le Mercredi 3 juin 2026
le Vendredi 8 août 2025 9:10 National

Mark Carney a fait une annonce pour soutenir l’industrie du bois d’œuvre canadien

Lors de son voyage à Kelowna en Colombie-Britannique, M. Carney a dévoilé un plan fédéral de 1,2 milliard de dollars pour soutenir les entreprises, protéger les emplois et renforcer la compétitivité du secteur sur le marché international. — Photo : Matisse Harvey - Radio-Canada/web
Lors de son voyage à Kelowna en Colombie-Britannique, M. Carney a dévoilé un plan fédéral de 1,2 milliard de dollars pour soutenir les entreprises, protéger les emplois et renforcer la compétitivité du secteur sur le marché international.
Photo : Matisse Harvey - Radio-Canada/web

Le premier ministre Mark Carney a annoncé ce mardi une série de mesures d’envergure pour venir en aide à l’industrie canadienne du bois d’œuvre, durement frappée par l’augmentation des droits antidumping imposés par les États-Unis.

Mark Carney a fait une annonce pour soutenir l’industrie du bois d’œuvre canadien
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« Le Canada est le deuxième producteur mondial de bois d’œuvre résineux. Nous fournissons 85 % des importations américaines et représentons environ un quart du marché américain », rappelle M. Carney lors de son allocution. Une réalité qui, selon lui, rend d’autant plus inacceptable la récente décision du département du Commerce des États-Unis d’augmenter les droits antidumping à 20,56 %.

La réponse du gouvernement fédéral se décline en plusieurs volets. D’abord, une enveloppe de 700 millions de dollars sera mise à disposition sous forme de garanties de prêts pour aider les entreprises du secteur à maintenir leurs activités, malgré la pression financière accrue.

À cela s’ajoutent 500 millions de dollars investis sous forme de subventions et de contributions destinées à favoriser le développement de nouveaux produits, encourager l’innovation et diversifier les marchés d’exportation.

Dans un geste stratégique, Ottawa veut également doubler l’utilisation du bois d’œuvre canadien dans la construction résidentielle. Par le biais du programme Maisons Canada, qui débutera cet automne, le gouvernement vise à bâtir jusqu’à 500 000 nouvelles maisons par an pendant la prochaine décennie, en mettant de l’avant le bois comme matériau principal. Cette politique a pour but de stimuler la demande locale et soutenir la chaine d’approvisionnement nationale.

Le gouvernement a aussi promis un soutien direct aux travailleurs. Une enveloppe de 50 millions de dollars sera allouée au perfectionnement et au recyclage des compétences, pour accompagner les employés du secteur forestier dans un contexte de transition et d’incertitude.

Selon le ministre des Forêts de la Colombie-Britannique, Ravi Parmar, cette annonce marque « un changement d’attention de la part d’Ottawa ». Il a salué la nouvelle approche du premier ministre Mark Carney, qu’il juge « aux antipodes de celle de l’administration précédente, beaucoup moins engagée ».

Dans l’industrie, l’annonce a été bien reçue. Le Conseil des industries forestières (COFI) et le Conseil du commerce du bois d’œuvre de la Colombie-Britannique ont qualifié le plan de « soutien bienvenu à un moment critique ».

En outre, les acteurs du secteur forestier canadien ont accueilli avec un grand soulagement l’annonce du gouvernement fédéral, tout en accordant que si cette aide est essentielle, elle ne remplace pas une solution à long terme. 

Cependant, l’inquiétude grandit toujours dans le secteur alors que le département du Commerce des États-Unis poursuit son examen sur les droits compensateurs. Selon les premières analyses, le taux combiné appliqué au bois canadien pourrait dépasser les 30 % si les conclusions finales confirment les résultats préliminaires. Une situation jugée « injustifiée, punitive et protectionniste » par plusieurs leadeurs de l’industrie en Colombie-Britannique.

En revanche, les États-Unis justifient leur position en accusant les producteurs canadiens d’exporter à des prix inférieurs à ceux du marché intérieur américain, une accusation que le Canada rejette fermement.

De son côté, Mark Carney a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à poursuivre les efforts et les négociations tout en continuant à soutenir l’industrie forestière canadienne. « Nous ne resterons pas les bras croisés pendant que nos travailleurs, nos familles et nos communautés paient le prix d’un protectionnisme injuste », déclare-t-il.

Au-delà de la riposte immédiate, l’annonce du gouvernement pourrait aussi marquer le début d’une nouvelle stratégie industrielle nationale axée sur le bois. Avec des investissements dans la construction résidentielle, la transformation de produits et l’innovation, le Canada semble vouloir se positionner comme un chef de file mondial dans la valorisation durable du bois.