmes produits.

Yan Plante, président-directeur général du RDÉE (réseau du développement économique et d’employabilité du Canada), était invité à l’émission L’info sur la loupe de CINN 91,1 la semaine dernière.

Photo de courtoisie

Il a parlé des négociations du gouvernement de Mark Carney avec Donald Trump et donné son point de vue sur les tarifs américains.

Pour lui, c’est compliqué, avec à peu près n’importe quel chef d’État, d’avoir des relations avec l’actuel président américain, un personnage imprévisible et qui change d’idée rapidement.

« Je pense qu’avec le caractère imprévisible de M. Trump, on pardonne assez facilement M. Carney pour les négociations sur les tarifs, comme on pardonnait un peu à Justin Trudeau aussi. Je pense que les Canadiens sont très réalistes sur la réelle capacité d’un premier ministre du Canada d’influencer l’actuel président américain », explique-t-il.

Selon M. Plante, les tarifs imposés par Donald Trump à beaucoup de pays du monde, y compris le Canada, pourraient être annulés par la Cour suprême américaine. Pour lui, logiquement, la Cour suprême, dans les prochains mois, va invalider les tarifs parce que tout ce qui touche le commerce international relève du Congrès américain et non du président.

Donc effectivement, la logique est que les tribunaux vont invalider les tarifs. Mais pendant ce temps-là, ça crée une grande incertitude

— Yan Plante

D’après Yan Plante, en ce moment, presque 90 à 95 % des exportations du Canada ne sont toujours pas tarifées, et ça fonctionne quand même bien grâce à l’ACEUM (l’Accord Canada–États-Unis–Mexique). Par contre, il y a des secteurs extrêmement touchés, comme le bois d’œuvre.

« J’ai commencé à entendre, dans les derniers jours, l’expression un tarif sur l’incertitude. C’est-à-dire que le vrai gros enjeu, c’est que la plupart des entreprises mettent un frein sur leurs investissements, comme sur les recherches et le développement, sur les nouveaux projets, ou sur la recherche de marchés. Alors, ce ralentissement-là est problématique parce que ça veut dire que ces entreprises n’améliorent pas leur productivité et qu’elles ne vont peut-être pas afficher de postes alors qu’elles le feraient autrement », ajoute-t-il.

En outre, M. Plante a souligné que ce contexte avec les tarifs peut amener certains projets à prendre plus de temps, et peut diminuer la compétitivité des entreprises. Pour lui, ces incertitudes sont presque pires que d’avoir un cadre chiffré, parce qu’on ne sait jamais sur quel pied danser avec Donald Trump, et cette situation a un clair impact sur le monde des affaires au Canada.

« J’ai entendu Mark Carney dire récemment qu’on est, à ce moment-là malgré tout, le pays qui a la meilleure entente sur les tarifs avec les États-Unis grâce au premier ministre Brian Mulroney, qui avait signé la première entente. Et puis, ses prédécesseurs aussi ont réussi à maintenir tout ça après. On a une entente de libre-échange en ce moment, malgré tous les tarifs, qui nous protège encore. Si on se compare aux autres, c’est mieux qu’ailleurs, mais moins qu’avant. »