Dans un effort ambitieux pour renforcer l’économie canadienne et réduire la dépendance aux États-Unis, l’Ontario et l’Alberta ont annoncé la signature de deux protocoles d’entente visant la construction de nouvelles infrastructures énergétiques et commerciales.
Les ententes prévoient la construction de pipelines et de lignes ferroviaires pour acheminer les minéraux critiques du Nord ontarien, notamment ceux de la région du Cercle de feu, ainsi que le pétrole et le gaz albertains. Ces infrastructures, qui seront construites avec de l’acier ontarien, relieront les sites de production aux raffineries du sud de l’Ontario, aux ports de l’Ouest canadien, et à un nouveau port en eaux profondes dans la baie James.
Une réponse à l’incertitude économique
Doug Ford n’a pas mâché ses mots : « Face aux droits de douane du président Trump et à l’incertitude économique qui persiste, nous devons bâtir une économie plus résiliente. » Il affirme que ces projets jetteront les bases d’un Canada plus autonome, capable de diversifier ses partenaires commerciaux. Danielle Smith, pour sa part, a salué une initiative qui « mettra les ressources canadiennes sur les marchés mondiaux » et « éliminera les obstacles inutiles à la prospérité ».
Des retombées économiques majeures et un engagement envers les Autochtones
Les projets feront l’objet d’une étude de faisabilité conjointe afin de déterminer les meilleures routes et options de financement. Les gouvernements ont également réitéré leur engagement à consulter les communautés autochtones et à les inclure comme partenaires financiers, notamment grâce à des fonds dédiés à leur participation aux grands chantiers.
Outre les projets énergétiques, l’Alberta et l’Ontario ont convenu de coopérer au développement du nucléaire (réacteurs modulaires et grandes installations), de favoriser les véhicules fabriqués au Canada pour les flottes gouvernementales, et d’accroitre la présence des boissons alcoolisées albertaines dans les magasins ontariens.
Vers une intégration économique renforcée
Ces ententes s’inscrivent dans une série d’initiatives lancées par l’Ontario pour lever les barrières au commerce interprovincial. Depuis avril, la province a signé des ententes avec six autres provinces et adopté une loi pionnière favorisant le libre-échange au Canada. En 2023, le commerce interprovincial de biens et services avec le reste du pays s’élevait à plus de 326 milliards de dollars, faisant de l’Ontario un acteur central de l’économie nationale.
Des ministres enthousiastes
Pour Vic Fedeli, ministre du Développement économique, ces ententes sont la preuve d’un engagement ferme à « attirer de nouveaux investissements et assurer un avenir prospère aux travailleurs canadiens ». Stephen Lecce, ministre de l’Énergie et des Mines, y voit un signal fort envoyé au gouvernement américain : « Les Canadiens sont prêts à protéger leur économie et leur souveraineté. » Et selon Stephen Crawford, ministre des Services au public, « cette collaboration interprovinciale reflète un esprit de reconstruction nationale centré sur la valeur, l’expertise et la résilience ».
Une nouvelle ère de coopération interprovinciale
Avec ces nouvelles ententes, l’Ontario et l’Alberta misent sur une vision commune : bâtir un Canada économiquement intégré, moins dépendant de ses voisins, et plus apte à faire face aux incertitudes géopolitiques et économiques. Pour les entreprises, les travailleurs et les communautés, il s’agit d’une promesse d’avenir plus stable, plus connecté — et résolument canadien.
