Le programme, selon le gouvernement, a pour objectifs de favoriser la création d’emplois, d’accroitre la productivité des entreprises régionales et d’explorer de nouveaux débouchés économiques dans la région. Les projets soutenus portent sur la valorisation de sous-produits de scierie et de bois sous-utilisé.
L’entreprise Hornepayne Power Inc. bénéficiera d’un appui de 7,5 millions de dollars pour moderniser ses installations de production d’énergie et mener des recherches sur la production d’hydrogène vert à partir de biomasse. Son directeur général, Gilles Malette, témoigne : « Nous tenons à exprimer notre gratitude pour le soutien du Programme d’utilisation de la biomasse forestière de l’Ontario. Ce programme nous a permis d’améliorer notre usine et il en a résulté un accroissement de la production d’énergie, de la consommation de biomasse ainsi que du nombre d’emplois. »
De son côté, Green First Forest Products Inc. recevra près de 3 millions de dollars pour améliorer la productivité et la qualité de ses produits en optimisant son usine de cogénération de biomasse. « Ce financement nous aide à tirer parti de nouvelles possibilités dans les domaines de l’innovation et de la viabilité, y compris la modernisation de notre usine de cogénération et l’exploration des granules torréfiées à Chapleau. C’est un réel stimulant dans nos efforts en vue d’exploiter au maximum les fibres que nous transformons », indique Joël Fournier, directeur général de l’entreprise. Un montant additionnel de 130 000 dollars lui est accordé pour étudier la possibilité de produire des granules torréfiés, un combustible renouvelable pouvant remplacer le charbon.
Circular Carbon Canada Inc. recevra un financement de 500 000 dollars pour évaluer la faisabilité d’implanter des usines de pyrolyse dans des scieries du Nord-Est. Ces installations transformeraient la biomasse forestière en biochar, un produit utilisé notamment pour la filtration de l’eau, l’amélioration des sols et la production d’énergie.
Les personnes à la tête de Circular Carbon Canada Inc., Erik Zerna et Dr Katrin Freitag sont enthousiastes : « Nous explorons des utilisations de substitution de la biomasse de l’Ontario dans notre étude de faisabilité relative à la création de plusieurs installations de production de biochar et autres produits du carbone destinés à des utilisations multiples en Ontario et au Canada dans les domaines de l’agriculture, des mines et des matériaux (p. ex. : le ciment). Nous mettons fortement l’accent sur la combinaison des avantages écologiques et économiques. »
Par ailleurs, la Wikwemikong Development Commission se voit attribuer 200 000 dollars pour appuyer la planification de nouvelles installations de production de granules de bois et de biochar. Ce soutien couvre l’obtention de permis, la négociation de contrats, le développement commercial et la mobilisation communautaire.
Le ministre George Pirie
Le député de Timmins, George Pirie, était sur place et il a rappelé l’importance historique du secteur forestier dans la région. Il a salué l’appui à des projets novateurs, comme celui lié à la biomasse et au biochar mené depuis Timmins, qui pourrait offrir de nouvelles perspectives économiques pour l’ensemble du nord de l’Ontario. Selon lui, ces initiatives illustrent des moyens concrets de transformer les sous-produits forestiers en énergie propre et en emplois durables.
Dans la région de Hearst, les investissements que la province fait avec ce programme un peu partout dans le Nord ont des répercussions bénéfiques puisque parfois les copeaux de bois traversaient d’énormes distances afin d’être transformés. Selon le député de Kapuskasing–Mushkegowuk–Baie James, Guy Bourgoin, la baisse du nombre d’usines de papier en Ontario, passant d’une quinzaine à trois, apporte son lot de problèmes. « Les usines de sciage qui sont attachées à une usine de papier pour pouvoir passer leurs copeaux, s’il n’y a plus d’usine à papier, ça devient très problématique pour eux d’être pris avec les copeaux. La question de la biomasse, oui c’est une solution, mais à long terme. On a besoins des solutions pour maintenant aussi, par exemple, la réouverture partielle de l’usine à papier de Terrace Bay. »
Le sujet de la biomasse est discuté depuis près d’une vingtaine d’années dans la région, mais l’investissement majeur que cela implique a freiné les entreprises historiquement. Les possibilités multiples de l’usage des copeaux de bois permettent aux moulins à scie qui se dotent d’un plan d’économiser sur les couts liés à l’énergie et le chauffage. « Les entreprises sont dans une situation où les temps changent, en plus de la question des États-Unis qui entrent dans le portrait avec une augmentation des frais de douanes de 34 %. Si de tels investissements avaient été faits longtemps passé, elles ne seraient pas dans cette situation. Si on travaillait déjà avec la biomasse depuis 20 ans, on serait rendu à grossir et innover », conclut Guy Bourgouin, qui agit comme critique en Chambre pour tout ce qui se passe avec les ressources naturelles.
