Cette mesure comprend le paiement de toutes les factures en cours auprès des fournisseurs locaux, la mise à pied de l’ensemble du personnel municipal d’ici le 1er aout 2025, ainsi que la conservation des fonds nécessaires pour respecter les obligations contractuelles en vigueur.
Dans le cadre de cette décision, le conseil a mandaté le directeur des services municipaux afin de préparer immédiatement un plan de cessation d’activités. Ce plan comprendra la notification officielle de tous les résidents, entreprises et partenaires concernés, ainsi qu’une coordination avec le ministère des Affaires municipales et du Logement. Des démarches seront également entreprises auprès des municipalités voisines afin d’assurer la continuité des services d’urgence essentiels.
La mairesse, Madeleine Tremblay, lance un appel urgent au ministre des Affaires municipales et du Logement, réclamant une intervention immédiate et une supervision officielle en vertu de la Loi sur les affaires municipales, face à l’effondrement financier imminent de sa municipalité. Elle avertit que, sans aide provinciale, Fauquier-Strickland sera incapable de fournir les services essentiels à ses citoyens d’ici quelques semaines.
La Municipalité a accumulé un déficit opérationnel totalisant plus de 2,5 millions de dollars en dix ans, épuisant toutes ses réserves. Pour rétablir l’équilibre, une augmentation de taxes de 300 % aurait été nécessaire en 2024, ce qui était irréalisable pour les résidents. Des efforts ont été faits pour réduire cette hausse à 26 %, en prévoyant un prêt bancaire de 2 millions $. Cependant, des retards dans les audits financiers ont empêché l’obtention de ce financement, car les documents requis ne seront disponibles qu’en 2026.
Malgré des communications continues avec le ministère depuis 2021, la seule réponse reçue a été que l’aide ne pourrait être envisagée qu’après la soumission des états financiers 2024 — une exigence bureaucratique impossible à respecter à temps. Entretemps, la Municipalité a mis en place toutes les mesures d’austérité possibles, réduisant les services, procédant à des mises à pied, et même suspendant les honoraires des élus. Mais cela demeure insuffisant : une hausse de taxes de près de 200 % est prévue en 2025, ce qui risque d’arriver trop tard.
Le manque de fonds a déjà entrainé des mises à pied, incluant des employés municipaux à temps plein, et menace la survie du service d’incendie volontaire. D’ici aout, la Municipalité pourrait ne plus être en mesure de percevoir les taxes, payer les factures ou assurer les services de base comme l’eau, les égouts ou le déneigement. La situation représente un risque sérieux pour la santé et la sécurité publique, et nécessiterait une intervention d’urgence provinciale couteuse si aucune solution n’est trouvée.
Ironiquement, cette crise survient alors que Fauquier-Strickland connait un début de croissance démographique après des décennies de déclin. La mairesse souligne que l’effondrement de sa municipalité pourrait créer un dangereux précédent pour d’autres petites communautés du Nord ontarien.
Elle conclut en demandant la nomination immédiate d’un superviseur municipal, une aide financière d’urgence et une flexibilité règlementaire pour éviter l’effondrement des services, affirmant que le temps presse et qu’une réunion est nécessaire immédiatement.
La Municipalité reconnait les impacts importants de cette décision sur la communauté et s’engage à fournir toute l’information disponible aux citoyens, dans un esprit de transparence et de responsabilité. D’autres communications suivront dans les jours à venir.
