La directrice générale du CAH, Valérie Picard, explique que plusieurs raisons ont été énoncées : « Parfois, ça n’adonne pas dans leur horaire, nous sommes trop loin, et avec la nouvelle formule de cachet où nous partageons les revenus avec les artistes au lieu de payer un cachet de base, la taille des salles chez nos partenaires de diffusion du Nord de l’Ontario est moins alléchante pour les artistes qui utilisent cette formule. Sinon, ça couterait très cher pour les faire venir et nous ne savons pas si le public est prêt à payer 100 $ pour un billet. »
Les choses ont changé depuis la pandémie : les artistes font moins de grandes tournées, et s’éloignent peu de leur résidence pendant de longues périodes, une tendance que remarque le personnel d’organismes artistiques dans des régions éloignées. « Surtout parmi les grandes têtes d’affiches, disons, il reste toujours des artistes qui veulent vraiment venir à la rencontre de leur public, comme Bruno Pelletier. Il m’avait confié avoir de bons souvenirs à Hearst et d’avoir entendu parler de la qualité de nos présentations et de notre accueil », exprime Mme Picard.
La programmation future du Conseil des Arts de Hearst comporte moins de spectacles qu’à l’habitude, un choix nécessaire avec l’augmentation des couts et des budgets stagnants. La stratégie c’est d’en faire un peu moins, mais de programmer le même nombre d’artistes. Il y aura des plateaux doubles, et des activités communautaires qui vont venir se joindre aux activités grand public. « Nous regardons à faire un projet avec l’école secondaire et Mélissa Ouimet. Nous voulons incorporer des expériences avec ce qui existe déjà. Il nous reste le Cabaret Queer à annoncer, l’activité de fin d’année et plusieurs autres surprises que nous vous réservons », indique la directrice générale.
En réalité, avec l’augmentation du cout de la vie, le CAH est bien conscient qu’en présentant 25 spectacles par année, certaines personnes devront faire des choix, le divertissement étant un peu plus bas dans la liste des priorités. Depuis plus de 10 ans, les billets ont peu ou pas augmenté de manière significative annuellement. Or l’organisme a dû prendre une décision difficile. « Nos billets aussi doivent augmenter, nous n’avons pas le choix de notre côté. Nous avons une matrice qui calcule le prix minimum du billet pour arriver dans nos couts, donc nous nous fions là-dessus. Il y aura plus de billets qui seront autour de 40 $ à 50 $ ; par exemple, La Bottine souriante va se retrouver plus autour de 80 $. »
La salle du CAH a encore été sélectionnée pour présenter les soirées de Coup de cœur francophone à l’automne avec le spectacle double de Étienne Fletcher et Mimi O’Bonsawin en octobre et celui de La Bottine souriante en décembre. « Tous les membres ont été sondés par les dirigeants de Coup de cœur francophone à savoir si le financement qu’ils nous accordent est suffisant pour offrir trois spectacles et nous étions tous d’accord pour dire que non. C’est pour cela que cette année il y aura seulement deux représentations au lieu de trois. »
Plusieurs organismes et entreprises ont été pris de court par la prorogation du gouvernement fédéral avant les élections, puisque les demandes de subventions prenaient plus de temps avant d’être traitées. « Pour notre part, c’est seulement notre demande pour des étudiants d’été qui a été retardée, c’est pour cela que nous n’avons qu’une seule semaine de camp pour les enfants cet été. C’est plutôt lorsque nous allons déposer nos demandes trisannuelles l’année prochaine que nous allons voir s’il y a eu des coupures ou non. »
Pour les demandes de subventions avec les bailleurs de fonds, les objectifs de participation doivent rester les mêmes, donc le personnel continue à innover en trouvant des manières créatives pour attirer le public.
À l’heure des bilans, la population était encore au rendez-vous pour participer aux diverses activités organisées par le Conseil des Arts de Hearst ; la moyenne de 198 personnes par évènement est semblable aux années précédentes. « Dans les activités, on inclut celles qui sont conçues pour des publics dits intimes, avec des ateliers scolaires ou de plus petites envergures, dont l’objectif n’est pas nécessairement de remplir la salle. Nous avons eu une très bonne participation du public, avec plus de 4000 participations au total », indique la directrice générale, Valérie Picard.
Toutes les disciplines artistiques ont été explorées : danse, théâtre, musique, arts visuels et contes, ce qui a permis l’atteinte de tous les objectifs internes. L’organisme est très satisfait de ces résultats, et la saison s’est terminée en grand avec un spectacle devant une salle presque comble. « L’année prochaine, nous ne sommes pas encore certaines de ce que nous allons faire pour clore la saison, mais nous planifions quelque chose en ce moment qui impliquerait les écoles, donc ça serait plutôt une célébration communautaire qu’un spectacle. C’est encore en évolution, donc je ne peux rien annoncer pour le moment », conclut Valérie Picard.
